Vitraux d’Henry Lhotellier à l’église de Quercamps

Des vitraux d’Henry Lhotellier à église de Wimereux mais aussi à celle de Quercamps

On trouve dans cette église de Quercamps les débuts, réalistes (ou figuratifs), de ce grand peintre verrier qui versera dans l’abstraction après la Seconde Guerre mondiale : baies de sacristie (1933), rosace et tympan dans la tour (1935-1938), baies de la nef (année 1940), le tout d’après des cartons dessinés par les moines de Wisques et Lhotellier lui-même.

(Cliquer sur les vignettes pour visualiser chaque photo dans sa définition complète)

L’église Notre-Dame de Quercamps : présentation

L’Indépendant a récemment présenté le projet, émanant de l’Association pour le patrimoine, de poser de nouveaux vitraux dans les baies des chapelles épaulant le clocher de l’église Notre-Dame de Quercamps. L’occasion est ainsi donnée de découvrir ou redécouvrir l’architecture et le décor de cet édifice, bien plus intéressant qu’on ne peut l’imaginer.

L’église Notre-Dame s’élève sur plan cruciforme : choeur à pans coupés, petit transept, nef unique et clocher-porche en avant de la façade. D’origine médiévale, elle a été entièrement reconstruite dans les années 1880, en style néogothique, par l’architecte audomarois Henri Libersalle. Celui-ci, émule de Viollet-Leduc, comme l’avaient été Philippe Gieseler à Arras ou Clovis Normand à Montreuil-sur-Mer, avait précédemment modernisé les églises d’Ardres et de Bonningues. II avait aussi bâti celles de Bois-en-Ardres et de Zouafques, et la chapelle de l’hospice Saint-Jean à Saint-Omer.

Le mobilier d’origine – d’allure « cathédrale » – provient probablement des ateliers Colesson de Wormhout (59). Les vitraux du chœur et du transept sortent des ateliers Latteux-Bazin de Mesnil comme on en voit souvent à cette époque dans les églises rurales du Pas-de-Calais.

C’est en 1933, avec l’arrivée d’un nouveau prêtre, le père joseph de Vathaire (1894-1971) – détaché de l’abbaye Saint-Paul de Wisques pour desservir, dans le siècle, les paroisses rurales de Quercamps, Boisdinghem et Bouvelinghem – que le sanctuaire fut modernisé. Le bénédictin fait construire deux chapelles en béton coloré (dont une recevra les fonts baptismaux) de chaque côté de la tour il commande au sculpteur catholique Fernand Py (1887-1949) un chemin de croix moderniste, érigé lors d’une fastueuse cérémonie religieuse en 1934 (comme on n’en organise plus aujourd’hui!). Il demande à son ami François Mes (1892-1982), d’origine hollandaise et frère convers à Wisques, de peindre la chaire à prêcher.

Mais, surtout, il confie la réalisation de nouveaux vitraux à Henry Lhotellier (1908-1993), qui venait de reprendre (‘atelier de Paul Fourmaintraux à Boulogne.

Les interventions croisées à Quercamps au début des années 1930, de fortes personnalités comme Py, Lhotelier ou Mes, sous l’égide du père de Vathaire, préfigure la Société d’art sacré La Nef qui, entre 1935 et 1939, réunira dans le Pas-de-Calais laïcs et religieux, bénédictins de Wisques.

A présent, on ne peut que se féliciter devoir l’Association pour le patrimoine, de Quercamps, poursuivre l’oeuvre du père de Vathaire, de Lhotellier et de La Nef, en restaurant les vitraux de l’église et en commandant au maître Jules Simon, de nouvelles verrières destinées aux chapelles annexes.

(texte de Michel CABAL, Président de l’association culturelle et historique d’Ardres (ACHA), publié dans le bulletin ACHA-info)

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