Henry Lhotellier

Henry Lhotellier

Né le 13 décembre 1908 à Calais, Henry Lhotellier est un maître verrier et peintre français. Il a réalisé dans l’église de l’Immaculée Conception de Wimereux en 1958, tous les vitraux de la 1ère moitié de l’église, celle partant de l’entrée (narthex) jusqu’à la hauteur de la sacristie, avec le vitrail de « l’Annonciation » au dessus du linteau dans le tympan, le vitrail de Bernadette dans la chapelle Notre-Dame de Lourdes et la série de vitraux abstraits des deux bas-côtés

Situées après l’avancée des principales avant-garde des années 1910-1920, et à la suite du repli imposé par le retour à l’ordre, mais avant le début de la crise, les années trente constituent une période charnière. Une génération, qui n’a pas directement participé à la 1ère guerre mondiale, arrive à maturité. Henry Lhotellier a alors 22 ans et poursuit ses étude à Lille. Auparavant il s’était rendu plusieurs fois à Paris, y avait visité des galeries, avait vu l’Exposition des Arts Décoratifs de 1925, où il se souvient avoir été impressionné par le pavillon de l’Esprit Nouveau, par les collages de Picasso exposés à la galerie Bernheim et aussi par les films d’avant-garde projetés à cette occasion.

Il reçoit donc une formation juridique tout en suivant des cours d’arts plastiques et d’histoire de l’art à Lille. C’est dans cette ville qu’il rencontre des artistes comme Félix Del Marle et des membres du « Groupe Vouloir » dont Marcel Lempereur-Haut. Il marque un très net intérêt pour l‘abstraction et les mouvements De Stijl, le constructivisme et le Bauhaus.

En 1930, Del Marle a abandonné toute recherche dans le domaine de l’abstraction et du néoplasticisme, et se tourne vers une figuration expressionniste. Avec Henry Lhotellier ce sont des œuvres figuratives qu’il expose au « Salon de la mer », à la galerie Montsallut, en compagnie des artistes belges Constant Permeke, Van den Berghe, Pierre Tal-Coat et Jean Laboureur. Après s’être converti au catholicisme, Del Marle fait plusieurs séjours à l’abbaye de Wisques, fasciné par la vie monastique. De 1930 à 1939, il aborde la peinture religieuse.

Henry Lhotellier lui rend de fréquentes visites à Pont-sur-Sambre (Nord) ou à Wimereux. En 1931, il travaille avec lui à une fresque commémorative des Morts de la guerre pour l’église Saint-Vincent-de-Paul de Boulogne-sur-Mer. (Cette fresque a été détruite en 1940. H. Lhotellier en conserva quelques photographies prises durant et après l’exécution de l’oeuvre. Il en rédigera l’éloge dans le « Revue de la Passion », juin 1934, n°10). Del Marle exerça dès lors sur lui une influence déterminante.

A la fin de l’année 1932, licencié en droit, Henry Lhotellier quitte Lille pour Nancy où il effectue son service national. De retour à Calais, malgré l’expérience acquise en matière de création, il ne se destine pas pour autant à une carrière d’artiste mais trouve un emploi de clerc de notaire. Il n’abandonne pas la peinture à laquelle il consacre ses loisirs.

En contact avec des artistes belges, dont des artistes de l’École de Laethem-Saint-Martin, il se consacre également à la photographie. Après une expérience de peintre et de graveur, le conduisant à exposer aux côtés de Gromaire, Permerke ou De Smet, il quitte la carrière juridique pour s’établir à Boulogne-sur-mer où il commence une activité de verrier dès 1935.

Outre des raisons matérielles, et dans le climat de ces années d’avant-guerre, c’est peut-être un certain idéalisme social qui a poussé le jeune Henry Lhotellier à tenter l’intégration de l’oeuvre à un contexte, en préférant, dès 1935, le vitrail au tableau. C’est donc en 1935, encouragé par Del Marle, qu’il crée avec lui, et avec les moines de l’abbaye de Wisques, une association, « La Nef », présidée par Monseigneur Dutoit. « La Nef », dont Henry Lhotellier est secrétaire, se propose de renouveler et développer l’art sacré, de le promouvoir sous ses différentes formes. C’est par l’intermédiaire de cette association que celui-ci réalise à partir de 1935 ses premiers vitraux importants, pour l’église de Quercamps.

En 1937 et 1938, pour l’église Sainte-Ide à Saint-Martin-Boulogne, construite par l’architecte Drobecq, il conçoit deux hautes baies étroites de chaque côté du grand vitrail du chevet, figurant saint Pierre à gauche et saint Paul à droite. Cette construction nouvelle avait été considérée comme le manifeste de l’association. La vaste nef est éclairée par de belles verrières. Henry Lhotellier réalise aussi un médaillon au dessus de la porte d’entrée représentant la Vierge et l’Enfant.

Cependant, les vitraux religieux qu’il réalise de 1935 à 1939 sont pour la plupart des œuvres exécutées dans des délais brefs, selon des critères stricts, des programmes précis, établis par les instances ecclésiales soucieuses de maintenir une tradition iconographique. A l’exception de Sainte-Ide, il a dû se plier le plus souvent aux exigences des commanditaires, ne risquant pas de déranger un public peu ouvert aux innovations.

Il en va souvent de même pour les travaux entrepris dans le domaine civils où ses vitraux ont un intérêt décoratif ; on retiendra surtout qu’il donne des vitraux pour le pavillon de l’Artois de l’Exposition Internationale de Paris en 1937 et pour celui du Pas-de-Calais de l‘Exposition du Progrès Social de Roubaix en 1939, construits par l’architecte Drobecq. Avec le second pavillon, il trouve l’occasion de créer ses premiers vitraux abstraits importants, insérés dans une frise faisant le tour du bâtiment, et n’ayant pas qu’un simple rôle décoratif, mais un intérêt pour elle-même.

Dans ce pavillon du Pas-de-Calais, conçu pour représenter une colonie de vacances à la mer, l’auteur s’est inspiré de l’architecture des stations balnéaires, dont les villas expriment souvent d’heureuses tentatives de rajeunissement de nos styles régionaux. Il s’agit d’un compromis entre la maison flamande et la maison picarde : bâtiment bien coiffé dont les volumes sobres et logiques, sans détails inutiles ni désuets, offrent aux visiteurs un aspect franc, familier que la couleur égaie sans outrance.  Les matériaux sont essentiellement régionaux : tuiles vernissées vertes, murs enduits de ciment à surfaces rugueuses avec quelques pierres du boulonnais, pour en souligner quelques points de construction d’une tonalité rose terre cuite pour les murs et verte pour les bois. L’exposition comprend trois parties : au rez-de-chaussée la halle aux poissons avec un fond décoré par l’artiste boulonnais Brygoo et un hall d’exposition où la qualité remplace la quantité et où se trouvent groupées les industries du département : agriculture et dérivés, dentelles, mines, lingerie, faïencerie, marbrerie, tourisme. Plafond et murs sont décorés par l’artiste Del Marle de Wimereux, les vitraux sont de Lhotellier de Boulogne. Enfin au-dessus de la halle aux poissons on trouvera des œuvres de nos peintres du Pas-de-Calais et quelques toiles du Musée d’Arras.

En 1939, alors que la deuxième guerre mondiale éclate, l’artiste, mobilisé, est contraint d’arrêter toute activité. Démobilisé en septembre 1940, il s’installe à Paris. Il est employé peu de temps auprès du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme en tant que dessinateur de projet. Il est délégué de ce ministère à l’Agence Française de Normalisation (AFNOR), travaillant avec les architectes Auguste Perret, Jean Fayeton, Pierre Drobecq, Jean-Charles Moreux, sur différents projets de reconstruction et d’aménagement. De par son travail, il entrevoit les diverses possibilités de réelles collaborations entre artistes plasticiens et architectes dans l’élaboration de projets concertés. Mais il constate vite que l’esprit qui prévaut au ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisation n’est pas encore tout à fait mûr pour accepter l’avant-garde ; il y rencontre plutôt « l’esprit des Beaux-Arts ».

Sa mobilisation puis sa démobilisation, et enfin son installation à Paris après la destruction de Calais l’amène, comme beaucoup d’autres artistes de sa génération, à aspirer à un « renouveau, à un besoin d’air, de libération », avec un « éclatement des possibilités nouvelles ».

C’est l’occasion pour lui de participer à l’ébullition artistique de cette période d’après-guerre : il s’engage en faveur de l’art abstrait. A la recherche d’une autre activité, il rencontre à Paris les maîtres verriers Louis Barillet, Jacques Grüber et Jamiaud. En 1945, il participe au « Salon de l’Art Libre » et à celui « des Surindépendants ».

A son retour à Boulogne-sur-Mer en 1945, Henry Lhotellier est sollicité pour les nombreux chantiers de reconstructions. La majorité des vitraux auxquels il travaille concerne, en effet, les chantiers de dommages de guerre. C’est à l’artisan maître verrier que l’on fait appel. Les travaux qu’il entreprend ne laissent pas de place à une véritable création.

Il participe entre 1947 et 1956 au Salon des Réalités Nouvelles, à l’initiative de Fredo Sidès, où il rencontre Auguste Herbin. Cette rencontre fut pour lui un choc, la « révélation de la vérité, de la libération (celle des formes et de la couleur) et de la possibilité de construire » (commentaire oral repris dans le catalogue « Réalités Nouvelles 1946-1956, Anthologie, Henry Lhotellier, Calais, 1980 »). Il fonde en 1951 avec Del Marle et André Bloc le « Groupe Espace » qui milite pour l’introduction de l’art abstrait dans l’architecture.

A partir des années 1950 il se consacre pleinement au vitrail. Ses productions depuis le géométrique des années 40, gagnent ensuite en spontanéité. Mêlant son expérience de plasticien à celle des maître verrier, il a beaucoup contribué à donner une dimension artistique au vitrail en l’inscrivant dans la création contemporaine civile et sacrée. De nombreux édifices de l’Est et du Nord de la France, particulièrement dans le Boulonnais, sont ornés de ses vitraux.

Dès 1951, les commanditaires, et c’est là un fait nouveau, font de plus en plus appel aux artistes pour l’élaboration de programmes d’envergure. Par ce moyen, ils répondent à deux volontés : celle de choisir pour les églises des programmes décoratifs élevés au rang d’oeuvre d’art, garantissant à la fois qualité et permanence, et, d’autre part, celle de proposer aux fidèles une oeuvre capable de donner au lieu son climat et sa spiritualité. C’est bien dans cet esprit qu’Henry Lhotellier élabore, dans le domaine religieux, une oeuvre offerte au public, avec une constante exigence de hauteur et de qualité.

En 1951, il réalise pour le petit séminaire de Saint-Martin-Boulogne, rue Maquetra, ses premiers vitraux qui rentrent dans le cadre de ce renouveau de l’art sacré. Ce sont 19 fenêtres aménagées dans un bâtiment neuf venant fermer la cour de l’institution. Elles éclairent un parloir et une petite chapelle. Seul un thème directeur est précisé par le commanditaire : les vitraux doivent être inspirés par les vertus cardinales, les vertus théologales, et les dons du Saint-Esprit. C’est ainsi qu’Henry Lhotellier réalise 19 vitraux abstraits, chacun d’entre eux étant une oeuvre en soi, indépendant de l’autre. La chapelle du petit séminaire a été détruite en 2014 après avoir été fort abîmée par un incendie.

Après la mort de Del Marle en 1952, il continue cependant, à Boulogne-sur-Mer, à défendre l’art abstrait. Il crée en 1953, avec Jules Paublan (conservateur du musée des Beaux-Arts de Calais), Albert Pierru, Warb et Lucy Del Marle, le Groupe Sextant.

Henry Lhotellier met en place en 1952 les cinq vitraux de la Chapelle du Saint Sang.

En 1955, il réalise les vitraux de la façade de l’église Saint-François-de-Sales à Boulogne-sur-Mer. L’année suivante, ceux de la petite église de Conteville. Pour cette petite église rurale du XVIIe siècle, aux volumes simples, il conçoit des vitraux très colorés.

En 1954, l’architecte boulonnais Yves Laloy fait appel à lui pour les vitraux de l’église du Portel. Ce chantier est le point de départ d’une collaboration qui l’amènera, à partir de 1957, à participer, avec ce même architecte, à deux autres chantiers de reconstruction : l‘église Saint-Vincent-de-Paul à Boulogne-sur-Mer, et celle de Sainte-Thérèse de l’Ave Maria au Portel.

Pour l’église du Portel, il prévoit l’ensemble des vitraux au vu des plans de l’édifice. Il réalise les vitraux des claustra totale de la façade. Les claustra, déjà utilisées par Le Corbusier à la chapelle de Ronchamps, laissent passer dans l’église des faisceaux de lumière colorée. L’édifice sombre n’est ainsi éclairé que par les rayons lumineux provenant des vitraux. Le rôle du maître verrier est ici essentiel : il anime l’espace et lui donne son caractère spirituel.

Les vitraux de Saint-Vincent-de-Paul, réalisés au cours de la reconstruction dans le quartier Montplaisir de Boulogne-sur-Mer de 1957 à 1959, constituent pour lui, à cette date, les plus importants en surface. En 1957, il pose les vitraux de la porte d’entrée de la chapelle de Semaine ; en 1958 et 1959, ceux des deux grandes verrières triangulaires de la façade et du chœur, qui par leur conception et leurs dimensions, apparaissent comme de véritables murs occupant la totalité de la surface des pignons. Depuis 2015, cette église est inscrite au titre des monuments historiques. Avec elle, l’État reconnaît le renouveau de l’art sacré dans la seconde moitié du XXè siècle, avec cet ensemble de vitraux remarquables réalisés par le boulonnais Henry Lhotellier. Elle était déjà labellisée Patrimoine du XXe siècle depuis 2009. Elle offre un bel appareillage de béton et de pierres, notamment une grande claustra surmontée de vitraux à motifs triangulaires. L’esthétique est assez dépouillée. La grande nef est aujourd’hui désaffectée. Seule une chapelle latérale accueille encore un office une semaine sur deux.

Durant les mêmes années, il travaille à l’église Sainte-Thérèse de l’Ave Maria au Portel. Dans un petit espace, dans une architecture qui se contente d’abriter, sans élément indiquant la fonction liturgique de l’édifice, comme c’est le cas dans de nombreuses églises de quartiers ouvriers, Henry Lhotellier tient compte de l’état des lieux et crée des vitraux qui ont pour but, non seulement d’apporter un décor, mais d’animer l’espace en modulant la lumière. Le chœur est ainsi éclairé par une vaste verrière abstraite. Dans la partie réservée aux fidèles, il pose deux frises continues (sur le modèle des vitraux de Fernand Léger à Audincourt), en haut des murs, de chaque côté. Enfin, la porte d’entrée reçoit un vitrail abstrait à dominante rouge, conçu comme une oeuvre plastique à part entière.

En 1958, pour les vitraux de l’église de l’Immaculée-Conception de Wimereux, comme dans chaque chantier, Henry Lhotellier cherche à atteindre un savoir-faire, mais aussi un style propre, mûri et réfléchi, en rapport avec sa démarche en matière de création plastique. Il est conscient de mettre son art au service d’une architecture, en liaison étroite avec l’esprit du lieu. Sa réalisation à Wimereux témoigne, comme dans les chantiers ultérieurs, de cette maîtrise et de cette constante élévation d’esprit. Le R.P. Delpierre sollicita aussi ses services pour la réalisation de la verrière du chevet de la Chapelle des Marins de Boulogne, en 1974, chapelle dont ce prêtre avait dessiné les plans de restauration la même année.

Vous pouvez retrouver le chapitre sur l’histoire de l’église de Wimereux en rapport avec l’installation des vitraux d’Henry Lhotellier en cliquant sur l’icône suivante :

Cliquer sur les vignettes ci-dessous pour les visualiser dans leurs tailles et formats d’origine :

On citera dans cet état d’esprit les vitraux qu’il réalisa pour la chapelle de l’école Godefroy de Bouillon rue Nationale à Boulogne-sur-Mer (1960), les vitraux de la porte d’entrée et du passage couvert de l’Hôpital Saint Louis de Boulogne-sur-Mer (1961), des églises de Pihen-lès-Guines (1959), de Oye-Plage (1960), de Saint-Pierre de Calais (1962), de Trépied (1964), ainsi que les Chapelle de sœurs de la Miséricorde à Calais (1968), des dominicaines de Saint-Nicolas-lès-Arras (1968), des dominicaines en haut de la rue de Wicardenne à Saint-Martin-Boulogne (1970) , ou de l’église de Saint-Martin-Boulogne (1973), ou encore les vitraux de la chapelle du Calvaire des Marins (1974), les vitraux de la chapelle de la résidence Georges Honoré à Saint-Léonard. De 1964 à 1967 il restaure les vitraux de la cathédrale Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer. Henry Lhotellier a réalisé des vitraux chez des particuliers dans le Nord et l’Est de la France.

Il aura vécu à Boulogne sur mer de 1936 à 1962. C’est dans son atelier situé derrière son habitation rue Porte Gayole qu’il a conçu et réalisé une part importante de son œuvre de maître-verrier.

Il faut noter de la part d’Henry Lhotellier la même exigence de qualité pour les vitraux qu’il réalise d’après les cartons d’artistes avec lesquels il collabore. Après les premières expériences du Salon des Réalités Nouvelles, il excécute en 1957, d’après une oeuvre de Herbin, un vaste vitrail pour un groupe scolaire du Cateau-Cambraisis. En 1959, il réalise avec Eugène Leroy l’ensemble des vitraux de l’église Notre-Dames-des-Flots à Malo-lès-Bains. Ses dernier chantiers importants, l’église Saint-Eloi (1979) à Dunkerque, et la cathédrale de Cambrai (1982), sous l’autorité des architectes de la Caisse de Monuments Historiques, ont été également l’occasion d’une collaboration avec Arthur Van Ecke.

Henry Lhotellier considère que le vitrail est un élément constitutif de l’architecture d’un édifice. Le vitrail a pour raison d’être de « faire chanter la lumière extérieure en la modulant » mais encore faut-il que ce soit en harmonie avec les formes architecturales, avec la nature des matériaux apparents enfin avec la destination du lieu que les vitraux éclairent.

À partir des années 1970, il s’adonne également aux collages et papiers déchirés. Ses papiers déchirés sont encrés puis collés en longues bandes : ce travail sur les superpositions et les opposition franches de couleurs a des échos jusque dans sa peinture.

Henry Lhotellier a créé une œuvre protéiforme. Il est resté un artiste discret. Notons que son action continue dans le monde associatif et culturel en fait un fervent défenseur de la diffusion des arts.

Il est certainement celui qui a le mieux connu Alfred Georges Regner, l’homme et le peintre, dont il était l’alter ego, et fut aussi un grand ami d’Herbin. Lhotellier et Regner se sont connus au cours de leurs études en 1925 lors de la Création de l’atelier Saint Luc.
« Première rencontre au cours de laquelle nous avons découvert que nos préoccupations étaient les mêmes ; nous étions tous deux attirés par l’ésotérisme, par ‘l’envers des apparences’ et, à la bibliothèque municipale, nous lisions l’un et l’autre Saint-Yves d’Alveydre, Papus et Stanislas de Gaïta dont nous consultions son dictionnaire de la Magie, revêtu d’un ex-libris autographe. Ce fut-là le départ de soixante-deux années de merveilleuse amitié et d’une quête commune. » Lhotellier, Bononia, n°16.

Il existe une correspondance très riche entre les deux hommes qui permet de comprendre toutes les relations qu’ils avaient dans le milieu de l’art et surtout montre que malgré la distance et l’époque, ils étaient très au courant et très réactifs à ce qui pouvait se passer ailleurs.

En 1970, Regner en compagnie d’Henry Lhotellier créa le Salon de la Gravure à Bayeux. Henry Lhotellier a écrit plusieurs articles sur Regner, dont un premier texte en 1990, écrit sous la forme d’une lettre adressée au peintre décédé, où il revient sur les points clés du cheminement du jeune élève, de l’apprenti artiste et du peintre (Lhotellier, « A-G Regner, Peintre Graveur», in Bononia n° 16, pp. 37- 41, 1990). Puis un second texte développant le précédant se voulant « plus scientifique » (Lhotellier, « Alfred-Georges Regner, Peintre et Graveur » in Bononia n° 18, pp. 6-43, 1991).

Un prix de gravure, le prix Regner-Lhotellier, a été créé en l’honneur des deux artistes. En 1992-1993, une rétrospective de son œuvre gravée a été exposé au Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle de Calais et au Musée de Gravelines. Un catalogue raisonné de son œuvre gravée a été édité à cette occasion.

Henri Lhotellier fut premier Président et Fondateur de l’Association des Amis des Musées de Calais en 1975.

Il a fallu attendre l’étude menée par François Descamps, sous la direction de Marcel-André Stalter, professeur à l’Université de Lille III, pour avoir une meilleure connaissance de l’ensemble de sa production, de ses années de formation à Calais, puis à Lille, où il a découvert l’expressionnisme et la modernité, à sa période boulonnaise pendant laquelle il s’est surtout adonné au vitrail, enfin de sa période parisienne, 1948-1956, au cours de la quelle il a gravité autour du Salon des Réalités Nouvelles et du Groupe Espace. Par la suite, il a résidé à Boulogne-sur-Mer, puis à Calais, où il a continué et poursuivit ses recherches, explorant et proposant de nouvelles voies à sa peinture.

Il est décédé à Lille en 1993.

Sources :

  • « Henry Lhotellier : Rétrospective et Catalogue raisonné de l’oeuvre gravée 1992-1993 » (document édité par le musée des Beaux-Arts de Calais, le musée du dessin et de l’estampe originale de Gravelines, et par le Château-musée de Boulogne-sur-mer, pour les expositions thématiques sur ces 3 sites d’octobre 1992 à décembre 1993)
  • Bulletin de l’Association des Amis des Musées et de la Bibliothèque de Boulogne-sur-mer : « Bononia » :
    • n°5 : article : « L’art du vitrail. Les vitraux d’Henry Lhotellier à Boulogne sur mer et dans le boulonnais (Stéphane Cyffers) » (1984)
    • n°16 (1889), n°17 (1990) & 18 (1991)
  • Blog « les Amis du patrimoine saint-martinois » : « Henry Lhotellier » du 13 février 2009 (repris dans un article paru sur la page Facebook du Cercle Historique Wimille-Wimereux du 31 juillet 2016)

 

 

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