MENUMENU

Vitraux

Les Vitraux

Lors de la libération de Wimereux, la plupart des vitraux avaient été détruits. Seuls quelques-uns subsistaient, comme ceux du chœur. Pour remplacer les verrières manquantes, trois maîtres verriers furent contactés en 1957  : Henry Lhotellier, Maurice Rocher et Jacques le Chevallier. Finalement le Père Delpierre n’en retiendra que deux : le boulonnais Henry Lhotellier, qui propose un devis de 1 923 429 Frs pour le remplacement de l’ensemble des vitraux, et Maurice Rocher dont l’atelier se trouve à Versailles, et qui présente également des devis se montant à 589 123 Frs pour les cinq baies du chœur et 574 359 Frs pour les six fenêtres du transept. Dans ce devis est précisé que les maquettes doivent être fournies aux ateliers Degusseau à Orléans pour la mise en oeuvre.

Qui sont Henry Lhotellier et Maurice Rocher ?

Henry Lhotellier (1908-1993) est né à Calais. Il suit une formation juridique puis d’histoire de l’art et d’arts plastiques à Lille. Il quitte sa carrière juridique en 1935 pour se consacrer à l’art du vitrail et s’installe à Boulogne-sur-Mer. Il réalise ses premiers vitraux dans l’église Sainte-Ide d’Ostrohove. En 1952, il en réalise 5 pour la chapelle du Saint-Sang à Boulogne. Son oeuvre dans le boulonnais est importante. On peut citer : à Boulogne-sur-Mer, le petit séminaire en 1954, l’église de Le Portel en 1955, des vitraux pour l’hôpital Saint-Louis ainsi que ceux de la chapelle de l’école Godefroy-de-Bouillon en 1961, pour la chapelle des Dominicaines en 1970 et pour la chapelle du calvaire des marins en 1974. Il réalise également de nombreux travaux pour des demeures privées.

Maurice Rocher (1918-1995) est formé aux Ateliers d’Art Sacré auprès de Maurice Denis et Georges Devallières. Il réalise des fresques dans une première partie de sa carrière, puis à partir de 1947 se consacre au vitrail. Il collabore avec Paul Bony, et à partir de 1950 avec l’atelier de Jacques Degusseau à Orléans. Après la seconde guerre mondiale, il réalise de très nombreux vitraux dans les églises détruites de Normandie. Dans le Nord-Pas-de-Calais, un triptyque pour la chapelle des Augustines du Précieux Sang à Arras. Il commence une véritable carrière de peintre après 1970, même si auparavant il n’a jamais délaissé la toile.

Henry Lhotellier n’est pas un inconnu pour le Père Delpierre : il fait partie de l’association « La Nef« . Le Père désire confier à lui seul la réalisation de l’ensemble des vitraux. Il exprime son souhait au maire dans un courrier daté du 10 avril 1957, et insiste également auprès de l’architecte Paul Merlin afin qu’il penche vers ce choix. Finalement, Maurice Rocher se voit attribuer la réalisation des verrières du chœur et du transept. Henry Lhotellier est chargé, quant à lui, du remplacement des 9 verrières des bas-côtés, du vitrail de la chapelle Notre-Dame de Lourdes, de la réalisation de la rosace, d’un vitrail pour le tympan évidé du portail, d’un vitrail en bas de l’escalier du clocher, ainsi que de 9 verres colorés, enchâssés dans la menuiserie du portail d’entrée.

De nombreux courriers seront échangés entre le vitraillistes et le Père. Pour les verrières du chœur, Maurice Rocher, dans un courrier du 11 décembre 1957, propose pour le vitrail central, une « Vierge glorieuse » avec, en-dessous, la Dormition. De part et d’autre, 8 scènes de la vie de Marie : à gauche : « Annonciation », « Visitation », « Nativité », « Fuite en Egypte » ; à droite : « Présentation au Temple », « Jésus rencontre sa mère », « Crucifixion », « Piéta ». Maurice Rocher termine sa lettre en demandant au Père son opinion. On sait aujourd’hui que ces propositions seront acceptées.

Afin d’installer les nouveaux vitraux du chœur, les anciens (épargnés par les bombardements) sont déposés, restaurés par les ateliers Degusseau, et mis en mesure afin d’être placés dans les fenêtres du clocher, de la façade et de la fenêtre aveugle qui se trouve au dos de la chapelle Notre-Dame de Lourdes. Ces travaux seront exécutés pour la somme de 160 000 Frs.

Localisation et visualisation des vitraux sur le plan

MODE D’EMPLOI :

Glisser le pointeur sur les spots clignotants des différents vitraux pour accéder à l’info et cliquer lorsque vous avez la main au centre du spot pour obtenir l’image correspondant à chacun d’eux.

La première moitié de l’église (les 2 bas-côtés et la façade ouest) nous montre des vitraux d’Henry Lhotellier : sur les bas-côtés, il s’agit de verrières d’art abstrait, tandis que la façade ouest recèle des vitraux figuratifs : l’Annonciation faite à Marie par l’Ange Gabriel, et le vitrail de Sainte Bernadette Soubirous, donnant, comme il se doit, dans la chapelle de la grotte de Lourdes. Seul un vitrail de Henry Lhotellier n’est pas présenté car mal visualisable puisqu’il n’est pas ouvert à la lumière naturelle : il est placé après la porte donnant sur la sacristie ; une pièce intermédiaire a été construite derrière ce vitrail.

La deuxième moitié de l’église, correspondant à l’extension de 1905, recèle les vitraux de Maurice Rocher : il s’agit des 2 chapelles latérales : chapelle Nord (ou chapelle Saint-Joseph) et chapelle Sud (ou chapelle Notre-Dame), ainsi que des vitraux du choeur (hormis les vitraux aux deux extrémités de l’arc de l’abside, qui sont des anciens vitraux venant de la restauration immédiatement après-guerre par l’abbé Cocart). Dans les chapelles, on peut admirer différents vitraux de saints : Saint-Benoit avec Sainte-Scholastique, le Sacré-Coeur avec Sainte Marguerite-Marie Alacoque, Saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars, et la confession (pour la chapelle Notre-Dame), et Saint-Jacques et les pèlerinages, Saint-Pie X et la communion étendue aux enfants, et l’Archange Saint-Michel et la pesée des âmes (psychostasie) au Jugement Dernier (pour la chapelle Saint-Joseph). Enfin, dans le choeur, au centre, la Dormition surmontée de la Vierge Couronnée évoquant l’Immaculée Conception, encadrée à droite et à gauche de scènes de la vie de Marie avec son fils, à gauche : lors de l’arrivée de Jésus en ce monde (« Annonciation », « Visitation », « Nativité », « Fuite en Egypte »), et à droite : Jésus qui se donne au monde (« Présentation au Temple », « Jésus rencontre sa mère sur le chemin de croix », « Crucifixion », « Piéta »)

 

 

Les vitraux abstraits de Henry Lhotellier :

Les vitraux figuratifs de Henry Lhotellier :

Les claustra de Henry Lhotellier

Les vitraux de Maurice Rocher :

Chapelle Notre-Dame :

Vitrail Saint Jean-Marie Vianney :  Né le 8 mai 1786 à Dardilly près de Lyon, Jean-Marie Vianney a été curé de la paroisse d’Ars (alors Ars-en-Dombes, aujourd’hui Ars-sur-Formans) pendant 41 ans. A son arrivée à Ars en 1818, l’école se fait dans une seule pièce où sont ensemble garçons et filles. L’enseignement est médiocre. Il est soucieux de l’instruction morale et religieuse des enfants. Il achète une maison et ouvre une école de filles sous le nom de « Maison de la Providence ». Ecole gratuite également ouverte aux enfants des paroisses voisines. En 1827, la paroisse d’Ars est convertie : De nombreux pécheurs sont revenus à Dieu et la pratique religieuse est devenue plus régulière.
Il meurt à Ars le 4 août 1859.
En-dessous de la représentation du Saint : scène (aujourd’hui vandalisée), représentant 2 personnes en train de se confesser. Rappel que très rapidement, la réputation de confesseur du curé d’Ars lui attire de nombreux pèlerins venant chercher auprès de lui le pardon de Dieu et la paix du cœur.
Vitrail du Sacré-Cœur : La solennité du Sacré-Cœur a été instituée par le pape Clément XIII en 1765 et étendue à toute l’Église catholique romaine par le pape Pie IX en 1856.
La dévotion au Sacré-Cœur, particulièrement présente au sein de l’Eglise catholique romaine, est une dévotion au Cœur de Jésus-Christ, en tant que symbole de l’amour divin par lequel le fils de Dieu a pris la nature humaine et a donné sa vie pour les hommes.
En-dessous de la représentation du Sacré-Cœur : Scène représentant l’apparition du Christ, entre 1673 et 1675, à Sainte Marguerite-Marie Alacoque, religieuse visitandine du couvent de Paray-le-Monial.
Vitrail Saint-Benoît : Benoît de Nursie est né vers 480 ou 490 à Nursie en Ombrie (Italie). Ses parents lui ont donné le prénom chrétien de Benoît qui signifie bénédiction. Il est le fondateur de l’ordre des Bénédictins.
Il établit une règle pour guider ses disciples dans la vie monastique communautaire. Elle gouverne en détail la vie monastique (modalités liturgiques, de travail, détente…)
Considéré comme le patriarche des moines d’Occident, il a eu, grâce à sa règle, un impact majeur sur le monachisme occidental et même sur la civilisation européenne médiévale. Il est souvent représenté avec l’habit bénédictin (coule noire), une crosse d’abbé, ainsi qu’un livre.
En-dessous de la représentation de Saint Benoît : Scène représentant Benoît et sa sœur, Sainte Scholastique. La tradition la décrit comme sa sœur jumelle. Elle est  la fondatrice d’un ordre monastique féminin qui adopte la règle de Saint Benoît.

Chapelle Saint-Joseph :

Vitrail Saint Jacques : Jacques le Majeur ou Jacques de Zébédé est l’un des douze apôtres de Jésus. Nommé « Jacques, fils de Zébédée » dans le Nouveau Testament, il est le frère de l’apôtre Jean. Tous deux sont des pêcheurs du lac de Tibériade.
Au-dessus, une coquille : Objet marquant le pèlerinage accompli, la coquille correspond à des symboles utilisés dès la Préhistoire et l’Antiquité : coquille dans les tombes (symbole de renaissance, de résurrection), talisman, coquille évoquant les eaux où elle se forme, symbole de la fécondité propre à l’eau, symbole d’amour (telle Vénus sortie de sa coquille, légende peut-être issue des coquilles perlières) et de bonne chance, symbole de purification spirituelle (d’où la cuve de fonts baptismaux en forme de coquille).
En-dessous de la représentation de Saint Benoît : Scène représentant des pèlerins montant à Compostelle. Le but de ce pèlerinage est d’atteindre le tombeau attribué à l’apôtre saint Jacques, situé dans la  crypte de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (Espagne). C’est un « Chemin semé de nombreuses démonstrations de ferveur, de pénitence, d’hospitalité, d’art et de culture, qui nous parle de manière éloquente des racines spirituelles du Vieux Continent ».
Vitrail Saint Pie X : Enfant de la terre, né dans une humble famille de Vénétie, Joseph Sarto est le symbole de la simplicité et de la fermeté dogmatique suivant sa doctrine : « Tout rénover dans le Christ ». Curé, puis évêque de Mantoue, patriarche de Venise, il est élu pape en 1903. On retiendra de lui le renouvellement de la liturgie et de la catéchèse et la béatification du Curé d’Ars qui lui permet de rappeler le rôle pastoral du clergé.
Il sera canonisé par Pie XII en 1954.
En-dessous de la représentation de Saint Pie X : Scène représentant des fidèles, agenouillés et en train de communier. Elle rappelle que le pape Pie X a insisté sur l’importance de la communion fréquente à laquelle il appelle désormais les petits enfants, bouleversant ainsi plusieurs siècles marqués par le jansénisme et le rigorisme sacramentaire.
Vitrail Saint Michel : Michel (ce qui signifie en hébreu « qui est comme Dieu ») est un des trois archanges, avec Raphaël (« Dieu guérit ») et Gabriel (« Dieu est fort »).
Présenté comme l’ange protecteur du peuple d’Israël, Saint Michel est reconnu dans les trois religions monothéistes. Il apparaît dans le livre de Daniel (Dn 10, 13-21 ; 12, 1) et surtout dans l’Apocalypse de Jean qui le met en scène dans son combat contre le démon (Ap 12, 7-12).
Chef de la milice céleste, Michel est représenté, brandissant lance ou épée, et terrassant Satan ou le démon qui gît à ses pieds. Un épisode qui symbolise la victoire de l’humilité sur l’orgueil, du bien sur le mal.
En-dessous de la représentation de Saint Michel : Scène rappelant que Dieu et Gabriel ont révélé en Daniel 12:1 à ce dernier une vision de la fin des temps où l’archange Michel se lèvera afin de relever les morts, certains pour une résurrection de vie (paradis) et d’autres pour une résurrection d’opprobre et de mort pour des temps indéfinis. Cette scène s’appelle la psychostasie (ou pesée des âme), d’oû la balance tout en haut du vitrail.

Vitraux de la Vierge (chœur de l’église) ensemble de scènes inspirées des mystères du chapelet.

Vitrail de gauche (de bas en haut) : Scènes représentant : L’Annonciation (l’ange Gabriel annonçant à Marie qu’elle va devenir mère du Sauveur) – La visitation (Marie annonce la nouvelle à sa cousine Elisabeth) – La Nativité (Marie, Joseph et l’Enfant Jésus entourés des bergers dans la grotte de Bethléem) – La fuite en Egypte (Marie montée sur un âne et tenant son fils dans les bras, et Joseph fuient en Egypte pour échapper au roi Hérode qui cherche Jésus pour le tuer)
Vitrail de droite (de bas en haut) : Scènes représentant : La présentation de Jésus au temple (Siméon, poussé par l’Esprit Saint à se rendre au temple, tient l’Enfant Jésus dans ses bras) – le chemin de croix (Marie rencontre son Fils portant sa croix) – La crucifixion (Marie, Jean au pied de la croix sur lequel Jésus est crucifié) – La descente de croix ou Piéta (Marie reçoit le corps de son Fils)
Vitrail central : Notre Dame de l’Assomption, couronnée comme reine de la création.
En-dessous de la représentation de Marie : Scène représentant la Dormition (*) : Marie sur son lit de mort, entourée des Apôtres. Au moment de l‘endormissement de Marie dans la mort, son âme quitte son corps, souvent représentée par un enfant emmailloté emmené dans les bras de Jésus ressuscité (psychopompe). Après les obsèques de Marie célébrés par les Apôtres au jardin de Getsemani où elle fut enterrée, le corps de la Vierge est emmené au Paradis par des anges où son corps retrouve son âme.

Vitraux des roses trilobées du chœur :

A gauche : Armoiries du comté de Boulogne
A droite : Armoiries de Monseigneur Perrin, Évêque d’Arras, Boulogne et Saint-Omer, qui a consacré l’Autel-Majeur à l’issue des travaux de restauration de l’église, le 27 juillet 1958.
Au centre : Armoiries de la paroisse (aujourd’hui attachée à l’église) créées par le R.P. Delpierre en 1958. Écu avec fleur de Lys d’or sur fond bleu représentant la Vierge Immaculée à qui l’Eglise est consacrée. La couronne comtale de couleur or sur fond rouge rappelle que le roi Louis XI a conféré la dignité de comtesse de Boulogne à Notre Dame. Le puits d’argent également sur fond rouge rappelle que la statue miraculeuse de Notre-Dame a été cachée dans un puits de la ferme d’Honvault lors des guerres de religions.

(*) Dormition ou Assomption, quelle différence ?

Si l’Eglise catholique célèbre l’Assomption de Marie, l’Eglise orthodoxe préfère parler de Dormition. Ces termes reflètent deux compréhensions différentes de la Vierge Marie.

À l’origine, une seule et même fête.

Après l’Ascension du Seigneur Jésus, les Actes des Apôtres montrent les Apôtres réunis tous ensemble, « avec quelques femmes, dont Marie, la Mère de Jésus » (Ac 1, 14). En prière, ils attendent la Pentecôte et la venue du Saint-Esprit. Marie est citée pour la dernière fois dans un livre du Nouveau Testament. En effet, les récits bibliques ne racontent pas la fin de sa vie terrestre. Aussi des chrétiens ont rédigé des textes pour l’évoquer. On les appelle des écrits apocryphes.

On y trouve toujours les éléments suivants. Un ange annonce à Marie sa mort, paisible et sereine, tel un endormissement. De là vient le terme « Dormition ». Pour y assister, les apôtres, en mission d’évangélisation dans le monde, sont amenés miraculeusement par des anges. Au moment de l’endormissement de Marie dans sa mort, son âme quitte son corps. À cet instant, le Christ apparaît. Il prend dans ses bras l’âme de Marie, représentée sur les images par un bébé en signe de sa pureté. Il amène l’âme dans le Royaume de Dieu. Les apôtres célèbrent les obsèques de Marie. À la fin, les anges emmènent le corps de Marie au Paradis où son corps retrouve son âme.

L’empereur romain d’Orient Maurice (539-602) décide de célébrer le 15 août cette fête de la Dormition. À l’origine, orthodoxes et catholiques honorent la fin de la vie de la Vierge Marie de façon identique. La différence va s’établir progressivement.

Dormition et Assomption : une différence marquée par la vision de l’Eglise et la foi en l’Immaculée Conception de Marie.

L’Eglise orthodoxe insiste sur la douceur de la mort de Marie. Elle est tournée vers Dieu, comme durant toute sa vie. Elle n’a pas peur de la mort. Elle sait que Jésus l’accueillera dans le Royaume de Dieu. L’Eglise catholique ne parle pas de sa mort mais d’Assomption. Ce dogme, défini par le pape Pie XII en 1950, explique qu’à la fin de sa vie, elle fut « assumée », corps et âme. Selon la foi catholique, tout être humain vivra cette même assomption, pas au moment de la mort, mais à la Résurrection de la chair.

Là résident deux différences entre la foi catholique et la foi orthodoxe.

La première concerne l’autorité dans l’Eglise. Pour les orthodoxes, seul un concile œcuménique, une réunion du pape et de tous les évêques catholiques et orthodoxes, est compétent pour définir un dogme. Ils ne reconnaissent pas au pape Pie XII la légitimité de définir le dogme de l’Assomption et ils ne définissent pas un dogme de la Dormition. Ils refusent aussi le dogme de l’Immaculée Conception, défini par le pape Pie IX en 1854, indiquant que Marie n’a pas été touchée par le péché originel.

La seconde différence réside dans la compréhension de la Conception de Marie. Pie XII rappelle en effet les dogmes de la virginité perpétuelle de Marie, définie au concile œcuménique d’Éphèse en 432 donc reconnue par les orthodoxes, et de son Immaculée Conception. Le dogme de l’Assomption est la conséquence de celui de l’Immaculée Conception. Un privilège divin a épargné Marie du péché originel. Elle échappe donc à la mort, conséquence de ce même péché. Pour l’Orthodoxie, il n’y a pas de privilège dans la conception de Marie. Avec l’aide de la grâce, la Mère de Dieu s’est gardée toute sa vie pure de tout péché personnel. Elle a néanmoins été conçue avec le péché originel. Marie a partagé le sort commun de l’humanité, y compris dans la mort.

Dormition et Assomption ne recouvrent donc pas la même réalité. Elles sont cependant source d’espérance de la vie éternelle après la mort. À l’exemple de Marie, nous sommes invités à ne pas craindre la mort. Elle est passage avec Jésus pour entrer dans l’amour du Père miséricordieux. Avec Marie, nous sommes aussi invités à vivre notre vie d’enfant de Dieu dès à présent.

(Par le père E. Gougaud, directeur du service national pour l’unité des chrétiens, le 4/8/2017, pour la Conférence des évêques de France)