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Lexique

LEXIQUE

Agent voyer : Personne responsable de la construction et de l’entretien des chemins vicinaux.

Ambon : Du grec anabaïnein « monter ». L’ambon est l’emplacement surélevé où montent ceux qui, dans la liturgie, spécialement au cours de la messe, ont à faire une lecture ; c’est là aussi que se place celui qui fait l’homélie ou qui doit adresser la parole à l’assemblée. Dans l’antiquité, l’ambon était le lieu de la Parole, réservé aux lecteurs et aux chantres. L’évêque et les prêtres jouissaient de la liberté de s’adresser au peuple du haut de l’ambon, ou bien à partir des marches de l’autel, ou bien encore de l’emplacement, surélevé lui aussi, de leur siège. Tout ceci reste vrai à l’heure actuelle. Au retour de l’Exil à Babylone, au jour de naissance du Judaïsme et de la liturgie synagogale, il est fait mention d’une sorte d’ambon : « Le scribe Esdras se tenait sur une estrade de bois, construite pour la circonstance. Esdras ouvrit le livre au regard de tout le peuple — car il dominait tout le peuple — et, quand il l’ouvrit, tout le peuple se mit debout. Alors Esdras bénit Yahvé, le grand Dieu ; tout le peuple, mains levées, répondit : Amen ! Amen ! puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant Yahvé, le visage contre terre » (Ne 8, 4.5.6). Pour annoncer la Bonne Nouvelle, Jésus prend soin d’être bien vu et entendu de tous, lors du Sermon sur la montagne ou à l’occasion des prédications au bord du lac. C’est assis sur une éminence ou dans une barque que Jésus prêche l’Évangile ; de même, dans l’antiquité chrétienne, l’évêque prêche assis sur sa cathèdre, c’est-à-dire sur son siège (chaire). Chez les Juifs, les docteurs de la Loi ou les maîtres en Israël enseignaient assis. Est-ce la raison pour laquelle on a longtemps appelé « chaire » le lieu fort élevé, placé dans la nef, où les pasteurs prenaient la parole, le plus souvent debout ? Une confusion a été faite entre l’ambon et le siège du célébrant.

Art : Du latin ars : « habileté », « talent », « savoir-faire ». L’art est originellement un savoir-faire pratique ; il est le propre du bon ouvrier, travaillant avec méthode et précision, pour obtenir une œuvre parfaite. L’artisan correspond à cette description ; l’artiste vise une perfection ou une beauté esthétique, dans le domaine de ce qu’on appelle les Beaux-Arts : architecture, peinture, gravure, sculpture, musique. Au double sens artisanal et artistique, l’art a sa place dans la liturgie, qui entend offrir à Dieu le meilleur de l’homme et de ses ressources. La Constitution sur la sainte Liturgie s’achève sur deux chapitres respectivement consacrés à la musique sacrée et à l’art sacré (6e et 7e). L’Œuvre de Dieu, plus que toute autre œuvre, ne doit rien négliger qui puisse la perfectionner.

Asile : Un asile est un lieu de refuge où l’on trouve sûreté et protection ; c’est également un établissement public ou privé où sont recueillis pour un temps plus ou moins long des personnes malades ou sans abri, des enfants, des vieillards.

Autel : Le mot latin altare, qui signifie « autel », vient de la racine altus, qui veut dire « élevé ». Originellement, l’autel est le haut-lieu servant de point de jonction entre Dieu et le monde. Les montagnes et les collines sont, pour cette raison, les lieux privilégiés où l’on construit des édifices sacrés ; Dieu y descend et l’homme y monte : « Touche les montagnes et qu’elles fument » (Ps 143, 5). Quelque-fois aussi, une pierre tombée du ciel — un météorite ou un aérolithe — est au principe d’un culte local (c’est le cas de La Mecque). Bien que l’autel puisse encore désigner l’ensemble d’un lieu de culte — les Orientaux en ont gardé la coutume —, il en est venu à signifier son centre : la table où l’on offre à Dieu sa nourriture. Placer des aliments sur cette table de pierre revient à les mettre entre les mains de Dieu ; les faire fumer, c’est les diriger vers le ciel, pour que Dieu en respire l’agréable odeur (cf. Gn 8, 21). Table où les offrandes « passent » dans le domaine du sacré divin, l’autel participe à la sainteté de Dieu ; c’est pourquoi il n’est pas accessible à tous : les prêtres seuls, habituellement, peuvent s’en approcher (cf. Ex 29) avec des gestes de vénération, comme le baiser pratiqué dans la liturgie de la messe. Table de l’holocauste, où la victime part toute en fumée vers Dieu, l’autel est aussi la table où Dieu et la communauté des fidèles se partagent les aliments, en signe de communion. La nourriture venue de Dieu lui est restituée, et la part qui revient à l’homme est pleinement reconnue comme sacrée (voir Repas). Dieu et l’homme communient à la même vie : ils sont convives. Lors de la conclusion de l’Alliance au Sinaï, une partie du sang des victimes sacrifiées est versée sur l’autel, qui représente Yahvé, et l’autre partie sur le Peuple. Grâce au sacrifice, Dieu et l’homme deviennent consanguins (cf. Ex 24). Dans la nouvelle Alliance, le Christ est à la fois l’autel, comme Dieu, la victime et le prêtre, en tant qu’homme : « Quand il livre son corps sur la croix, chante la cinquième Préface pascale, tous les sacrifices de l’ancienne Alliance parviennent à leur achèvement; et quand il s’offre pour notre salut, il est à lui seul l’autel, le prêtre et la victime. » Lors de la consécration de l’autel, l’onction avec le saint chrême des cinq croix (une au centre et les autres aux quatre coins), et de toute la surface de la table, fait de cette pierre le symbole du Christ, que le Père a oint de l’Esprit Saint. L’encens que l’on fait fumer sur l’autel symbolise le sacrifice du Christ, qui s’est offert à son Père en odeur de suavité (Ep 5, 2), et aussi les prières des fidèles, inspirées par le Saint-Esprit. Les nappes posées sur l’autel manifestent qu’il est la table du repas eucharistique, où Dieu et l’homme communient, non plus dans le sang de victimes animales, mais dans le sang du Verbe incarné, mort et ressuscité. L’éclat des cierges qui entourent l’autel évoque le Christ « lumière des nations » (Lc 2, 32). Sous la table d’autel, on place, dans le sépulcre qui leur est préparé, les reliques des saints : c’est manifester l’unité du sacrifice de la Tête et de celui des membres du Corps mystique. Dans nos églises, l’autel, où se renouvelle l’unique sacrifice de la nouvelle Alliance, est le centre de convergence de tout l’édifice. Pour mieux manifester sa dignité intrinsèque, on recommande de ne pas y laisser à demeure la réserve eucharistique. En dehors même des attitudes d’adoration dues au Saint-Sacrement (génuflexion), l’autel, plus même que la croix, a droit aux gestes de vénérationdes fidèles (inclination). Le baiser de l’autel par le prêtre, au cours de la messe, est une marque de vénération et de communion. L’autel, le prêtre et l’Eucharistie sont, à différents niveaux complémentaires,les symboles du Christ. On ne consacre un autel que s’il est fixe. Un autel mobile est béni par l’évêque ou par le prêtre responsable de l’église où il se trouve ; on n’y dépose pas de reliques des saints.

Baptême : Du grec baptisma, qui signifie l’acte d’être plongé ou immergé. Le baptême est d’abord lié au besoin naturel de se laver. Dans les religions, il a toujours été un rite de purification ou d’ablution. Avec le baptême de Jean-Baptiste, cette pratique revêt une signification plus morale que rituelle : « Les Juifs se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en confessant leurs péchés » (Mt 3, 6). Pour être totalement efficace, le baptême doit être une œuvre divine, celle du Christ et de l’Esprit Saint (v. 11). Jésus, en effet, est venu accomplir la volonté du Père en prenant sur lui les péchés du monde (Jn 1, 29). Ainsi chargé, il s’est laissé immerger dans l’abîme du mal et de la souffrance. Par sa mort rédemptrice, Jésus descend jusqu’aux enfers, mais pour ramener à la surface des eaux et jusqu’au rivage de l’éternité tous ceux qui accepteront d’être sauvés. S’il donne sa vie, c’est pour la reprendre, afin que la mort soit absorbée dans la victoire et que tous ses amis reçoivent la vie en plénitude (cf. Jn 10, 17. 10 ; 1 Co 15, 54). Pour avoir part à la vie du Christ ressuscité, il faut que les croyants entrent, par le baptême, dans le mystère pascal : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la Gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle » (Rm 6, 4). Toutes les petites morts ou épreuves quotidiennes, qui préparent notre mort, doivent être unies au sacrifice du Christ pour devenir rédemptrices : ainsi sommes-nous plongés dans sa mort. Déjà cependant, sa vie nous anime, en attendant d’être immergés dans la Gloire. Le sacrement du baptême fait de nous des « re-nés » à la vie divine ; pour ceux qui peuvent le comprendre et l’accepter, il est de nécessité de salut (Jn 3, 5 ; Mc 16, 16) ; pour les autres, la rectitude de vie et le don de soi, et aussi l’offrande de la vie au moment de la mort — ou, pour les enfants morts sans baptême, le fait de mourir d’une mort « semblable à celle du Christ » (cf. Rm 6, 5) — constituent des titres à une quelconque suppléance, car, selon l’adage théologique, Dieu n’est pas lié aux sacrements. Normalement donc, le baptême est nécessaire au salut ; il est « la porte des autres sacrements », c’est-à-dire la condition : on ne peut être confirmé ou communier si l’on n’est pas baptisé ; pour se nourrir ou pour atteindre une stature d’adulte, il faut être né. Le baptême régénère en donnant le germe de la vie divine ; il faut ensuite laisser croître ce germe par la pratique de la vie chrétienne, spécialement par l’exercice de la vie liturgique et sacramentelle. Le « caractère » reçu au baptême a pour fonction, selon saint Thomas, de nous habiliter au culte. Né de la liturgie baptismale, le chrétien qui ne veut pas devenir un avorton de la vie divine trouve sa joie et sa force dans les célébrations liturgiques. Tout homme peut baptiser son semblable en cas de grave nécessité (voir Ondoiement) ; il n’est même pas requis que lui-même soit baptisé : il suffit qu’il veuille faire ce que fait l’Église. En versant de l’eau sur le front ou sur une autre partie du corps de la personne qui demande le baptême, celui qui baptise doit dire : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». En soi, le baptême par immersion est le plus significatif, le plus originel aussi ; mais pour des raisons pratiques, le rite de l’aspersion est le plus fréquent, celui qui convient le mieux pour les petits enfants.

Baptistère : Lieu réservé à la célébration du baptême, soit à l’intérieur de l’église, soit dans un édifice voisin, conçu pour ce rite. Voir Fonts baptismaux.

Bedeau : Synonyme de « sacristain » (voir « sacristain »)

Bulle papale : Appelée aussi « bulle pontificale », la « bulle » est un document, originellement scellé (du latin « bulla » : sceau), par lequel le Pape pose un acte juridique important comme la proclamation d’une année saint, convocation d’un concile, définition dogmatique …

Burette : Flacons destinés à contenir le vin et l’eau nécessaires à la célébration de l’Eucharistie. Le plus souvent, on les fait en verre, ce qui permet de distinguer facilement le vin de l’eau ; on les dispose sur un petit plateau de verre, qui sert au lavabo. « Burette » est un diminutif de « buire », vieux nom féminin désignant un vase en forme de cruche, à bec et à anse.

Calice : Le kulix grec et le calix latin sont des vases à boire, des coupes. Le calice est le vase sacré qui, lors du sacrifice de la messe, reçoit le vin destiné à devenir le sang du Christ. Comme la patène à laquelle il est assorti, il est de matière précieuse ou noble. Il doit n’être affecté qu’à un usage liturgique. Calice et patène deviennent des vases sacrés par la bénédiction qui leur est donnée par le prêtre, autant que possible au cours d’une messe : ils sont consacrés par le corps et le sang du Christ.

Candélabre : Du latin candela : « chandelle »

Cantique : Dans la liturgie des Heures, on appelle « cantique » les chants bibliques qui ne sont pas des Psaumes. Des cantiques de l’Ancien -Testament sont chantés chaque jour à Laudes, comme le cantique de Moïse (Dt 32, 1-12), le cantique d’Anne (1 S 2, 1-10), le cantique de Tobie (Tb 13), les cantiques tirés d’Isaïe, d’Ezéchiel, du livre de la Sagesse, etc. Au troisième nocturne de l’office monastique des Vigiles ou Matines, des cantiques de l’Ancien Testament sont prévus. Outre le Benedictus, le Magnificat et le Nunc dimittis, ces cantiques évangéliques qui ont chaque jour leur place de choix, respectivement à Laudes, Vêpres et Complies, des cantiques du Nouveau Testament sont chantés quotidiennement à la fin de la psalmodie de Vêpres ; ils sont empruntés à l’Apocalypse, aux épîtres de saint Paul aux Ephésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, à Timothée et à la première épître de saint Pierre.

Cathèdre : Du grec kathèdra : « siège », « chaire ». Dans la langue liturgique, la cathèdre est le siège épiscopal, le fauteuil à partir duquel l’évêque préside l’assemblée liturgique. Dans les églises anciennes, la cathèdre était placée dans l’axe de l’édifice, au fond de l’abside. Le siège de l’évêque est le symbole de son autorité de docteur ; c’est normalement de son trône qu’il doit s’adresser à son peuple. Le Christ, comme les rabbis juifs, avait l’habitude d’enseigner assis (cf. Mt 5, 1 ; 13, 1.2). N’est-ce pas « assis à la droite du Père » que Jésus préside, auprès de lui, la liturgie éternelle (Ps 109, 1 ; Mt 26, 64 ; Ac 2, 34 ; 7, 55-56 ; Ap 4, 3 suiv. ; 5, 6 suiv. ; 22, 1) ? La cathèdre principale de l’évêque se trouve dans son église cathédrale, mais un trône épiscopal était naguère prévu, de façon permanente, dans les églises diocésaines ; c’était rappeler qu’aucune liturgie, aucune prédication n’est possible sans la communion avec l’évêque dont les prêtres sont les coopérateurs : « Que cette Eucharistie seule soit regardée comme légitime, qui se fait sous la présidence de l’évêque ou de celui qu’il en aura chargé. Là où paraît l’évêque, que là soit la communauté, de même que là où est le Christ Jésus, là est l’Église catholique » (saint Ignace d’Antioche, Lettre aux Smyrniotes, 8, 1-2).

Chaire : Originellement, il s’agit du siège de l’évêque dans les liturgies solennelles : siège de présidence, chaire d’enseignement. Symbole de l’autorité épiscopale ; on célèbre, le 22 février, la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome ; le pontife romain est le pape parce qu’il succède à saint Pierre, chef du collège apostolique, sur le siège de Rome, le Saint-Siège (voir Pape, Rome). Plus tardivement, on a désigné, par le nom de « chaire », la tribune élevée et ornée qui, au milieu de la nef, du côté gauche, était le lieu de la prédication. On a retrouvé actuellement la coutume ancienne de prêcher à partir de l’ambon ou du siège de présidence.

Chandelier : Support destiné à recevoir des « chandelles » (candela en latin), des bougies ou des cierges. Les deux à six chandeliers d’autel sont disposés, soit sur l’autel lui-même, soit autour ; en ce dernier cas, ils sont longs d’au moins un mètre. Lors de l’anniversaire de la dédicace, on place des chandeliers devant les croix de consécration de l’église. Pour l’office des Vigiles et des Laudes, les Vendredi et Samedi Saints, on peut utiliser un grand chandelier triangulaire supportant quinze bougies. Après chaque Psaume, on éteint une bougie : il ne reste, à la fin de Laudes, qu’une seule chandelle. Il s’agit de symboliser le dépouillement progressif du Christ, sa « kénose » ; la dernière bougie est un signe d’espérance, au fond des abaissements consentis par le Serviteur souffrant. Le chandelier pascal est destiné à soutenir le cierge pascal, symbole du Christ ressuscité ; il est habituellement élevé et orné, et reste dans le sanctuaire depuis la Vigile pascale jusqu’au soir de la Pentecôte.

Chanoine : Le latin canonicus vient du grec kânon : « règle » (voir Canon). Le chanoine est l’ecclésiastique dont le statut est garanti par une règle juridique. Outre son rôle de conseil de l’évêque, le groupe des chanoines — le chapitre — a pour fonction principale la célébration solennelle de la messe et de l’office divin : c’est l’Œuvre essentielle de l’Église, et il importe qu’elle soit accomplie plus pleinement au centre du diocèse.

Chrême : Chrima ou chrisma signifie, en grec, « onguent », « huile » ; le nom vient du verbe chriô : « oindre », « frotter », « enduire ». Le saint chrême est la principale des saintes huiles consacrées par l’évêque lors de la messe chrismale, le Jeudi saint au matin ; il est composé d’huile d’olive, de baume et d’autres substances odoriférantes. Comme les onguents divers guérissent, adoucissent et pénètrent les chairs, en leur donnant de l’éclat, ainsi le saint chrême symbolise la pénétration de l’Esprit Saint et de ses dons dans les âmes des fidèles. Il est utilisé dans les rites de plusieurs sacrements et sacramentaux : au baptême, une onction est faite sur la tête ; à la confirmation, il marque sur le front le témoin du Christ ; dans le sacrement de l’ordre, le nouvel évêque reçoit l’onction sur la tête, et le nouveau prêtre sur les mains ; les onctions prévues pour la dédicace des églises et des autels sont faites, aussi, avec le saint chrême.

Christ-Roi : Solennité du Seigneur qui clôt la série des dimanches ordinaires : elle tombe donc le trente-quatrième et dernier dimanche du temps ordinaire. C’est, à la fin de l’année liturgique, l’évocation du règne éternel de l’Agneau immolé : « Lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous » (1 Co 15, 28). Fête tardive, instituée par le Pape Pie XI en 1925 : toute l’année liturgique célèbre la royauté du Christ, mais spécialement l’Épiphanie, le Vendredi saint et l’Ascension.

Ciboire : Du grec kibôrion : « fruit du nénuphar d’Egypte » et, par extension, coupe ayant la forme de ce fruit. Dans l’usage actuel, le ciboire est le vase sacré destiné à recevoir et à conserver les hosties consa­crées, en vue de leur distribution aux fidèles, soit pendant la messe, soit en dehors de la messe. Il est habituellement de forme hémi­sphérique; à la différence du calice, il est recouvert par un couvercle, souvent surmonté d’une croix.

Cierge : Du latin cera : « cire ». Le cereus ou, en bas latin, le cergium est le flambeau obtenu par le trempage réitéré d’une mèche dans la cire ou dans une autre substance capable d’alimenter une flamme. A l’origine, les cierges étaient utilisés pour assurer l’éclairage néces­saire aux actes profanes comme aux actes rituels. On les conserva, en dehors même de tout besoin de lumière — par exemple lors des cérémonies faites en plein jour —, à des fins symboliques : évoquer la Lumière qu’est le Verbe incarné (cf. Jn 1,4-9; 8, 12 ; 9, 5). A un moment où les dîners aux chandelles connaissent une grande faveur, en raison de l’atmosphère d’intimité chaleureuse procurée par la lumière des bougies, il serait dommage que les célébrations liturgiques méconnaissent le symbolisme du cierge. A proximité de l’autel ou sur l’autel lui-même, on dispose de deux à six chandeliers supportant des cierges. Les céroféraires sont les porteurs de lumière, en tête des processions et lors de la lecture de l’évangile. Lors de la dédicace des églises, on allume un cierge devant chacune des douze croix de consécration, après son onction avec le saint chrême ; aux divers offices du jour anniversaire de sa dédicace, l’église consacrée retrouve cette splen­deur des douze cierges. A la fin des rites du baptême, le nouveau baptisé reçoit un cierge, allumé au cierge pascal ; le célébrant lui dit : « Recevez la lumière du Christ ». Devenu « fils de lumière », il doit marcher dans la lumière et garder sa lampe allumée pour le retour du Christ. Lors du baptême d’un enfant, au père, au parrain ou à l’un des membres de la famille venant d’allumer un cierge au cierge pascal, le célé­brant déclare : « C’est à vous, leurs parents, leurs parrains et marraines, que cette lumière est confiée : veillez à l’entretenir… ». Le cierge est donc, pour tous les baptisés, le symbole de leur vie même dans le Christ ressuscité.

Cierge Pascal : Le rite du cierge pascal, qui ouvre la grande Vigile pascale, est un développement du rite juif qui consistait à allumer les lampes, au moment où tombait la nuit inaugurant le sabbat ; ce rite est devenu le lucernaire dans le christianisme : on le pratiquait à l’heure de Vêpres, au chant du phôs ilaron (« Joyeuse lumière »), hymne vénérable des premiers siècles. Au début de la plus sainte des nuits et de la plus longue vigile de l’année liturgique, l’Église a vite solennisé le rite du lucernaire : le grand cierge pascal et sa « louange », qui est l’Exultet, datent au moins du IVe siècle. Après avoir béni le feu nouveau, le célébrant grave sur un long cierge de large section les symboles suivants : une croix, l’Alpha et l’ Oméga (voir A), enfin les quatre chiffres de l’année ; il pro­nonce, ce faisant, les formules prévues dans le missel. Cinq grains d’encens enflammés peuvent alors être implantés dans le cierge, rehaussant la croix déjà tracée, en symbole des cinq plaies glorieuses du Christ en sa Passion. On allume le cierge pascal au feu nouveau, le diacre le porte en tête de la procession et pénètre dans l’église obscure où il marque trois arrêts pour proclamer : « Lumière du Christ ! ». Après avoir demandé la bénédiction du célébrant, comme pour l’évangile, et encensé le cierge pascal, il chante YExultet, antique condensé lyrique de la joie pascale. Tout au long des offices du temps pascal, le grand cierge continue de brûler : la flamme qui l’anime symbolise l’âme du Christ, réunie à son corps dans la Gloire du Père. On ne l’éteint qu’au terme du temps de Pâques, le soir de la Pentecôte.

Cloches : L’usage de clochettes comme signe avertisseur sonore est immé­morial, aussi bien dans le domaine profane que dans le domaine sacré. Dans les rites sacrés, les clochettes avaient une double fonc­tion : écarter les démons et rappeler la communauté célébrante au bon souvenir de son Dieu (cf. Ex 28, 33-35 ; Si 45, 9) ; grâce au son des grelots tintant sur le vêtement du grand prêtre, Yahvé et son Peuple se retrouvaient dans le mémorial de l’Alliance : ensemble ils se souvenaient du lien contracté. Gongs, claquoirs, clochettes, trompettes, crécelles furent utilisés, au début de l’ère chrétienne, comme signaux de rassemblement pour les offices liturgiques. Quand les communautés se sont développées, après la paix de Constantin, et quand les exercices conventuels des monastères se sont multipliés, des avertisseurs plus sonores sont devenus nécessaires. Ainsi sont nées les cloches. Elles apparaissent au moins au début du VIe siècle. Le nom le plus commun est celui de signum (« signe » ou « signal ») ; celui de clocca vient proba­blement du clog irlandais, lourde clochette qui faisait partie de l’équipement du missionnaire, et de l’ancien allemand klochôn signifiant « battre » ou « frapper » (VIIIe siècle). Dès le VIIIe siècle apparaît le rite du « baptême » des cloches : voix des anges repoussant les démons et convoquant les fidèles aux assemblées liturgiques, leur dignité était grande, et nécessitait une bénédiction solennelle. Le pontifical prévoit une ablution des cloches, quatre onctions de saint chrême sur chacune, et un encensement ; au terme du rite, on donne la voix aux cloches en les faisant résonner avec leur battant. Les cloches se taisent traditionnellement depuis la messe du Jeudi saint jusqu’à la messe de la Résurrection : c’est un signe du deuil de l’Église. La tradition populaire dit qu’elles se rendent à Rome.

Conopée : Voile recouvrant, avant le concile Vatican II, le tabernacle. Il peut se décliner suivant les différentes couleurs du temps liturgique. Ce voile symbolise la tente de l’Exode qui abritait l’Arche d’Alliance.

Contrefort : Terme d’architecture : renfort de maçonnerie élevé sur la face extérieure d’un bâtiment qui sert à contenir les effets de la poussées des arcs et des voûtes.

Cure : La cure, c’est « la charge d’âme » (du latin « cura animarum »), c’est-à-dire le soin ou la responsabilité spirituelle d’une paroisse. En théorie, et à l’origine, un seul prêtre pouvait être curé d’une paroisse, les autres prêtres étant qualifiés de vicaires. De nos jours, la charge d’âme d’un curé tend à s’étendre sur plusieurs communes. Par extension, le terme « cure » est parfois employé pour le presbytère (voir « presbytère ») ou pour désigner les personnes qui participent à la vie de la paroisse.

Curé : Prêtre catholique qui prend soin (« cura » en latin), ou qui a la charge, de fidèles regroupés au sein d’une paroisse.

Dais : Viendrait du latin discus : « disque » ou « plateau ». Ciel d’étoffe tendue, porté au-dessus du célébrant qui tient le Saint-Sacrement, lors des processions solennelles. Il est soutenu par plusieurs hampes; l’ombrelle n’en comporte qu’une et s’ouvre comme un parasol. Le dais et l’ombrelle veulent souligner la dignité du Christ, présent dans l’Eucharistie. Le dais peut avoir différents aspects : ouvrage de pierre, de bois sculpté, de métal ou de tissu qui sert à recouvrir un trône, un autel, une chaire, une statue. Le dais peut être également portatif. Il s’agit alors d’un ouvrage à 4 pieds, recouvert de tentures. Il sert lors des processions, porté par 4 hommes, tandis que le célébrant se tient dessous, tenant par exemple le Saint-Sacrement.

Dalmatique : La dalmatica est un vêtement de dessus, originaire de Dalmatie (dans l’ex-Yougoslavie), dont l’usage était assez répandu dans l’Empire romain aux premières siècles de notre ère. C’est une chasuble à manches courtes mais amples ; elle est fendue en-dessous des bras. La dalmatique est devenue, vers le IVe ou le Ve siècle, le vêtement propre des diacres, passé au-dessus de l’aube et de l’étole. Les évêques peuvent la porter au-dessous de la chasuble dans les offices pontificaux : cette coutume souligne que l’évêque est le diacre véritable, c’est-à-dire le signe sacramentel du Christ-Serviteur ; l’ordination diaconale est une participation à la mission de l’évêque et de ses collaborateurs, dans la ligne du service.

Diacre : Du grec diakonos : « serviteur », diakonein voulant dire « servir ». Le diacre est le chrétien baptisé et confirmé qui a reçu, lors de son ordination diaconale, une participation sacramentelle à la mission de l’évêque, dans la ligne du service (diakonia). Tout chrétien est appelé à suivre le Christ, pour devenir, par grâce, ce que le Fils est par nature. Afin que nous puissions devenir fils, le Fils s’est fait Serviteur, réalisant notre salut par l’accomplissementde sa mission rédemptrice ; ainsi a-t-il « accompli » les Chants du Serviteur en Isaïe (42, 1-9 ; 49, 1-6 ; 50, 4-11 ; 52, 13 – 53, 12), particulièrement le dernier : le Chant du Serviteur souffrant. En effet, « le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude » (Mt 20, 28). Tout chrétien, en tant que tel, doit être capable de « donner sa vie » pour le « service » de tous. Cependant, pour que le « service » rédempteur du Christ soit mieux assuré au bénéfice de tous, Jésus lui-même a pris soin de pourvoir son Église des ministres aptes à continuer sa mission : Pierre, les apôtres, leurs successeurs et leurs collaborateurs. Quand le pape signe « Serviteur des serviteurs de Dieu », ce n’est pas une simple clause de style : le véritable serviteur — le véritable « dia­cre » — dans l’Église, c’est l’évêque, secondé par ses prêtres dans le « service » royal des baptisés. Toutefois, l’évêque et ceux qui participent à son sacerdoce ne peuvent être, dans l’exercice de leur ministère de prêtres, de pas­teurs et de docteurs, les signes suffisamment parlants du Christ-Serviteur : leur autorité risque d’occulter le côté « service » de leur charge. Le diacre sera donc destiné à devenir le signe sacramentel du Christ-Serviteur, l’évidence de tout le ministère sacré comme service. Au-delà du récit de l’institution des Sept en vue du service des tables (Ac 6, 1-6), le fondement scripturaire du diaconat est à chercher dans les paroles et dans les actes du Seigneur présentant l’autorité ecclésiale comme un service (Mt 20, 24-28 et le lavement des pieds en Jn 13, 2-17). Participant à la mission de service des évêques, successeurs des apôtres, c’est par l’évêque que le diacre est ordonné. Cette ordi­nation consiste essentiellement dans l’imposition des mains que l’évêque, seul, fait en silence, et dans la prière consécratoire, dont la formule centrale est la suivante : « Envoie sur lui, Seigneur, ton Esprit Saint : qu’il le fortifie de tous les dons de ta grâce pour l’accomplissement de son ministère ». Il reçoit alors l’étole diaconale et la dalmatique, puis l’évêque lui remet solennellement le livre des évangiles (voir Évangile), dont il devient le héraut. Désormais, le diacre aide l’évêque et ses prêtres dans le service de la parole, de l’autel et de la charité. Sous leur responsabilité, catéchèse, prédication, direction des prières de l’assemblée, célé­bration du baptême et des funérailles, bénédiction du mariage, administration du viatique et, en général, toute forme de service des pauvres, des malades, des jeunes, sont de sa compétence. On comprend que le « service » diaconal soit, pour les futurs prêtres, une nécessaire initiation à leur « service » sacerdotal. Grâce à la restauration du diaconat permanent, les diacres restent dans l’Église le rappel vivant et sacramentel, pour les évêques, les prêtres et les fidèles, du « service » éminent qu’est et doit demeurer le « ministère » ordonné

Dogme : Du grec dogma : « opinion », « décision », issu du verbe dokein : « estimer », « juger ». Un dogme, dans l’Église catholique, est un article — ou élément essentiel — de la foi chrétienne. Chaque définition d’un dogme nouveau n’est que l’expression formelle d’une vérité déjà incluse dans la foi ; bien des dogmes, comme l’Assomption de Notre Dame, ont été célébrés dans la liturgie avant d’être définis dans les conciles, selon l’adage théologique « Lex orandi, lex credendi  » : la règle de la prière liturgique est une norme pour la foi. Une dogme est donc une affirmation considérée comme fondamentale et incontestable.

Dormition : Dormitio en latin vient de dormire : « dormir ». L’ « endormisse­ment » de la Vierge Marie est le prélude immédiat à son Assomption. La « Dormition » est, pour les Orientaux, le nom de la fête de l’Assomption.

Église : L’ekklèsia, chez les Grecs, était l’assemblée des citoyens libres réunis par convocation (ek-kaléô). L’Église est l’assemblée du Peuple de Dieu, convoquée par Dieu et pour Dieu, en vue de la célébration de l’Alliance. En Italien, le mot est devenu Chiesa. Ce qui a donné en français le mot « chaise » (siège ou trône du prêtre). Dans l’Ancien Testament déjà, Israël est né comme Peuple de Dieu au « Jour de l’Assemblée » (Dt 9, 10 ; 10, 4 ; 18, 16), lors de son consentement à l’Alliance avec Yahvé (Ex 24). Le Qehal-Yahvé est l’exact antécédent de l’Église ; dans la traduction grecque de l’Ancien Testament que l’on appelle la Septante, le mot hébreu qâhâl est le plus souvent traduit par ekklèsia ; on peut remarquer l’assonance qui existe entre le verbe hébreu qâhal (« convoquer ») et le verbe grec kaléô (« appeler ») : on retrouve les mêmes consonnes fondamentales q ou k et l. Il faut surtout remarquer que le Peuple de Yahvé naît comme Peuple dans une liturgie d’alliance : son identité est donc liturgique. L’Église du Nouveau Testament est l’assemblée des fils de Dieu dispersés (Jn 11, 52), ramenés à l’unité de la Trinité (17, 11.21.22) grâce au sang du Christ (Ac 20, 28). L’Église est fécondée à la Croix, par l’Esprit, l’eau et le sang (Jn 19, 30.34 ; 1 Jn 5, 6-8), donc au cœur du sacrifice unique de la nouvelle Alliance ; elle naît à la Pentecôte, dans l’effusion de l’Esprit Saint, comme assemblée célébrant les merveilles de Dieu (Ac 2, 11). Saint Pierre ne reprend-il pas les titres liturgiques de l’Assemblée du Sinaï, quand il déclare aux fidèles : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, pour proclamer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui jadis n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu » (1 P 2, 9-10 ; cf. Ex 19, 5-6) ? La nature même de l’Église est donc liturgique et c’est dans la célébration de la liturgie que l’Église exprime le plus complètement ce qu’elle est, et ce qu’elle devient de plus en plus : le Peuple-Épouse qui, grâce à son union avec l’Époux, et fécondé par son Esprit, entre dans l’échange trinitaire, réalité ultime de la liturgie. Les rencontres liturgiques de la terre, centrées sur l’Eucharistie, ne cessent de rassembler l’Église, du fait de l’initiative divine, efficacement signifiée par le ministère sacré, pour qu’elle consente à l’Alliance et qu’elle chante les merveilles de Dieu. Les églises, lieux de rassemblement de l’Eglise, tirent leur noblesse de la rencontre d’alliance entre Dieu et son Peuple, rencontre dont elles sont le théâtre. Les solennelles cérémonies de la dédicace les rendent aptes à devenir les « Tentes du Rendez-vous » de la nouvelle Alliance.

Elévation : Geste par lequel le prêtre « élève » l’hostie, puis le calice, après leur consécration respective : il s’agit simplement de montrer les saintes espèces aux fidèles. On appelle « petite élévation » le mouvement du Per Ipsum : à ce moment, en effet, le prêtre élève en même temps la patène et le calice, en geste d’offrande sacrificielle, au moment où il chante la conclusion du Canon. On comprend que, liturgiquement, la « petite élévation » soit plus importante que la « grande ».

Encens : Incensum, en latin, signifie proprement « ce qui est brûlé » (de incendere : « brûler »). L’encens est une résine aromatique qui brûle en dégageant une fumée odoriférante. Avant d’être posé sur les charbons de l’encensoir (voir ce mot), il doit être pilé ou réduit en petits grains. Il arrive que l’on ajoute à l’encens telle ou telle autre substance aromatique, comme le benjoin. La plupart des religions antiques ont utilisé l’encens. Yahvé lui-même prescrit à Moïse que, chaque matin et chaque soir, on fasse fumer devant lui l’encens aromatique sur l’autel des parfums qui se trouve placé dans le Saint (Ex 30, 7-8 ; cf. Lc 1, 9-11). Au jour solennel des Expiations, le grand prêtre passe même dans le Saint des Saints, avec charbons et encens, pour recouvrir d’un nuage de parfum l’arche d’alliance au-dessus de laquelle Yahvé est censé résider (Lv 16, 12-13). Avec l’encens, c’est la prière des Israélites qui monte vers Dieu en bonne odeur, selon cette parole du Psal-miste : « Que monte ma prière, en encens devant ta face ! » (Ps 140, 2). L’Apocalypse reprend cette liturgie : « Un ange vint se placer près de l’autel, muni d’une pelle en or. On lui donna beaucoup de parfums pour qu’il les offrît, avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or placé devant le trône. Et, de la main de l’ange, la fumée des parfums s’éleva devant Dieu, avec les prières des saints » (8, 3-4). A mi-chemin entre la liturgie d’Israël et la liturgie du ciel, l’Église offre à Dieu l’encens pour signifier concrètement son adoration et sa prière (cf. Mt 2, 11). Elle continue ainsi l’hommage central du Christ, qui s’est offert à son Père en odeur de suavité (Ep 5, 2) ; tous les fidèles sont appelés à répandre en tout lieu la bonne odeur du Christ (2 Co 2, 14-16). L’encens est présenté à tout ce qui symbolise Dieu, à tout ce qui touche à lui : la Croix d’abord, l’autel, le livre des évangiles, les oblats, le prêtre lui-même et les fidèles. Lors des obsèques, on va jusqu’à encenser la dépouille mortelle des baptisés, en signe de l’honneur qui est dû à un temple de l’Esprit Saint (1 Co 6, 19). Au cours des cérémonies de la dédicace d’une église, après que l’on a brûlé pour la première fois l’encens sur l’autel, on va encenser les douze croix de consécra­tion, qui ont reçu l’onction de saint chrême ; ce rite se reproduit au jour anniversaire de la dédicace. L’encensement de la Croix et de l’autel a lieu deux fois à la messe solennelle : à l’entrée et au moment de la préparation des oblats ; on le pratique aussi à la fin des Vêpres, pendant le chant du Magnificat (éventuellement à la fin des Laudes, pendant le chant du Benedictus). Au salut du Saint-Sacrement, on encense à deux reprises l’hostie consacrée, présentée à l’adoration de tous sur l’ostensoir placé sur l’autel. Quand le prêtre a imposé l’encens, il le bénit d’un signe de croix ; cette bénédiction est omise devant le Saint-Sacrement exposé.

Encensoir : Cassolette ou brûle-parfum portatif suspendu à trois chaînettes ; le couvercle ajouré est rendu mobile par l’usage d’une autre chaînette coulissante. On trouve des encensoirs à une seule chaînette. Pour faire brûler l’encens, le célébrant l’impose sur les charbons ardents disposés dans la cassolette ; on répand la fumée odoriférante en agitant l’encensoir.

Entraits : Poutre horizontale qui relie les murs gouttereaux (murs qui portent une gouttière)

Espèce : Du latin species : « aspect », « apparence ». Les « saintes espèces » désignent les apparences du pain et du vin, qui demeurent après la transsubstantiation ; le corps et le sang du Christ, tels que l’Eucharistie les rend présents, ne sont pas localisables par eux-mêmes, mais sous les « espèces » du pain et du vin. Communier sous les deux espèces, c’est successivement recevoir l’hostie et boire au calice, ou bien recevoir l’hostie trempée dans le vin consacré (Intinction). Communier sous l’espèce du pain, c’est consommer la seule hostie ; la communion sous l’espèce du vin est parfois la seule qui soit possible à certains malades.

Esprit Saint : Du latin spiritus : « souffle ». Vent, souffle, soupir, l’Esprit de Dieu désigne, dans l’Ancien Testament, la force divine qui est source de vie (Gn 1, 2). Principe d’animation, l’Esprit « insuffle » dans les narines de l’homme un spiraculum vitae, c’est-à-dire un « petit il en est à la fois l’agent premier et l’ultime effet (res tantum ; voir vivants sont animés de la sorte par l’Esprit de Dieu (cf. Ps 103, 29-30), mais les hommes que Yahvé charge de missions particulières sont plus profondément soumis à son emprise : juges, rois, prêtres et prophètes (Gn 41, 38 ; Nb 24, 30 ; Jg 3, 10 ; 1 S 10, 10-12 ; 16, 13-14). L’Esprit de Yahvé investira surtout le Messie (Is 11, 2) en vue de la « réanimation » de tout le Peuple de l’Alliance ; en raison de son infidélité, ce dernier n’est plus capable d’offrir à Dieu un culte « spirituel » (cf. Ez 37 ; Ps 49 et 50). Conçu dans le sein de Marie par l’opération du Saint-Esprit, Jésus est ce Messie qui est rempli de l’Esprit aux sept dons, celui sur qui l’Esprit descend et demeure (Jn 1, 33), celui qui le donne sans mesure (Jn 3, 34), qui le libère à l’Heure de sa glorification sur la Croix (7, 39 ; 19, 30). Expiré au moment de la mort du Christ, insufflé sur les apôtres au soir de la Résurrection, répandu comme un vent violent et sous la forme de langues de feu au jour de la Pentecôte, l’Esprit fait naître l’Église, après avoir fait concevoir Jésus et l’avoir inspiré en toute sa mission (Lc 4, 1.18 ; 10, 21). Poursuivant son oeuvre dans le monde et achevant toute sanctifica­tion (Canon 4), l’Esprit s’adjoint l’eau et le sang (baptême et Eucharistie), pour rendre témoignage au Christ et donner aux fidèles d’entrer dans sa vie de Fils criant « Abba, Père ! » (Jn 19, 34 ; 1 Jn 5, 6-8 ; Ga 4, 6 ; Rm 8, 15). Depuis l’Ascension du Seigneur, l’Esprit Saint ne cesse d’être envoyé à l’Église par le Père et par le Fils, de qui il procède (les Orientaux n’admettent pas de dire que l’Esprit Saint procède aussi du Fils ; ils rejettent l’insertion occidentale du Filioque dans le Credo de Nicée-Constantinople : elle date du Xe s.). C’est en lui que sont plongés les fidèles au baptême (Jn 3, 4-8) ; c’est lui qui les marque de son sceau à la confirmation. Paraclet, il est, suivant le sens de ce mot, « appelé auprès » des croyants (Jn 14, 16.26 ; 16, 7) ; « appelé sur » les offrandes par la prière de l’épiclèse, il accom­plit, par le ministère des prêtres qu’il a consacrés (voir Ordre), le mémorial eucharistique de la Rédemption (Jn 14, 26). Dans tous les sacrements, c’est lui qui agit, c’est lui qui est donné : il en est à la fois l’agent premier et l’ultime effet (res tantum ; voir Sacrement). Lien vivant du Père et du Fils, l’Esprit est au cœur de la vie trinitaire : il est ce « Fleuve de Vie qui jaillit du trône de Dieu et de l’Agneau » (Ap 22, 1) ; venu de ce paradis véritable qu’est la Vie des Trois, il irrigue l’Arbre de vie (la Croix) et devient le principe d’une fécondité proprement divine dont les canaux principaux sont les actes liturgiques (cf. Gn 2, 10 ; Ap 22, 2). Le Père et le Fils nous atteignent par le fruit de leur Amour, le Souffle ou le Soupir de leur mutuelle dilection : il est le Don par excellence, celui qui achève et consomme l’Œuvre de Dieu. En recevant l’Esprit des fils, nous nous laissons engendrer, comme le Fils, par le Père et devenons capables de dire « Père ! » avec le Fils. La divine liturgie, comme toute la vie chrétienne qu’elle condense, nous fait recevoir et « rendre » l’Esprit ; elle constitue les arrhes de la liturgie éternelle, qui est l’échange d’amour du Père et du Fils dans l’Esprit. L’Esprit est donc en quelque sorte l’ultime « Médiateur » de la liturgie dans la Gloire (voir Sacer­doce).

Eucharistie : Le mot grec eucharistia signifie « reconnaissance » ; il est composé du préfixe eu, expressif du « bien », et du nom charis : « grâce ». L’eucharistie est d’abord l’action de grâces que l’on prononce pour remercier Dieu de ses multiples bienfaits, particulièrement à l’occasion des repas. Les Juifs attachaient une grande importance à ces bénédictions (berakôth) : elles répondaient par des « bien-dits » aux « bien-faits » divins. Ainsi s’articulent les deux dimen­sions complémentaires de la liturgie : à l’Œuvre de Dieu corres­pond l’Œuvre de la communauté humaine, à l’initiative divine répond le merci de l’homme. L’Eucharistie chrétienne tire son nom de la bénédiction prononcée par Jésus, lors de la dernière Cène : « Prenant du pain, il rendit grâces (eucharistèsas) » (Lc 22, 19 ; 1 Co 11, 24 ; cf Mt 26, 27 ; Mc 14, 23). Dans le cadre du repas pascal, repas sacrificiel lié à l’immolation de l’agneau, et mémorial de la libération d’Egypte, le Christ anticipe le don de tout lui-même en sacrifice de rédemption et institue le mémorial de la nouvelle Alliance . Dans toutes les religions, le repas est sacralisé : il est l’acte central où la communauté humaine reconnaît formellement devoir sa subsistance à la divinité et où, en échange, elle pourvoit à la « nour­riture » divine en offrant aux dieux une part de leurs dons. Dans le sacrifice, Dieu et l’homme sont « convives », c’est-à-dire qu’ils communient à la même vie. Les holocaustes, où tout est brûlé pour monter à Dieu en agréable odeur (Gn 8, 21), expriment le « pas­sage » — la pâque — de la victime et, par elle, de l’offrant, dans le domaine du divin. Tel était le sens des rites sacrificiels des pains azymes (sédentaires cultivateurs, comme Caïn) et de l’agneau (nomades pasteurs, comme Abel), quand ils sont devenus le « mémorial » de la libération d’Egypte, de la Pâque. Israël n’est sorti de la maison de servitude que pour célébrer le « service » royal de Yahvé : il devient le Peuple-Épouse de Dieu dans la liturgie solennelle de l’Alliance, au jour de l’Assemblée. Le sacrifice de l’Alliance du Sinaï (Ex 24) est en bien des points le « prototype » du sacrifice de la nouvelle Alliance au Calvaire. Quand Moïse asperge le Peuple avec le sang du sacrifice, après l’avoir versé sur l’autel qui symbolise Dieu, ne dit-il pas : « Ceci est le sang de l’Alliance que Yahvé a conclue avec vous » (Ex 24, 8) ? Il suffit de comparer avec Mt 26, 28 : « Ceci est mon sang, déclare Jésus, le sang de l’Alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés ». Jésus est le Serviteur souffrant qui justifie les multitudes par l’aspersion de son sang (Is 52, 15 dans le texte hébreu; 52, 11.12; voir Service). Après l’Alliance, Moïse et les anciens du Peuple montent au Sinaï et sont admis, d’une certaine manière, à contempler le Dieu d’Israël : « Sous ses pieds, il y avait comme un pavement de saphir, aussi pur que le ciel même. Il ne porta pas la main sur les notables des Israélites. Ils contemplèrent Dieu, puis ils mangèrent et burent » (Ex 24, 10-11). Grâce au sacrifice de la nouvelle Alliance qui, non seulement nous fait manger et boire devant Dieu, mais manger et boire la chair et le sang du Fils de l’homme (Jn 6 ,52), nous avons part à la vie éternelle, vie du Fils toute relative au Père (6, 54.57). Lors de l’institution de l’Eucharistie à la dernière Cène, Jésus anticipe le Calvaire et montre que « tous les sacrifices de l’ancienne Alliance parviennent à leur achèvement » (5e Préface pascale). Au début du repas pascal, la bénédiction d’une première coupe (non eucharistique) oriente toute la célébration vers le festin eschatologique dans le Royaume (Lc 22, 16). Pendant que l’on sert le repas et que l’on remplit une deuxième coupe, le président fait une homé­lie ou haggadah pour souligner que le repas pascal actualise la délivrance d’Egypte dont on fait mémoire ; c’est à ce moment que Jésus dut expliquer à ses apôtres qu’il était le véritable Agneau pascal, le véritable pain azyme, le Serviteur qui se livre en sacrifice pour l’instauration de la nouvelle Alliance ; les discours de la Cène en saint Jean représentent l’essentiel de ses propos. Au moment où l’on va commencer le repas principal, le président prononce une bénédiction — une eucharistia — sur le pain azyme ; c’est alors que Jésus ajouta : « Ceci est mon corps, donné pour vous » (Lc 22, 19). A la fin du repas, on bénissait une troisième coupe ; Jésus enchaîna : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous » (Lc 22, 20). La bénédiction d’une quatrième coupe introduit le chant des Psaumes du Hallel (Ps 112-117), commencé après la haggadah (cf. Mc 14, 26). Située dans le contexte de la louange psalmique et dans le cadre d’un repas sacrificiel, l’Eucharistie donne le sens du Calvaire, acte d’amour suprême du Christ pour son Père et pour les siens (Jn 14, 31 et 13, 1). Après l’oblation unique de la Croix (He 9, 26.28 ; 10, 10), l’Eucharistie demeure le sacrement du sacrifice du Calvaire, son mémorial. Quand Jésus dit : « Faites ceci en mémoire de moi » (Lc 22, 19 ; 1 Co 11, 24.25), il se réfère à la structure du mémorial en Israël ; « faire mémoire », c’est opérer une sorte de télescopage du passé, du présent et de l’avenir, en actualisant le passé dans le présent en vue de l’avenir. Face à l’autel, devant le corps et le sang séparés de Jésus, nous sommes contemporains de son sacrifice, invités à nous livrer comme lui ; en même temps, nous sommes à la table du Royaume, car c’est le Christ glorieux qui se donne à nous en nourriture. Actualisation du Calvaire, l’Eucharistie est aussi un appel au souvenir du Père pour qu’il achève son Œuvre en amenant le dernier avènement de son Fils, qui nous introduira dans la Gloire. « Faites ceci pour que Dieu se souvienne de moi » est en effet une allusion à une prière de la haggadah qui, à chaque célébration pascale, demande à Dieu « qu’il se souvienne du Messie », ce qui revient à demander la Parousie. Le dernier Psaume du Hallel n’évoque-t-il pas, en l’anti­cipant, la procession d’accueil du Messie lors de sa venue (Ps 117, 25-29) ? Certes, Jésus, ce Messie qui est l’Alliance, en tant que Dieu et homme, est venu ; il a scellé dans son sang la nouvelle et éternelle Alliance ; mais son Œuvre de salut ne sera achevée qu’au moment du dernier avènement. Tout est fait, du côté de Dieu ; il n’en est pas de même pour nous. En lui faisant don de l’Eucharistie, le Christ procure à son Église la possibilité d’entrer chaque jour davantage dans le chef-d’œuvre de l’amour : recevoir du Père son Fils, recevoir du Père et du Fils leur commun Esprit, « expiré » sur la Croix et, devenue ainsi l’Épouse du Fils, s’élancer vers le Père dans le mouvement de l’Esprit, qui la fait aller jusqu’au bout de l’amour. L’Esprit est donc au cœur de l’échange eucharistique — cet admirabile commercium — et ceci ne saurait étonner, car il nous est donné comme arrhes de la vie éternelle, de la Gloire, où il est le lien personnel du Père et du Fils. Sacrement d’un sacrifice, clé de voûte de toute la liturgie, l’Eucha­ristie est riche de tout le Mystère que célèbre l’Église en union avec le ciel. Tous les sacrements, tous les sacramentaux, toutes les Heures de l’office convergent vers elle, car elle est la source et le sommet de toute la vie de l’Église, de toute l’Œuvre de Dieu. En cette célébration centrale, l’Église rencontre vraiment son Dieu et chacun de ses fils exerce en plénitude ce qu’il est. Témoins de l’Œuvre de Dieu, les baptisés-confirmés mettent en œuvre leur aptitude à redire leur Amen à l’Alliance et à la Gloire de Dieu, tandis que les ministres ordonnés représentent diversement le Christ lui-même, comme Grand Prêtre (évêques au sacerdoce de qui participent les prêtres) et comme Serviteur (diacres), garantissant l’objectivité de l’actualisation sacramentelle du chef-d’œuvre de l’Amour. Unie à son prêtre, l’Assemblée est l’Épouse adhérant à l’Époux, le Fils en élan vers le Père : l’Esprit est la vie de toute cette unité organique.

Évêque :  L’épiskopos grec est un « surveillant » qui veille (skopéin) sur (épi) ceux dont il a la charge. Dans la primitive Église, les « épiscopes » sont les «anciens » (presbutéroi) à qui les apôtres confient la « sur­veillance » des communautés chrétiennes ; il semble qu’au début, cette charge ait été exercée collégialement par les « presbytres » : « Soyez attentifs à vous-mêmes, recommande saint Paul aux anciens d’Éphèse, et à tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis gardiens (épiskopous) pour paître l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par le sang de son propre Fils » (Ac 20, 28). Assez vite, un « épiscope » unique se voit attribuer la responsabilité de toute une église (1 Tm 3, 1-7 ; Tt 1,7-9), secondé par les presbytres (Tt 1, 5 ; 1 Tm 5, 17) et assisté par les diacres (1 Tm 3, 8-13). L’évêque devient ainsi le signe et le garant de l’unité d’une église, le succes­seur de l’apôtre qui lui a imposé les mains (2 Tm 1, 6). Au tournant du deuxième siècle, saint Ignace d’Antioche a beaucoup souligné le rôle central de l’évêque, transparence du Père, du Christ et des apôtres ; le ministère épiscopal, qui s’adjoint l’assistance du presbytérium et le service des diacres, trouve dans la célébration liturgique de l’Eucharistie son expression la plus parfaite : « Ayez donc soin de ne participer qu’à une seule Eucharistie ; car il n’y a qu’une seule chair de notre Seigneur Jésus Christ et un seul calice pour nous unir à son sang, un seul autel, comme un seul évêque avec le presbytérium et les diacres, mes compagnons de service » (Philadelphiens, 4). Très vite donc, la Tradition a reconnu dans la personne de l’évêque la présence privilégiée de Jésus Christ à son Église. Relié à tous les autres successeurs des apôtres et spécialement au successeur de Pierre à Rome, l’évêque a la plénitude de l’ordre sacré. Comme le Verbe incarné a été envoyé par le Père « non pour être servi, mais pour servir » (Mt 20, 28), ainsi l’évêque reçoit la mission de conti­nuer la Rédemption au service d’une église dont il devient responsa­ble. Docteur, pasteur et grand prêtre, il est le signe efficace, le sacrement vivant, le critère, de l’union de son église à Jésus Christ. Le « service » épiscopal culmine dans la célébration solennelle de l’Eucharistie, car l’enseignement et le gouvernement du successeur des apôtres tendent au rassemblement du Peuple de Dieu dans le sacrement de l’unité. La messe présidée par l’évêque, concélébrée avec ses prêtres, « servie » par les diacres, en présence du plus grand nombre de fidèles, est le sommet de la liturgie de l’Église, car elle rassemble toute la diversité de ses membres dans l’unité de la Trinité, grâce au sacrifice du Christ et au don de l’Esprit. Comme l’évêque ne saurait à lui seul rassembler toutes les commu­nautés de son diocèse, il s’assure la collaboration des prêtres, qu’il associe à son sacerdoce, et l’aide des diacres qui assurent l’évidence du côté « service » de sa mission (voir Diacre, Service). On comprend qu’une vision « ascendante » du sacrement de l’ordre n’est pas juste : on ajouterait quelque chose à un diacre pour qu’il devienne prêtre, et quelque chose à un prêtre pour qu’il devienne évêque. La vision « descendante » doit être privilégiée : l’évêque seul a la plénitude de l’ordre ; le prêtre reçoit une participation à cette plénitude, dans la ligne du sacerdoce, et le diacre, dans la ligne du service. Pour l’ordination épiscopale, la présence de trois évêques au moins est requise, en vue de signifier l’agrégation de l’élu au collège épiscopal, successeur du Collège apostolique. Le rite essentiel est l’imposition des mains par l’évêque consécrateur et par tous les évêques présents, suivie par la prière consécratoire dont la formule centrale, dite par tous les évêques, est la suivante : « Envoie main­tenant, Seigneur, sur ce prêtre, ton élu, la puissance qui vient de toi, l’Esprit souverain. Tu l’as donné à Jésus Christ, ton Fils bien-aimé, et lui-même l’a transmis à ses apôtres qui ont fondé en tout lieu l’Église, comme ton sanctuaire, pour te rendre gloire et célébrer sans cesse ton nom ». On notera la manière dont la finalité liturgique du ministère épiscopal est marquée : rassembler l’Église pour qu’elle devienne le temple de la Gloire, résonnant de la louange divine cf. Ap 21). Les rites complémentaires de l’onction de la tête avec le saint chrême, de la remise de l’Évangile, de l’anneau et du bâton pastoral (voir Crosse), marquent clairement les rôles de l’évêque, chef, guide, époux et docteur de son église, en transparence du Christ.

Exposition : Structure placée sur un autel comportant un support sur lequel est exposé l’ostensoir lors de la cérémonie de l’adoration du Saint-Sacrement. Elle peut être de forme variée, mobile ou fixée sur le tabernacle et comporte souvent un panneau de fond ou une gloire, et un dais.

Fabrique : Ensemble de personnes (appelées aussi « Conseil de Fabrique ») nommées pour récolter et gérer les fonds nécessaires à la construction et l’entretien des édifices religieux et mobilier de la paroisse. Ce conseil de fabrique n’existe plus pour les églises qui appartiennent aux communes depuis la loi de séparation de l’église et de l’état de 1905 (sauf Alsace-Lorraine, et Belgique par exemple).

Fenestrelle : Petite fenêtre, petite ouverture.

Fenêtres géminées : fenêtres groupées deux par deux, sans être directement en contact.

Fonts baptismaux : Du latin fons : « source », « fontaine », « eau ». Les « fonts baptismaux » désignent le bassin où l’on bénit l’eau baptismale et au-dessus duquel on fait les trois aspersions du baptême (pendant le temps pascal, l’eau bénite à la Vigile pascale y est conservée). Quand les fonts baptismaux ne sont pas situés dans un baptistère indépendant de l’église, ils sont habituellement placés auprès de l’entrée de l’église, pour que le nouveau baptisé puisse être introduit dans « la maison de Dieu ».

Grisaille : Couleur d’un ton brun pouvant aller jusqu’au noir, employée pour donner aux vitraux de couleur le modelé et les ombres. Certaines grisailles sont des dessins géométriques et floraux sur verre blanc.

Homélie : Du grec homilia : « assemblée », « société », « entretien ». L’homé­lie est originairement une conversation familière que l’on peut avoir avec les gens de sa fréquentation. Dans la liturgie, on appelle « homélie » l’allocution faite par le célébrant au cours de la messe (ou par un autre prêtre, ou bien par un diacre). Située aussitôt après la lecture de l’évangile, son but est d’actualiser pour l’assem­blée les textes des lectures du jour et d’introduire ainsi les fidèles à la célébration proprement eucharistique. Elle doit être considérée comme une partie intégrante de la liturgie, à tel point qu’elle s’impose les dimanches et jours de fête de précepte, même aux messes conventuelles fréquentées par les fidèles, et qu’elle est vive­ment recommandée aux autres messes.

Hostie : Du latin hostia : « victime », « agneau » ; le verbe hostire veut dire « frapper ». L’hostie désigne la victime offerte en sacrifice, et qui, avant d’être présentée à Dieu, doit être frappée, immolée. Dieu ne s’est pas contenté des hosties de substitution (He 10, 5.8) : son Fils incarné s’est livré pour nous en « hostie » d’agréable odeur (Ep 5, 2) ; le sacrifice du Christ a une valeur unique et suprême, en raison de l’amour infini du Père et de nous-mêmes qu’il exprime (Jn 13, 1 ; 14, 31). De ce sens premier, le mot « hostie » est venu à désigner la victime eucharistique, telle qu’elle apparaît sur l’autel, sous les espèces du pain et du vin ; comme le pain est plus immédiatement visible que le vin contenu dans le calice, l′ « hostie » est le disque de pain azyme devenu le corps du Christ, donc la victime du sacrifice eucharistique ; par extension, on nomme encore « hostie » les pains azymes non consacrés.

Huile : Le mot latin oleum vient du grec élaion, qui désigne l’huile extraite des olives (élaia). L’huile a, de tout temps, fait luire les visages (Ps 103, 15) ; elle est symbole de joie (Ps 44, 8). Pénétrante, son onction signifie la consécration d’un être par Dieu, en vue de la royauté, du sacerdoce ou de la mission prophétique (Ex 29, 7 ; 1 S 10, 1 ; 16, 12-13) ; les objets eux-mêmes et les édifices sont consacrés par l’onction (Gn 28, 18). L’Oint par excellence est le Messie, le Christ, lui qui est le Roi, le Grand Prêtre et le Prophète. Symbole de joie et de beauté, signe de consécration, l’huile est encore l’onguent qui calme les douleurs et qui fortifie les lutteurs, les rendant plus souples et moins vulnérables. La liturgie de l’Église a privilégié trois huiles, appelées « les saintes huiles » : l’huile des malades, l’huile des catéchumènes et le saint chrême, les deux premières bénites et le troisième consacré à la messe chrismale du Jeudi saint. L’huile des malades, qui, en cas de nécessité, peut être bénite par le prêtre au moment de la célébration, est le signe sensible utilisé dans le sacrement des malades. Elle procure le soulagement de l’Esprit Saint. L’huile des catéchumènes donne la force du Saint-Esprit à ceux qui vont être baptisés et devenir les lutteurs de Dieu, à côté du Christ et contre l’esprit du mal. Cette huile peut être bénite par le prêtre avant qu’il ne l’utilise. Pour des raisons graves, l’onction d’huile des catéchumènes peut être omise au baptême. Le saint chrême est une huile parfumée, utilisée pour les onctions de consécration : après l’immersion ou l’aspersion baptismale, sur le sommet de la tête ; au moment essentiel du sacrement de la confirmation, sur le front ; après l’ordination épiscopale, sur le sommet de la tête du nouvel évêque ; après l’ordination sacerdotale, dans les paumes des mains du nouveau prêtre ; lors de la dédicace des églises et des autels, il est répandu sur les tables d’autel et sur les croix de consécration. L’onction du saint chrême symbolise, en chacun de ces cas, la descente de l’Esprit Saint qui pénètre les êtres, comme l’huile imprègne profondément ce qu’elle touche. Elle fait participer les personnes, de façons diverses, à l’onction royale, sacerdotale et prophétique du Christ. L’usage est de faire brûler de l’huile dans la lampe qui indique la présence du Saint-Sacrement au tabernacle.

Lavabo : Mot latin signifiant : « Je laverai ». Rite du lavement des mains à la messe : il se situe au terme de la préparation des dons, immédiatement avant la prière sur les offrandes. Son nom est emprunté au Psaume 25 que le prêtre récitait à partir du verset 6, tout en se lavant les mains : « Je me laverai les mains dans l’innocence et je tournerai autour de ton autel, Seigneur… » (Missel de saint Pie V). Le sens de ce geste est clair : au moment où il va offrir le sacrifice eucharistique, le prêtre demande à Dieu lui-même de le purifier : « Lave-moi de mes fautes, Seigneur, purifie-moi de mon péché ». Après la préparation des dons et surtout après l’encensement, le Lavabo n’est pas sans utilité.

Liturgie : Le mot liturgie (du grec λειτουργία / leitourgía ; « le service du peuple ») est l’ensemble des rites, cérémonies et prières dédiés au culte d’une divinité religieuse, tels qu’ils sont définis selon les règles éventuellement codifiées dans les textes sacrés ou la tradition. Pour le christianisme, il n’y a qu’une liturgie, en ce sens que toute célébration vise à nous insérer dans l’unique dessein de salut, dans l’Œuvre unique de l’Alliance, de telle sorte que l’Église, unie au Christ, entre dans la vie trinitaire en position de Fils. Cependant, la manière dont les diverses communautés ecclésiales se laissent mener, par le Fils et par l’Esprit, vers le sein du Père pour célébrer l’Alliance est liée à leurs modes d’expression et à leur génie propre. La structure de la liturgie, rencontre de Dieu et de son Peuple, est universelle, de même que sont universels les actes fondamentaux qui célèbrent l’Alliance (Eucharistie, sacrements, sacramentaux, liturgie des Heures), mais les textes, les gestes et les rites sont marqués par la culture et l’histoire des grandes familles liturgiques.
EN ORIENT, berceau du christianisme, les liturgies se divisent en deux groupes principaux, liés aux deux plus anciens patriarcats d’Antioche et d’Alexandrie :
1) GROUPE ANTIOCHIEN :
— Type syrien occidental :
– Rite syrien d’Antioche : (Jacobites, Syriens-unis, Malankares). Il utilise principalement l’ancienne anaphore de saint Jacques. Le syriaque est la langue officielle.
– Rite maronite : particulier aux communautés du Liban ratta­chées à Rome ; il est une variante du rite syrien d’Antioche, avec des éléments propres.
– Rite byzantin : liturgie de Constantinople, la ville impériale. Elle utilise surtout l’anaphore de saint Jean Chrysostome et, à certains jours, celle de saint Basile. L’hymnographie développée, le culte des icônes et la richesse théologique caractérisent cette liturgie largement répandue : Sa langue originale est le grec, mais elle est aussi célébrée en slavon, en géorgien, en arabe, etc.
– Rite arménien : marqué par les influences palestiniennes, byzan­tines et romaines, il est un des rites orientaux les plus latinisés. Sa langue est l’arménien ancien.
— Type syrien oriental : il appartient aux communautés situées en Mésopotamie, qui refusèrent les décisions des conciles d’Êphèse
et de Chalcédoine.
– Rite nestorien : de langue syriaque, il utilise les anaphores des Apôtres Addaï et Mari, de Théodore de Mopsueste et de Nestorius.
– Rite chaldéen : uni à Rome, il garde les anaphores des Nestoriens, moyennant quelques corrections.
– Rite malabar : résidu latinisé de l’expansion missionnaire nestorienne en Inde et en Extrême-Orient.
2) GROUPE ALEXANDRIN :
– Rite copte : célébré en grec à Alexandrie et en Basse-Egypte, en dialecte sahidique et bohaïrique (coptes) en Haute-Egypte. Les Coptes se servent de l’anaphore de saint Cyrille, qui est une traduc­ tion et une adaptation de l’anaphore grecque de saint Marc ; ils utilisent aussi une forme ancienne de l’anaphore de saint Basile et une anaphore dite de saint Grégoire. L’influence syrienne a été considérable en Egypte.
– Rite éthiopien : rite d’une église monophysite (ayant refusé le concile de Chalcédoine), comme la plupart des églises d’Egypte ; liturgie traduite du copte, mais qui possède une poésie originale et un recueil de dix-sept à dix-huit anaphores, dont celle d’Hippolyte — d’où vient notre Prière eucharistique 2 —, appelée « liturgie des apôtres ». La langue du rite éthiopien est le gé’ez, langue morte aujourd’hui.
EN OCCIDENT, s’est imposée la liturgie de Rome, ville impériale, comme Byzance et avant elle, et siège du pape, successeur de Pierre :
– Rite romain : très vite admis en Italie, il a gagné le Nord de l’Europe à la faveur des expéditions missionnaires ; il a surtout été imposé par l’effort unificateur de Charlemagne. Concis et harmonieux, le rite romain est latin, au moins depuis la fin du IVe siècle ; les Psaumes et les chants bibliques constituent l’essen­tiel des chants de la messe et de l’office. Le Canon romain, Prière eucharistique unique de ce rite, s’est constitué, pour l’essentiel, entre le IIIe et le Ve siècles. L’influence du livre imprimé, la réforme du concile de Trente, l’action menée par Dom Guéranger au XIXe siè­cle ont servi tour à tour l’unité du rite romain, qui n’est pas uni­formité. Les églises de Lyon et de Braga ont gardé des usages locaux, et les Dominicains, les Prémontrés, les Chartreux jouissent d’un Ordo missae particulier. Aujourd’hui, l’Ordo missae de Paul VI et la liturgie rénovée issue du deuxième concile du Vatican s’imposent aux catholiques romains, excepté quelques cas parti­culiers.
– Rite ambrosien : rite romain suivi avec liberté par saint Ambroise à Milan ; on note des influences gallicanes.
– Rite mozarabe ou wisigothique : l’Espagne est longtemps restée en dehors de l’influence romaine ; son rite était déjà constitué, pour l’essentiel, au moment des invasions barbares wisigothiques, c’est-à-dire avant l’occupation arabe. Cette liturgie n’a pas de Canon fixe, mais des pièces mobiles gravitent autour du récit de l’institution.
– Rites gallican et celtique : ils n’ont pas survécu à l’unification carolingienne ; influencés par Rome et surtout par l’Espagne, ils sont marqués par une certaine prolixité.

Laïc : Du grec laïkos : « relatif au peuple », « membre du peuple » ; le mot vient de laos : « peuple ». Le laïc est un membre du Peuple de Dieu (le mot n’existe guère en dehors du vocabulaire chrétien) ; par son baptême et sa confirmation, il peut et doit participer à la liturgie, « œuvre du Peuple » (laos-ergon).

Lutrin / Légile : Lutrin : Du latin populaire lectrinum ou lectorinum : meuble sur lequel on dépose un livre. Tandis que le légile sert aux lectures liturgiques, le lutrin supporte plutôt les livres de chant. (Pupitre) / Légile : Du latin légère : « lire ». Meuble haut sur lequel on pose les livres liturgiques dans les cérémonies ; à la différence de l’ambon qui est fixe, le légile est mobile.

Messe : Du latin missa : «action de laisser aller» , « renvoi » (de mittere : « envoyer », « renvoyer »), « congé ». La missa signifie l’acte de congédier les fidèles au terme de la liturgie eucharistique ; la for­mule Ite, missa est veut dire : « Allez, le congé vous est donné ». A la fin de la liturgie de la Parole, les catéchumènes étaient jadis renvoyés par une missa : non encore baptisés, ils n’étaient pas admis au sacrifice eucharistique et on les congédiait après l’homé­lie.A partir du IVe siècle, le mot missa vint à désigner, non le simple renvoi, mais tout l’office qui le précède : c’est ainsi que la liturgie de la Parole est devenue la « messe » des catéchumènes, et que l’ensemble de la liturgie eucharistique est devenue la « messe ». Ce dernier sens s’est imposé en Occident à partir du VIe siècle. L’appellation originelle de la célébration de la messe est : « Repas du Seigneur » (1 Co 11, 20.33), « Fraction du pain » (Ac 2, 42.46 ; 20, 7), « Eucharistie ». Les Orientaux parlent de la “Liturgie”, là où nous parlons de la « messe ». Tandis que le mot « Eucharistie » signifie surtout le mystère célébré, en sa plus grande profondeur, le mot « messe » désigne plutôt l’ensemble des rites par lesquels on le célèbre. Il n’y a qu’une Eucharistie, mais il existe de nombreuses façons de célébrer la messe, dans l’espace et dans le temps, suivant les familles liturgiques : messe romaine, messe gallicane, messe ambrosienne, messe domi­nicaine, etc. (voir Liturgies). L’Eucharistie n’est pas susceptible de changement, car son mystère est d’institution divine, mais l’Ordo missae, ou manière de célébrer la messe, est réformable.

Musique : Du grec mousikè : « relatif aux Muses », déesses qui, dans la mythologie antique, président aux arts principaux. Comme l’adjectif est venu à désigner l’art de combiner les sons, il faut croire que la « musique » est l’art par excellence. La liturgie, intégrant tout l’humain pour le donner à Dieu, ne pouvait manquer de donner une large place à l’expression musicale, si capable de donner toute leur portée aux paroles sacrées et aux sentiments qu’elles inspirent, tout en étant facteur d’unité pour l’assemblée qui chante ou qui écoute. Le deuxième concile du Vatican souligne cette place privilégiée de la musique dans la liturgie : « La tradition musicale de l’Église universelle a créé un trésor d’une valeur inestimable qui l’emporte sur les autres arts, du fait surtout que, chant sacré lié aux paroles, il fait partie nécessaire ou intégrante de la liturgie solennelle » (Constitution sur la sainte Liturgie, n° 112 ; voir les numéros sui­vants)

Nef : Du latin navis : « navire », « bateau ». Partie des églises comprises entre le portail et le sanctuaire, habituellement réservée aux fidèles qui constituent l’assemblée liturgique. Ce nom vient de ce que cette partie, souvent voûtée dans les églises anciennes, évoque la forme d’une coque de navire. A cela s’ajoute le symbolisme de l’Église, bateau gouverné par Pierre et ses successeurs, au milieu des tempêtes de ce monde.

Œuvres (d’art) : cf : Art

Œuvres paroissiales : Actions menées dans la paroisse, surtout dans le cadre du bénévolat, principalement pour les jeunes et les plus démunis.

Ondoiement : Du mot ancien « onde » (unda : « eau courante »). L’ondoiement, rite simplifié du baptême en cas de danger de mort, consiste à verser de l’eau sur la tête de la personne que l’on veut baptiser, en prononçant les paroles sacramentelles : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Voir Ablution, Aspersion, Baptême, Infusion.

Ostensoir : Objet liturgique, sur pied et souvent en forme de soleil, avec ses rayons, dans lequel est proposée à l’adoration des fidèles une hostie consacrée.

Ouvroir : Atelier de charité tenu par des religieuses où les jeunes filles venaient travailler à différents ouvrages (ex : couture)

Paroisse succursale : Une église succursale est une église érigée afin de suppléer à l’insuffisance d’une autre église paroissiale. L’attribution de ce statut débouchait sur l’érection en paroisse.

Patène : Du latin patena ou patina : « plat creux ». La patène est le vase sacré, de forme circulaire et concave, destiné à recevoir l’hostie pour la célébration de la messe. Faite en matière solide et noble, souvent en métal précieux, elle est assortie au calice. Il est recom­mandé, dans la mesure du possible, de n’user que d’une grande patène, susceptible de recevoir non seulement l’hostie du prêtre, mais aussi celle des ministres et des fidèles.

Patronage : Mouvement qui peut être laïc ou religieux, accueillant les enfants issus de milieux populaires ou défavorisés. Le patronage leur apporte une aide matérielle et/ou morale, les éduque, les forme et les place. Il accueille également les enfants durant leurs loisirs, pour leur apporter – dans un but de formation morale, physique et sociale – des activités sportives et éducatives distrayantes. Les centres aérés actuels peuvent être en partie considérés comme leurs successeurs.

Prélat : Dignitaire ecclésiastique. Ce titre est donné entre autres aux évêques et aux cardinaux.

Presbytère : Habitation du curé chez les catholiques ou du pasteur chez les protestants. Les curé sont en fait l’équivalent des anciens (« presbytres ») des premières communautés chrétiennes décrites dans les Actes des Apôtres.

Pyxide : Du mot grec puxis : « boîte », « coffret ». La pyxide ou custode est la petite boîte à couvercle où l’on conserve l’hostie consacrée, montée sur la lunule, destinée à servir à l’exposition du Saint-Sacrement. La pyxide est habituellement argentée au-dehors et dorée au-dedans.

Reliques : Du mot latin reliquiae : « ce qui reste », « restes », « ossements ». La tradition chrétienne a toujours vénéré les reliques des saints, principalement celles des martyrs ; elle les dépose, non dans une cavité préparée dans la table d’autel, mais sous cette table d’autel, en une sorte de petit sépulcre, et uniquement si l’autel est fixe. La présence des reliques dans l’autel manifeste que le sacrifice des saints — surtout des martyrs — est en lien direct avec le sacrifice du Christ, Tête de son Corps mystique.

Sacristain : Personne chargée d’entretenir une église, de la décorer, de préparer tout ce qui est nécessaire à la messe et aux autres cérémonies (objets, cierges, nappes d’autel…).

Sacristie : Pièce d’une église où est conservé tout ce qui est nécessaire à la messe (vêtements, objets sacrés, linges…).

Stalle : Ensemble des sièges de bois qui, dans le chœur d’une église, fixent commodément aux ecclésiastiques ou aux religieux leur place pour les offices liturgiques. Souvent, le siège de la stalle peut se relever ; en cette position haute, il présente un appui, appelé « miséricorde », parce que, en l’utilisant, on est tout de même censé être debout. Les rangées de stalles se font face, de chaque côté du chœur.

Succursale : Une succursale est une église créée afin de suppléer à l’insuffisance de l’église paroissiale. L’attribution de ce statut débouchait généralement sur l’érection en paroisse.

Suisse : L’origine du suisse, ce personnage à l’uniforme chamarré, remonte aux ordonnances royales de 1771, instaurant une pension de retraite pour les vieux soldats. Comme on avait oublié d’y inclure les troupes suisses engagées au service du roi, on a envoyé les suisses invalides démobilisés dans les paroisses du royaume, pour en assurer le gardiennage, la police et le service d’honneur. Après la Restauration et le licenciement des derniers régiments suisses de l’armée française, la tradition du « suisse » d’église à continué, le bicorne (porté également par les gardes champêtres) remplaçant le tricorne de l’armée suisse. Le rôle du suisse d’église consistait à veiller au bon dérouleemnt des cérémonies, à précéder le clergé lors des processions, et d’être présent – à la demande de certaines familles – lors d’un mariage.

Tabernacle : Meuble qui, dans la religion catholique, abrite les hosties consacrées. Du mot latin tabernaculum : « tente ». On sait qu’après l’Alliance du Sinaï, la « Tente de la Rencontre » ou « Tente du Rendez-vous » (l’expression revient constamment dans les livres de l’Exode, du Lévitique et des Nombres) était le lieu sacré où Yahvé et son Peuple se rencontraient en la personne de Moïse. Dans la nouvelle Alliance, la véritable Tente, celle qui n’est pas faite de main d’homme (cf. He 9, 11.24), est l’humanité assumée par le Fils de Dieu ; le texte grec de Jn 1, 14 ne porte-t-il pas : « Et le Verbe s’est fait chair et il a planté sa tente au milieu de nous » ? Les tabernacles de nos églises, ces boîtes ornées ou petites armoires verrouillées, où l’on conserve le Saint-Sacrement, sont les lieux de « campement » du Christ eucharistique au milieu de nous ; le conopée, ou grand pavillon, qui les recouvre souvent, accentue encore le symbolisme de la tente. Dans les églises d’une certaine dimension, il est recommandé de placer le tabernacle, non dans le sanctuaire lui-même, mais dans une chapelle particulièrement ornée en l’honneur du Seigneur présent dans l’Eucharistie. Le tabernacle peut être posé sur l’autel, ou encastré dans le mur de l’église. Une lampe doit manifester cette présence. Les fidèles sont invités à venir visiter le Saint-Sacrement, pour connaître la joie de Moïse dans la « Tente de la Rencontre », Moïse avec qui « Yahvé conversait face à face, comme un ami parle à son ami » (Ex 33, 11).

Te Deum  Hymne chrétienne dont le titre est le début des paroles latines « Te Deum, laudamus » (Dieu nous te louons). Cette prière peut être chantée le dimanche et certains jours de fête, mais également lors d’occasions festives comme les processions ou les victoires.

Transept : Nef transversale qui coupe la nef centrale d’une église et lui donne la forme d’une croix latine. On appelle croisée du transept la partie centrale de ce dernier.

Trilobé : Qui est divisé en 3 lobes, ou en forme de trèfle.

Vase : Du latin vas : « récipient ». On appelle « vases sacrés » les prin­cipaux récipients utilisés dans la liturgie : le calice et la patène, le ciboire, l’ostensoir, la pyxide, la custode, les ampoules ou burettes destinées à contenir les saintes huiles.

Vicaire (paroissial) : du latin « vicarius » : suppléant, remplaçant. Un vicaire est un prêtre qui assiste le curé de la paroisse.

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