Flash back sur la conférence « Histoire de la Vierge Nautonière, étoile en pays boulonnais »

Flash back sur la conférence « Histoire de la Vierge Nautonière, étoile en pays boulonnais »

Merci à Isabelle CLAUZEL, docteur en Histoire Médiévale, Présidente du Cercle d’Etudes en Pays Boulonnais, pour sa passionnante conférence intitulée « Histoire de la Vierge Nautonière, étoile en Pays Boulonnais » donnée aux Salons de la Baie Saint-Jean à Wimereux ce samedi 27 avril.

C’est devant un public nombreux et captivé qu’elle présenta d’abord, comme tout bon scientifique, le plus ancien des documents narratifs encore existant, racontant la légende de la Vierge de Boulogne : un manuscrit du XVe siècle : « La manière de la Fondation et augmentation de l’église Notre-Dame de Boulogne » (disponible à la bibliothèque de l’Arsenal à Paris : Manuscrit 5126. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55009802q )

Le prologue de cet ouvrage est le suivant : « Pour l’onneur et reverence de la très sainte, entiere et impolue virginité de la très digne et très glorieuse vierge Marie… » . « Impolue » en ancien français signifie ici « Immaculée », et le lien était ainsi tout trouvé avec l’église de l’Immaculée Conception de Wimereux !

Elle nous a transporté pendant plus d’une heure et demi depuis les origines du culte de Notre-Dame de Boulogne jusqu’à l’époque moderne, avec d’abord l’arrivée miraculeuse de la Vierge dans sa barque sur les rives du port de Boulogne en l’an 633 ou 636, sa demande d’y construire une église, de creuser pour trouver un trésor permettant de payer sa construction, puis son retour en mer entre deux anges dont l’un tirait la barque en volant de ses ailes, comme un cygne (symbole de BOULOGNE).

C’est dans une barque entourée de deux anges qu’elle est représentée dans l’église de WImereux depuis 1905 (cette statue est un don de la sœur de l’abbé Pourchaud, premier curé de la paroisse), tout comme elle est représentée dans la chapelle absidiale sous le dôme de la cathédrale de Boulogne.

D’après les premiers manuscrits retrouvés, la Vierge aurait laissé aux boulonnais une Bible et deux reliques : son lait maternel et un morceau du nombril (cordon ?) de son Fils. Un reliquaire construit par Saint Eloi les aurait renfermés et aurait eu l’aspect d’une statue de la Vierge Nautonière qui fut cause de miracles : il fut ensuite vénéré et pourrait être à l’origine d’une version plus tardive de la légende de l’arrivée de la Vierge dans une barque, cette fois sous forme de statue ?

Un autre document fut décrit par Isabelle Clauzel : le vitrail du début XVIe siècle, de l’église de Rigny-le-Féron, décrivant l’arrivée de la Vierge Nautonière, et le culte qui en découle.

Isabelle Clauzel a donc poursuivi cette narration en évoquant ensuite les débuts du sanctuaire marial au VIIe siècle, puis l’arrivée des premiers pèlerins vers 1200 avec le culte des reliques, son enrichissement, avec création d’une véritable église abbatiale, à influence religieuse, civile, fiscale, juridique, et même diplomatique, rivalisant avec le siège de l’évêché à Thérouanne, puis l’occupation anglaise pendant la Guerre de Cent Ans, le retour de BOULOGNE dans la couronne royale, l’attribution par Louis XI en 1478 de la couronne comtale de BOULOGNE à la Vierge, mettant la Ville sous protection divine, et se faisant lui-même vassal de Notre-Dame comtesse de BOULOGNE, avec le paiement d’un tribut annuel sous forme d’un cœur en or par le roi, repris par ses successeurs, sauf Louis XIII (mais compensé par un double paiement par Louis XIV), la venue en pèlerinage de nombreuses têtes couronnées, le souhait des puissants d’avoir leur dépouille en ce sanctuaire (ou une partie, avec la vogue des « Cœurs funéraires »), la critique et l’opposition des protestants (avec l’épisode de la statue cachée au puits de Honvault à Wimereux), et jusqu’à son élévation tant désirée en siège épiscopal en 1567.

C’est en mémoire de la Statue Miraculeuse de Notre-Dame Comtesse de BOULOGNE, cachée dans le puits de Honvault à Wimereux durant les guerres de religions, que fut créé par le Père Delpierre les armoiries de la paroisse de Wimereux de l’époque.

Voici la description du blason : à dextre, écu avec fleur de lys d’or sur fond d’azur représentant la Vierge Immaculée à qui l’église est consacrée, et à senestre, couronne comtale sur fond de gueules rappelant que le roi Louis XI a conféré la dignité de comtesse de Boulogne à Notre-Dame et puits d’argent sur fond de gueules en souvenir de la statue miraculeuse de Notre-Dame qui fut cachée dans celui de la ferme d’Honvault.

L’église de Wimereux fut, d’après nos recherches, la première église placée sous le vocable de l’Immaculée Conception, en 1866. La basilique cathédrale de Boulogne ne fut placé sous ce même vocable qu’en 1867.

Cette conférence permettait ainsi d’établir les fondations d’une réflexion plus large sur la présence dans le monde chrétien de Notre-Dame de Boulogne, avec comme complément il y a deux ans une conférence tout aussi intéressante sur ce même thème mais couvrant la période du XIXe siècle, réalisée dans le cadre des animations culturelles de l’AEICW, par Richard Honvault : « Notre-Dame de Boulogne, un phare pour la chrétienté au XIXe siècle »

Pour retrouver plus d’informations nous citerons l’ouvrage exceptionnel et de référence réalisé par Isabelle CLAUZEL intitulé : « Notre Dame de Boulogne », mémoires de la Société Académique du Boulonnais, Tome 35, nov 2004

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