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Recherches historiques de N. Toussaint

Documentation historique du Restaurateur Nicolas Toussaint (*)

L’orgue de l’église de l’Immaculée Conception a été acheté au temple protestant de Boulogne en 1925, mais l’origine de l’instrument est plus ancienne. Malheureusement, toutes les archives concernant la communauté anglicane ont disparu et il est difficile de connaître la première disposition de l’instrument.

Le buffet porte en lettres d’or l’inscription suivante :
Speechly & Ingram London D. C.
et chaque poids en fonte du réservoir est marqué du nom de ces deux facteurs d’orgues associés, Henry Speechly et Eustace Ingram.

Eustace Ingram est né en 1837, mort en 1924, il entre à l’âge de 21 ans comme harmoniste de jeu d’anches chez Henry Willis après avoir fait son apprentissage chez Snell. C’est là qu’il rencontre Henry Speechly, ancien apprenti de J.C.Bishop et compagnon de H.Willis depuis 1848. En 1860, Henry Speechly s’installe à son compte au 43 King’s Road, St Pancras, London. Les deux hommes s’associent en 1869 et se séparent le 09 Septembre 1873. Ils poursuivent séparement leurs activités. Speechly travaille avec ses deux fils, ils s’installeront en 1889 à Dalston et le fond de l’entreprise sera vendu après la mort du dernier fils à Mander Ltd. Ingram poursuit son activité seul jusqu’en 1895, il semble que ses enfants s’associent alors avec lui (Eustace junior et Arthur Essex, ce dernier s’installant à Edinburgh) en rachetant plusieurs ateliers (Hines et Holdich). La société Ingram & Co s’installe à Hereford. Elle sera vendue après 1941 à Willis & Sons Ltd. L’association Speechly et Ingram n’a duré que 4 années, l’orgue de Wimereux a donc forcément été construit durant cette courte période.

C’est une inscription sur la soupape du 1er Do du Récit qui nous donne l’année exacte de la fabrication :
1C Swell J.Webb 1870.

Plusieurs orgues de cette même période subsistent en Angleterre, ils ont servi de modèles pour conduire la restauration :
· St. Mark’s Church, Dalston, London E8. Grand orgue de trois claviers construit en 1871 (Cf. photo).
· Holy Trinity Church, Park Street, London. Deux claviers, construit en ?
· Baptist Church, Brandon, Suffolk. Un clavier, construit en 1872.

NDLR : Nos recherches ont permis aussi de retrouver d’autres orgues « Speechly & Ingram » : un en Australie : l’orgue de St Andrews Church, à Morwell. , l’autre à Bosbury : l’Orgue de la Holy Trinity Church

Le panneau de console portait une plaquette en bakélite ainsi rédigée :
Removed & reerected by Gustave INGRAM LONDON 188?
Nicolas Toussaint, facteur d’orgue, lors de ses travaux de recherche en vue de la restauration, précise qu’il n’a pas trouvé la trace de Gustave Ingram et les indications que nous trouvons par la suite dans l’orgue sont plutôt contradictoires sur la date de ces travaux. Peut-être cette plaquette a-telle été mise en place longtemps après avec quelques erreurs biographiques.

ndlr : On peut penser aussi que la plaquette initiale mentionnait « Eustace Ingram » inscrit en lettres gothiques et qu’elle ait été lue et transcrite sur une nouvelle plaquette de remplacement en « Gustave Ingram » par des yeux inhabitués à la lecture de ce type de calligraphie. Pour preuve : nos recherches portant sur les autres orgues construits ou relevés par E. Ingram montrent que leurs plaquettes, si elles sont toujours d’origine, sont en calligraphie gothique, et se lisent par des yeux non exercés : « Gustace Ingram ».

Deux inscriptions ont été retrouvées à l’intérieur de l’orgue :
Sur la barre de repos des ressorts du Récit :
“This Organ was taken down from the gallery of the church, reerected in the present position.
Rebuilded throughout including palled feld by Ingram 1891”
Sur la soupape du 1C du Grand-Orgue :
“Rehalbeted by G.Horvard Nov. 1892, Deal Kent.”
On peut penser que l’orgue se trouvait sur la tribune puis fut déplacé et restauré en 1891/92 , vraisemblablement toujours dans le temple de Boulogne (et peu vraisemblablement à partir d’un autre édifice).

Une fois l’orgue en place à Wimereux, Jean Decroix le restaure en 1937. En 1944, une bombe tombée sur le coté gauche de l’église crible la façade et la tuyauterie du clavier de Grand-Orgue. Des travaux de sauvetage sont entrepris, avec des moyens de fortune après la guerre, l’instrument sera ensuite entretenu de façon sporadique puis s’éteindra peu à peu.

Devant l’intérêt de cet instrument, seul orgue anglais conservé dans son intégrité au nord de la
France, la partie instrumentale est classée Monument Historique le 26/12/87.

En 1991, les facteurs d’orgues Millot et Jaccard sont attributaires du marché de restauration de l’orgue. Après le démontage de l’orgue et un début de travaux, la société fait faillite, l’instrument est alors un amoncellement de pièces éparses. Un nouveau marché attribue la restauration à Nicolas Toussaint qui mènera le chantier à bien en 1997.

(* : source : Document de restauration fournis par le facteur Olivier Toussaint, disponibles sur son site : http://orguent.fr/)

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