Ch 2 – 1 : L’Abbé Pourchaux (1902-1907)

Chap 2 Envol 1902-1920 – 1 :
abbé Pourchaux 1902-1907 :

-1- Rapports tendus entre Église et État ! Mais la jeune paroisse croît !

L’Abbé Pourchaux, dès son arrivée le 1er juillet 1902, est confronté à un contexte troublé par des relations de plus en plus difficiles entre l’Eglise et l’Etat. Cette politique, menée par le gouvernement d’Emile Combes, durcit la législation vis-à-vis des congrégations religieuses. L’objectif est, pour la République, de briser leur influence politique et sociale. En 1904, une loi est votée qui interdit aux congrégations d’enseigner, et les soeurs de l’Immaculée-Conception sont contraintes de quitter Wimereux, laissant un excellement souvenir de leur passage.

Malgré ces épreuves, l’abbé Pourchaux poursuit avec succès sa tâche de pasteur.

-2- Bénédiction du calvaire du futur cimetière

La toute nouvelle paroisse de Wimereux ne possède pas encore de lieu pour enterrer ses morts. Un champ, situé en hauteur, est choisi pour accueillir les futures sépultures. Afin de marquer la présence de Dieu en ce lieu, on décide d’y dresser un calvaire. Le 22 juin 1904, malgré un temps maussade et la ville balayée par un vent de nord-ouest glacial, une foule estimée à six ou sept mille personnes, venues des communes voisines, se réunit. Le chemin qui conduit de l’église au cimetière est jonché de verdure. On remarque également plusieurs arcs de triomphe. Vers 16 heures, la procession accompagnant le char sur lequel la croix est étendue se met en route. Parmi les membres du clergé, on note la présence du chanoine Seilier, doyen de Saint-Pierre, qui officie, de l’archiprêtre de Notre-Dame, et de beaucoup d’autres prêtres des environs. Grâce à l’habileté des ouvriers, le Christ est cloué sur la croix, lentement dressée ensuite. Après les prières, le doyen salue le calvaire, destiné à ce champ appelé à devenir le champ des morts et termine cette cérémonie en remerciant également la commune pour son aide.

-3- Trop petite : l’église doit s’agrandir !

La ville a pris une telle extension qu’aux offices des personnes sont obligées de rester dehors. C’est pourquoi, le 8 septembre 1903, le Conseil de fabrique envisage d’agrandir l’église. Un projet, dressé par Monsieur A. Groult, architecte, le 25 septembre 1903, est accepté par la Fabrique et le Conseil municipal (A. Groult sera aussi l’architecte de la mairie de Wimereux, dont il signera les plans le 22 janvier 1905). Les travaux s’élèvent à 44986,24 Frs. La Fabrique participe à hauteur de 26986,24 Frs et le Conseil municipal vote une contribution de 18000 Frs. Celle de la paroisse étant la plus importante, le curé est chargé de conduire les travaux.

Pour avoir plus de renseignements sur A. Groult, cliquer sur la vignette ci-dessous qui redirige vers l’article concernant les architectes ayant agit pour la construction de l’église de Wimereux.

Bien que beaucoup soient d’accord sur la nécessité d’agrandir l’église, certains trouvent le projet inutile. C’est le cas du sous-préfet qui le fait savoir : « ces travaux sont d’une utilité des plus contestables ne justifiant nullement, à mon avis, les sacrifices que la commune s’imposerait pour leur exécution » (lettre au Préfet du 14 novembre 1903).

Le 2 mai 1904, l’évêque d’Arras donne son aval et finalement le préfet approuve le projet le 30 mai. Le 22 juin, après ouverture des enveloppes, l’éxécution des travaux est attribuée à Monsieur Gondineau, entrepreneur à Boulogne-sur-Mer. Ce dernier avait offert un rabais de 7%, proposition qui s’avérait être la plus avantageuse par rapport à celles de ses concurrents. En garantie, il verse au trésorier de la Fabrique un cautionnement numéraire de 1400 Frs. Le projet prévoit le doublement de la longueur de la nef, l’agrandissement de la sacristie et la réalisation d’un transept, avec le réemploi de matérieaux et une partie du mobilier existant (vitraux, autels, table de communion). La première pierre est posée sans cérémonie par l’abbé Pourchaux en juillet 1904, et les travaux sont terminés le dimanche des Rameaux, le 16 avril 1905.

-4- Inauguration de l’église agrandie

Le mardi 22 août 1905, Wimereux prend des airs de fête. Partout des tentures, des drapeaux, des fleurs… Monseigneur Williez est accueilli par Monsieur Delcourt, maire, accompagné de son Conseil municipal et du Conseil de fabrique de la paroise. En tête du cortère, une soixantaire de jeunes gens sur bicyclettes, décorées, ouvrent la marche.

Dès l’entrée de l’évêque dans l’église, le président du Conseil de fabrique et l’abbé Pourchaux lui souhaitent la bienvenue. Monseigneur Williez leur répond en des termes pleins de cordialité. La plupart des membres du clergé de Boulogne assistent à la cérémonie et la messe est célébrée par Monsieur l’abbé Duval, ancien vicaire de Wimille. Lors de la célébration, Monseigneur rappelle les débuts modestes de l’église et son développement dû à la générosité des baigneurs. Il termine en faisant des voeux pour la prospérité de la paroisse et cet éloquent discours provoque dans la foule une durable et profonde émotion.

L’agrandissement terminé, il faut penser à meubler l’église : chaire, confessionnaux, stalles…, et ne pas oublier de garnir la sacristie des ornements et linges nécessaires. L’abbé Pourchaux y pourvoit grâce à son activité inlassable et au moyen de quêtes et sermons de charité.

Il n’oublie pas que la Vierge tient une place très importante dans la région boulonnaise. L’origine de cette dévotion, selon la légende, remonte à l’an 633, sous le règne du roi Dagobert. Cette année-là, arrive dans le port de Boulogne un vaisseau sans rames, sans matelot, dans lequel se trouve une statue de la Vierge. Cette statue est déposée dans une chapelle de la ville haute. Là commence l’histoire de la dévotion et des pèlerinages. L’abbé décide de consacrer une des chapelles à la Vierge pour commémorer cet événement. C’est Mademoiselle Pourchaux – sa soeur – qui offre, en 1905, la statue en chêne de Notre-Dame de Boulogne dans sa barque, entourée de deux anges, groupe que l’on peut encore admirer aujourd’hui. Elle offre également le rétable qui l’encadre, les candélables avec piedestaux et la table de communion.

(Cliquer sur les vignettes pour voir les articles qui leurs sont destinés)

En 1906 sont achetés les stalles du choeur.

Et le maître-autel diriez-vous ? Il y a bien un projet pour en réaliser un nouveau, mais ce dernier est contrecarré par les heures néfastes de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et il est ajourné.

Meubler l’église, c’est bien, mais il importe par-dessus tout de la remplir. Or, une bonne partie de la population, surtout celle des Garennes, souffre d’être séparée de Wimille. Attachée à sa « paroisse-mère », elle continue de s’y rendre pour les offices. Mais l’abbé Pourchaux, par ses paroles et la qualité de son instruction, parvient peu à peu à rassembler autour de lui les paroissiens. Bientôt, l’exode disparaît et l’église de Wimereux devient réellement celle de toute la paroisse.

-6- Séparation de l’Église et de l’État

Votée en 1905 par la majorité de la Chambre des Députés et du Sénat, la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat a pour conséquence la spoliation de tous les biens du clergé. C’est le moment de l’inventaire du mobilier des églises. Dans la séance de janvier 1906, l’abbé Pourchaux et les membres du Conseil de fabrique rédigent une protestation énergique qu’ils envoient à l’évêque d’Arras. Le 10 décembre suivant, le Conseil de fabrique doit se dissoudre en vertu de la loi votée le 11 décembre 1905. Ils se réunissent une dernière fois après avoir constaté que tous les fonds disponibles ont été employés régulièrement et qu’il ne reste rien en caisse.

-7- L’abbé Pourchaux nommé au Portel !

Malgré cela l’abbé Pourchaux poursuit sa tâche. Son esprit fourmille de projets, mais malheureusement, une mauvaise nouvelle lui arrive en février 1907 : Monseigneur Williez le nomme curé de Le Portel, où il avait été vicaire autrefois. C’est un grand chagrin pour lui que de quitter sa chère paroisse qui est sa création et où il a fait beaucoup en peu de temps. Avant son départ, les paroissiens tiennent à lui offrir un témoignage de reconaissance : un superbe crucifix en ivoire, au pied duquel il se souviendrait de ses anciens paroissiens de Wimereux. Bien des larmes coulent au moment des adieux.

(article établi à partir du livre d'Arnaud Destombes :

 "Immaculée-Conception de Wimereux - Histoire d'une église, histoire d'une paroisse ...)

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