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Le Chemin de la Croix – Paul Claudel – Claude Gruer

Le sculpteur de Solesmes, Claude Gruer, publia en 1976, aux Editions Normand et Cie, une version du « Chemin de la Croix » de Paul Claudel (1911), illustrée de ses sculptures du Chemin de Croix qui figurent à Wimereux (1957). C’est en hommage à cette œuvre que nous vous proposons ici de suivre l’œuvre de Claude Gruer de l’église de Wimereux, avec la méditation de Paul Claudel.

Chemin de la Croix Paul Claudel Claude Gruer format A6 2 p par face

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Chaque Vendredi Saint, les chrétiens commémorent la mort du Christ en parcourant les 14 stations qui composent le chemin de croix, reflétant 14 moments de la Passion du Christ jusqu’à sa mort sur la croix. Les 14 stations des chemins de croix furent médités par Paul Claudel et lui donnèrent  l’inspiration pour écrire les 14 poèmes du « Chemin de La Croix », pour lesquels de nombreux artistes ont par la suite effectué des enregistrements mémorables :
– Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault : https://www.ina.fr/video/CPF86621019
– Michael Lonsdale : https://www.youtube.com/watch?v=7Qk42BVo4WA

Paul CLAUDEL écrivit ce « Chemin de la Croix » en 1911 à son retour en France après 13 ans passé en Chine. Revenir de l’autre bout du monde en Europe, c’était aussi revenir au cœur du christianisme. De ce fait, Claudel apportait beaucoup d’importance à ce texte qu’il avait écrit avec cœur afin d’y exprimer toute la ferveur de sa foi en Jésus, Christ et Seigneur, Sauveur du monde.

Écrit comme une prière, il voulait que ce texte, qui est une longue méditation sur la passion du Christ, soit dit à l’heure du chemin de croix ou, tout au moins, dans un contexte religieux et priant. Le Pape Jean-Paul II ne pouvait mieux satisfaire la volonté de l’auteur, en faisant lire cette méditation au cour du Chemin de Croix du Vendredi Saint de l’Année Jubilaire 2000 au Colisée à Rome.

Le Christ en Croix pour Paul Claudel

« Jésus n’est pas venu pour détruire la croix, mais pour s’étendre dessus ».

« A cette question terrible, la plus ancienne de l’humanité à la quelle Job a donné sa forme quasi officielle et liturgique, Jésus répond. Le Fils de Dieu n’est pas venu pour détruire la souffrance, mais pour souffrir avec nous. Il n’est pas venu pour détruire la croix, mais pour s’étendre dessus. De tous les privilèges spécifiques de l’humanité, c’est celui-là qu’il a choisi pour lui-même, c’est du côté de la mort qu’il nous a appris qu’il était le chemin de la sortie et la possibilité de la transformation. L’interrogatoire était si énorme que le Verbe seul pouvait le remplir en fournissant non pas une explication, mais une présence, c’est-à-dire remplacer par sa présence le besoin même d’explication ». (cf Mt 5, 17).
Paul CLAUDEL

PAUL CLAUDEL, un homme de prière.

Paul CLAUDEL était un priant. Il allait à la messe chaque jour, disait son chapelet, suivait chaque vendredi le chemin de croix et faisait oraison dans l’église de BRANGUES où il ne voulait rien perdre de « cette inestimable demi-heure ». N’a-t-il pas pensé devenir moine en faisant un essai à SOLESMES puis à LIGUGE en 1900 ?

Sa vie est restée marquée par ces deux expériences : oblat du monastère de Ligugé, il récite son bréviaire tous les jours, mais surtout il pratique assidûment la Lectio Divina. Il n’a pas été favorisé d’expérience mystique ou de révélations particulières ; c’est un caractère très réaliste, mais il a puis ses intuitions dans la Parole de Dieu, la vie sacramentelle proposée par l’Église et sa propre vie de prière.

Claudel a cherché à partager son expérience de prière. Il a entretenu une correspondance avec des convertis ou des chercheurs de Dieu du renouveau catholique qui s’est fait jour durant la première moitiés du XXe siècle. Véritable père spirituel pour certains, il a saisi combien nous avons besoin de maîtres qui soient aussi des témoins. Il n’a pas hésité, comme saint Paul, à proposer son exemple personnel. Conscience de sa vocation de baptisé, il a été véritablement en mission auprès de ses frères écrivains d’abord et envers tous ensuite particulièrement à travers son œuvre.

(Chaque station du Chemin de Croix apparaît simultanément avec le poème qu’elle a inspiré à Paul Claudel : vous pouvez zoomer sur l’oeuvre ou le texte en cliquant dessus pour une meilleur visualisation)

Rétrospective : l’exposition « Révolution esthétique dans l’église de Wimereux 50 ans après »

Du 23 au 30 mai 2018, l’AEICW a proposé un long parcours-découverte de l’Art sacré et de l’art profane de la seconde moitié du XXe siècle.

(Cliquer sur le dossier suivant pour voir son contenu)

Les réactions dans le livre d'or

De N.L.
Très intéressant : que de souvenirs ! NL

De J.B.
Très belle rétrospective iconographique et très émouvante ! JB

De A & JF D
Merci aux organisateurs de cette belle exposition et reconnaissance au Père Delpierre pour tout ce qu’il nous a donné. A & JF D

De CR
Des racines et des œuvres : histoire ; art profane ; art sacré. Très belle exposition ! Merci ! Que de souvenirs ! CR

Anonyme
Que de bons souvenirs (anonyme)

De BM
Magnifique exposition ! J’admire le travail en amont … et cela nous rappelle tant de bons souvenirs ! Merci ! BM

De l'Abbé Fontaine, délégué épiscopal à l'Art Sacré.
« Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ! » : Merci pour ce bel hommage au RP Delpierre, aux artistes et à la communauté paroissiale de Wimereux. Abbé Fontaine, délégué épiscopal à l’Art Sacré.

De D & Th B
Belle exposition magnifique ! Ce sont des vies riches en talents, en histoire ! La vie du Père Delpierre est un exemple de prêtre guidé par la providence et tout particulièrement proche de la Vierge. Le miracle de sa guérison est très émouvant. Bravo aux photographes car les photos sont de très belle qualité et la documentation fort intéressante ! D & Th B

Anonyme
Merci de tout cœur aux organisateurs amoureux de notre église et du patrimoine !

Anonyme
Merci au Père Delpierre, à Nicole Hémard, pour leur génie au service de leurs convictions, et bravo pour cette exposition si enrichissante …

De B & A J
Bravo pour cette expo : cela permet de connaître mieux notre nouvelle paroisse. Félicitations. B & A  J

De MD
Dommage que Nicole Hémard nous a quitté si tôt ! Félicitation pour la qualité du travail de présentation de l’Art Sacré régional. MD

De BD
Bravo pour ce beau travail d’exposition, où ces grands artistes sont mis à l’honneur ! Nous sommes heureux de faire ainsi leur connaissance… BD

Anonyme
Magnifique exposition, riche, détaillée, lumineuse, sacrée.

De l'Abbé Boutoille, curé
Très belle remontée dans le temps et merci à tous ceux qui ont œuvré à cette exposition. Abbé Boutoille, curé

De DL
Enthousiasmé… évocation remarquable et abondamment fournie ! Quelle belle figure que ce révérend Père Delpierre ! Il aura marqué toute une paroisse durablement ! Merci aux acteurs de cette exposition. DL

De PB
Très belle exposition. Que de souvenirs ! FélicitatIons. PB

De FC
Un grand bravo pour un tel travail. Je ne verrai et ne pratiquerai plus mon « chemin de croix » à Wimereux de la même façon. FC

Anonyme
Très heureux d’avoir fait cette visite. Retrouver les visages de cette époque est très émouvant. Très belle exposition avec des commentaires très instructifs.

Anonyme
Que d’émotions ! Merci pour tous ces souvenirs !

Anonyme
Le Père Delpierre : un bâtisseur (quand on s’appelle Del-« Pierre » !), mais pas que … Bravo pour cette expo. DP (ancien enfant de choeur très occasionnel !)

De SM
Exposition très intéressante qui ouvre de multiples pistes de réflexion. Merci beaucoup à vous ! SM

De CD
Très belle exposition instructive, même et surtout pour ceux qui connaissait pas Wimereux à cette époque. CD

 

Du 23 au 30 mai les Salons de la Baie Saint-Jean Wimereux ont fêté aussi le cinquantenaire de 1968.

A Wimereux, pas de barricades comme dans la capitale, Mais plutôt une révolution silencieuse qui a duré 10 ans et s’est achevée en 1968.

Explication :

En 1958, le Révérend-Père Henry Delpierre, alors curé de la paroisse, a refusé de se résigner devant les dégâts causés à l’église par la guerre. De curé, il est devenu curé-artiste et mène de 1958 à 1968 une imposante révolution esthétique en introduisant l’art contemporain dans l’art sacré et en s’entourant d’artistes talentueux : Henry Lhotellier, Maurice Rocher, Claude Gruer, Nicole Hémard. Ces maîtres verriers et sculpteurs ont su redonner à l’église toute sa splendeur en y ajoutant une touche de modernité dans la mouvance de l’art contemporain.

(Cliquer sur l’image ci-dessus pour aller vers les biographies des artistes)

Les Amis de l’Eglise ont souhaité retracer ce parcours, presque une épopée (avec l’incroyable acception des fidèles de l’époque de voir l’art contemporain entrer dans l’église), et ont souhaité mettre à l’honneur les artistes au travers de documents et photos rassemblés dans une exposition (à défaut de ne pouvoir rassembler physiquement, en un même lieu et sur une courte période, quelques unes de leurs réalisations) . On a pu y découvrir aussi d’autres œuvres, sacrées ou profanes, créées pour de nombreux édifices dans et hors de la région. Une invitation à venir ensuite à l’église admirer les pièces en situation.

Cette exposition a pu être conçue grâce aux recherches effectuées par notre historien documentaliste Arnaud Destombes, par les documents retrouvées par quelques « chercheurs » de l’association aux archives diocésaines et départementales, aux documents que Nicole Hémard avait commencé à nous transmettre avant son décès brutal en début 2018, et aux documents transmis par un ami proche du RP Delpierre, le maire de l’époque, le Dr Jacques Bresson. Nous tenons à remercier toutes ces personnes pour leur précieuse contribution sans laquelle cette exposition n’aurait pas pu voir le jour.

En remerciement pour les efforts faits pour péréniser la mémoire de son ami et curé de l’église de Wimereux, le maire de l’époque a tenu à offrir, au président de l’AEICW, à l’occasion de cette exposition, un bas-relief en bois représentant « La Visitation » que le Père Delpierre lui avait confié. L’AEICW, sensible et fière d’avoir pu ainsi mettre, sous les projecteurs d’aujourd’hui, et d’une manière qui fut fort appréciée, cette époque que certains ont connue et cette action pastorale mais aussi culturelle menée dans la vie des wimereusiens au quotidien par Père Delpierre, tant apprécié d’un grand nombre, tient vivement à remercier le Docteur Bresson pour son geste important et très symbolique, qui nous conforte dans la confiance qu’il nous fait pour notre action au profit de la mémoire, la mise en valeur culturelle et la protection de ce patrimoine emblématique qu’est l’église de Wimereux.

Quelques vues de l’exposition :

Pour voir de manière optimale le carroussel de photos (prises lors du vernisage) : cliquer sur les photos.

L’association a accueilli également pour une conférence, François Descamps, professeur à l’école d’Art de Calais et grand spécialiste du peintre et maître verrier Henry Lhotellier dont le Musée des Beaux Arts de Calais présente de nombreuses œuvres. (Pour mémoire, Henry Lhotellier avait son atelier de maître verrier à BOULOGNE Rue de la Porte Gayole. Ce fut un artiste connu par les amateurs d’art contemporain du XXe siècle sur le plan international)

Une exposition qu’il fallait absolument découvrir, avant ou après la plage et … même s’il faisait beau !

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En 68, il y a 50 ans, s’achevait donc une révolution dans l’église de Wimereux. Le Révérend Père Delpierre, moine bâtiseur devenu curé, venait d’accomplir les modifications esthétiques de l’espace liturgique élaborées durant les 10 ans précédents avec un goût sûr et avec toute sa sensibilité artistique hérité du mouvement de défense de l’art sacré contemporain du XXe siècle. Cette sensibilité, il se l’était forgée au fil de ses rencontres qui ont constitué sa biographie, notamment avec l’influence des moines bénédictins, et ceux de Wisques en particulier, dont il était issu.

Cette rétropsective, visait à décrire la biographie et l’oeuvre de chacun des artistes à qui il a fait appel, leur liens artistiques, et, pour mieux comprendre sa pensée artistique, une biographie détaillée du R.P. Delpierre était nécessaire pour justifier et comprendre ses choix. C’est par elle que démarrait l’exposition.

L’exposition fut présentée sous la forme d’un arbre, dont le tronc est le R.P. Delpierre avec toute sa biographie, avec 5 branches (une pour la vie et l’oeuvre de chaque artiste étant intervenu dans cette révolution) et, au bout de ces branches, des feuilles, correspondant aux oeuvres réalisées par ceux-ci pour l’église de Wimereux, et ailleurs.

Le parcours de cette exposition démarrait donc avec la vie du Père Delpierre, pour mieux comprendre ses choix et son destin, depuis son enfance à Boulogne, sa volonté d’être curé de paroisse, contrariée par un repli vers la vie monacale bénédictine avec la communauté de Wisques (dépendant de l’Abbaye de Solesmes). Pendant la guerre, son évasion du camp de prisonniers de Trêves permettra de le réorienter vers une exclaustration. Celle-ci fera éclore en lui sa vocation de curé de paroisse, pasteur de ses brebis, et artiste-bâtisseur d’églises à restaurer après les dégâts de la secondaire guerre mondiale. L’association « La Nef » venait d’être créé avant guerre par Francis Del Marle : c’était un atelier d’art sacré boulonnais, émanation locale de la très parisienne « Revue d’Art Sacré », Henry Lhotellier en était le premier secrétaire. La Nef sollicita et intégra naturellement les ateliers d’art sacré d’inspiration contemporaine des moines de l’abbaye de Wisques et de Solesmes, ce qui entranaina la forte implication du Père DELPIERRE, bénédictin, dans son essor. Cette implication lui fut d’un grand secours pour reconstruire et décorer les églises de la région abîmées par la guerre. De cette racine bénédictine, jaillit comme un tronc la destinée du RP Delpierre, jusqu’à l’amener à Wimereux. Ici, après une grave maladie, suivie d’une guérison inexpliquée, dont il remerciera l’intercession de Notre-Dame de Boulogne, tant sollicitée en prière par lui-même, ses amis moines et ses paroissiens, fédérera derrière lui tous les Wimereusiens. Trouvant en lui une justification divine, ils lui laisseront carte blanche pour entreprendre toute une révolution esthétique au sein de son église, faisant fi des esprits conservateurs. De ce tronc jailliront plusieurs branches : des artistes choisis par lui ayant souvent un point commun, l’esthétique et l’éthique des moines bénédictins de Solesmes et de Wisques, qui s’exprimeront à Wimereux par des œuvres qu’ils nous laissent aujourd’hui admirer, comme l’aboutissement de cet arbre, telles les feuilles au bout de ces branches.

Pour retrouver les biographies des protagonistes de cette révolution arrivée à son aboutissement en 1968, cliquer sur les icônes suivantes :

Oeuvres de Nicoles Hémard à l’église de Wimereux

 

Oeuvres de Claude Gruer à l’Eglise de Wimereux

Les vitraux de l’église de Wimereux

 

CLAUDE & MARIE-MADELEINE GRUER 

(Cliquer sur les photos pour une visualisation optimum de chacune)

Claude Gruer, était sculpteur à Solesmes (Sarthe). Il fut compagnon de l’ivoirier Fernand Py, et disciple d’Henri Charlier, un des plus importants artistes chrétiens de l’entre-deux-guerres. Sa femme, Marie-Madeleine, était responsable de la polychromie de leurs créations. Ils ont ainsi fait oeuvre commune pendant près de 70 ans.

Né à Paris, et ayant grandi à Tours, Claude Gruer est arrivé à Solesmes en 1943 à l’âge de 20 ans. Il y a rencontré Raymond Dubois, sculpteur habitant Juigné, dont il est devenu l’élève. En 1946 Il a épousé Marie-Madeleine Barbet qui suivait aussi les cours de sculpture de Raymond Dubois, après avoir fréquenté à Paris l’atelier du peintre Maurice Denis. Avec leurs sept enfants (tous nés à Solesmes), la maison était remplie de musique, chacun avec son instrument ou sa voix. Jérôme, leur petit dernier, porteur de handicap, les entraînera dans une autre aventure que, toute leur vie, ils mèneront de front avec leur création artistique…

Claude Gruer était en lien avec certains moines artistes de l’abbaye de Solesmes (Dom Paul Le Corre, Dom Georges Saget, Dom Henri Delaborde), et Père-curé de Solesmes,  Dom Edouard Clerc, avec lequel il mena à bien la restauration de l’église paroissiale. Il s’était fait un nom dans le monde de l’art religieux. Le curé de Wimereux, R.P. Henry Delpierre, très lié aussi avec les moines de Solesmes, a donc sollicité sa contribution à la restauration visionnaire de l’église de l’Immaculée Conception, entre 1954 et 1968, pour laquelle il a réalisé :
– le chemin de croix,
– le bas-relief « les disciples d’Emmaüs » sur le pied du maître-autel,
– l’Ange de la Vérité, tuant par le glaive de la parole, le serpent-malin,
– la Vierge à l’Enfant, dans l’oratoire extérieur appelé « Chapelle Notre-Dame de l’Univers ».

Pour explorer les oeuvres de Claude Gruer présentes à l’église de Wimereux, cliquer sur les icônes suivantes : vous quitterez cet article pour être redirigé vers les articles correspondants :

Son Chemin de Croix pour l’église de Wimereux est une réalisation en quatorze stations sculptées dans de la terre, cuites, puis polychromées par son épouse. L’artiste y offre un parcours liturgique original qui séduit les regards et suscite l’émotion. Cette œuvre, et celles du même type qu’il a réalisées, fait écho à la réflexion de Paul Claudel sur cet événement de la vie du Christ, et a suscité en 1976 la publication d’une édition (par Normand et Cie) du « Chemin de la Croix » de l’écrivain, illustrée de photos du Chemin de Croix de Claude Gruer.

Paul Claudel était passé par l’Abbaye de Solesmes, puis par celle de Ligugé. Il a cherché à partager son expérience de prière. Il a entretenu une correspondance avec des convertis ou des chercheurs de Dieu du renouveau catholique qui s’est fait jour durant la première moitiés du XXe siècle. C’est en hommage à ces deux créateurs que nous vous proposons de suivre le chemin de Croix de l’église de Wimereux, avec la méditation de Paul Claudel, que vous trouverez à la fin de cette présentation.

Claude Gruer a également réalisé des œuvres profanes : avec des architectes, il a notamment imaginé des œuvres pour des villes comme Lisieux ou Angers.

Le visiteur attentif qui parcourt le village de Solesmes peut y découvrir, ici ou là, un Saint bien abrité dans sa niche, une Vierge dominant la fontaine ou encore, fixés sur quelque pignon ou façade, des groupes de personnages dont on ne saurait dire s’ils sont l’œuvre d’un artiste contemporain ou s’il faut chercher leur origine dans les siècles qui nous ont précédés ! En réalité, il sont tous les « enfants » de Claude Gruer.

Dans son atelier régnait une atmosphère de travail. Sur la table, des « pains » de glaise grise soigneusement enveloppés pour éviter le dessèchement, des statuettes qui semblaient être là pour encourager le sculpteur à continuer son œuvre, des objets en cours de finition de peinture, des dessins, des maquettes, des photos de certaines réalisations, quelques outils en buis, érodés parce qu’ayant déjà beaucoup servi. Mais son outil principal, ce fut ses mains, fortes, râpées, car elles exécutaient le travail qui donna forme à des personnages, à des bateaux, à des oiseaux, à des instruments de musique : «  je fais des bandes dessinées ! » (cf ci-contre : « Le Musicien Flûtiste » – Mairie de Solesmes)

Son inspiration était variée, et le fruit d’une longue réflexion. S’il avait besoin d’être seul, de travailler en secret, c’était pour chercher au fond de lui-même l’essence de sa propre vie, de sa propre culture qui allait rejaillir sur ses œuvres, « l’inspiration est le fruit d’un travail quotidien » pouvait-on lire sur une discrète pancarte au mur de son atelier. Ainsi, celles-ci, au gré des commandes, furent des scènes bibliques ou évangéliques, des fresques avec musiciens et chanteurs qui nous feraient presque entendre la musique de Monteverdi, des frises mettant en scène des personnages de Molière ou de Corneille. Il y a aussi le détail qui attire le regard : « Il faut toujours un endroit très précieux dans une sculpture ». (cf ci-dessous : « Le couple » (inspiré de l’oeuvre de George Sand : « La mare au diable ») – Mairie de Solesmes)

Rappelons que le sculpteur avait été comédien dans sa jeunesse et que grâce à une étonnante mémoire et une large culture autodidacte, il connaissait par coeur des centaines de pages, de prose ou de vers, d’Alfred de Musset à Victor Hugo, Charles Péguy, Paul Valéry…, dont il récita cet extrait du poème « Patience dans l’Azur » quelques heures avant sa mort :

« Patience, patience,
Patience, dans l’azur,
Chaque atome de silence
Est la chance d’un fruit mûr ! »

 

Lorsqu’une commande était passée à Claude Gruer, une imprégnation totale devait être nécessaire, avec lecture de textes se rapportant au sujet, réflexion, méditation, concertation avec le commanditaire, et avec son épouse : « J’ai besoin de m’investir complètement pour illustrer les textes auxquels j’adhère ». Un dessin était ensuite réalisé, reproduit grandeur nature, en utilisant un quadrillage. La sculpture était directement appliquée sur des panneaux en isorel renforcés par des porte-plaques et tenue par des pointes. Le travail se faisait à la verticale. Techniquement, Claude Gruer utilisait de la glaise mélangée à de la chamotte (brique cuite concassée en grains plus ou moins fins), ce qui donnait à ses réalisations cet aspect granité. Il appliquait la méthode de la « taille directe », technique acquise lors de sa formation. La sculpture terminé, venait ensuite le passage obligé au four électrique pour une cuisson à 1200°.

C’était alors qu’intervenait Marie-Madeleine Gruer. L’oeuvre sortait du four comme un biscuit presque blanc, et elle appliquait alors la peinture à l’huile, puis une « patine » faite d’huile de lin et de terre de Sienne, estompée, pour donner tout son relief à la sculpture. Elle apportait ainsi toute sa sensibilité dans le choix des couleurs et des nuances en harmonie parfaite avec l’environnement dans lequel l’oeuvre était destinée à prendre place. « Chercheur en couleurs », comme elle se qualifiait, elle donnait comme une seconde naissance aux créations de son mari. C’était un travail de couple, dans la complicité et la concertation,  chacun restant maître de sa propre inspiration.

Le Père Rochon, moine de l’abbaye de Solesmes, estime que son œuvre est “colossale”. “Il y a peu d’artistes chrétiens de son importance”. Il a sculpté pour l’église abbatiale : le tour du tabernacle et le maître autel. Solesmes lui doit nombre de statues comme celle qui orne la fontaine au centre du village.

Il a également réalisé un ensemble de bas-reliefs commandés par l’architecte Georges Duval et par la  Caisse des dépôts et consignations pour la ZUP de Hauteville (Lisieux) (cf ci-contre : La Parade, un de ces bas-reliefs).

“J’aimerais que dans la presse nationale on parle de Claude Gruer”, ne cachait pas le Père Rochon. “Cet artiste réputé a marqué la région et bien au-delà, à travers ses sculptures bibliques, évangéliques ou profanes qui ornent aujourd’hui rues ou façades et lieux de culte de la France entière”, réagissait François Fillon, Premier Ministre de l’époque, au travers d’un communiqué après l’annonce de son décès le 3 septembre 2013. Ses obsèques ont été célébrées en l’église paroissiale de Solesmes par le père Soltner.

Marie-Madeleine est décédée le 1er mai 2016, et fut enterrée le 4 mai, jour du soixante-dixième anniversaire de leur mariage. Ces mots du poète Rabindranath Tagore, extraits de « L’Offrande Lyrique », avaient éclairé toute sa vie :

« Que seulement je fasse de ma vie une chose simple et droite,
pareille à une flûte de roseau… »

Claude Gruer et son épouse ont aussi beaucoup fait avancer l’accueil pour les personnes handicapées. Parents de sept enfants dont Jérôme, porteur de trisomie 21, ils ont veillé à ce qu’il existe des structures adaptées au maintien des enfants auprès de leurs familles. Ils ont créé en 1971 ce qui est devenu aujourd’hui l’IME de Solesmes, dont les nouveaux bâtiments ont été inaugurés en juin 2013, en leur présence. Claude Gruer avait aussi fait partie du Conseil municipal de Solesmes de 1959 à 1983.

 

Exemple de sculptures de Claude et Marie-Madeleine Gruer :

Autres chemins de croix :
– Le même chemin de Croix à l’église de Saint-Martin de Cubnezais (33).
– Eglise St Pierre de Trans la Forêt 35 Bretagne
– Eglise Saint-Nicolas de La Berlière (en Argonnais) (église décorée aussi de vitraux de Maurice Rocher)
– église paroissiale Notre-Dame-de-la-Victoire (actuellement basilique) à Saint-Raphaël dans le Var
– etc…

Autres réalisations :
– Bas-reliefs derrière les maîtres-autels : au couvent des Carmes Notre-Dame des Lumière à Nantes (44), et à l’église paroissiale de Vaiges (53)
– Maître-Autel – Eglise paroissiale Notre-Dame-de-la-Victoire, à Saint-Raphaël
– La Scène et la Pieta du maître-autel – Cathédrale Saint-Sanson de Dol-en-Bretagne
– Transfiguration – Chapelle St Sauveur – Angers
– Série de bas-relief : de la Création du Monde à la La Pentecôte – Carmel de Luçon
– Le Musicien Flûtiste, mairie de Solesmes
– Les Amoureux (de la Mare au Diables de George Sand), mairie de Solesmes
– La Parade – Lisieux Hauteville
– Vierge à l’enfant : Foyer de Charité à Courset (62)
– etc …

 

(Cliquer sur les photos pour une visualisation optimum de chacune)

 

 

Sources :

  • bulletin communal de la ville de Solesmes : n°13 – 2002
  • journal Ouest-France édition Normandie – Lisieux – 5/9/2013 « Hauteville – Décès du sculpteur Claude Gruer qui avait participé à la création du quartier ».
  • journal Les Nouvelles – 13/09/2013 – « Claude Gruer, sculpteur solesmien est décédé ».
  • http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy : moteur de recherche sur l’Inventaire Général du Patrimoine
  • « Chemin de la Croix » de Paul Claudel : site du diocèse d’Arras : http://catholique-arras.cef.fr/fichs/71273.pdf

Le Chemin de Croix de Claude Gruer
&
Le Chemin de la Croix de Paul Claudel

(Cliquer sur l’icône pour accéder à l’article correspondant)

Vierge à l’Enfant & chapelle Notre-Dame de l’Univers

La statue de la Vierge à l’Enfant est une œuvre de Claude Gruer, sculpteur qui avait son atelier à l’Abbaye de Solesmes dans la Sarthe. Réalisée en pierre réfractaire polychrome, elle a été commandée par le Révérend Père Delpierre pour la chapelle Notre-Dame de l’Univers. Statue et chapelle seront bénies le 19 décembre 1954 par Mgr Perrin, Evêque d’Arras, Boulogne et Saint-Omer. Vandalisée dans les années 2000, la statue est aujourd’hui protégée par un grillage.

Pour avoir plus d’information sur Claude Gruer, cliquer sur la vignette suivante :

La chapelle (ou oratoire) avait donc été décidée par le Révérend Père Delpierre à l’issue du 4e anniversaire de la définition du dogme de l’Assomption, durant lequel le pape Pie XII proclama la royauté universelle de la Vierge (couronnée officiellement à la Basilique Saint Pierre de Rome). Erigée au chevet de l’église sur les plans de l’architecte audomarois Joseph Philippe (1902-2000), collaborateur de Dom Bellot (architecte de nombreuses églises et monastères dans la région comme au Sénégal à Keur-Moussa), elle est faite de briques rouges, mesure 4 mètres de haut. Sa base est carrée : le carré représente la finitude de la Terre, du monde créé. Le socle forme une étoile à 8 branches : l’étoile de Bethléem, symbole de Marie, étoile du matin. Le tout est placé au centre d’un bassin circulaire : le cercle est symbole de l’unité, de l’éternité, du Tout unique et parfait, de l’Univers. Tout ceci naturellement conforte son vocable de la chapelle « Notre-Dame de l’Univers ». Elle enferme dans sa niche la statue de la Vierge à l’Enfant de Claude Gruer.

Elle était initialement positionnée devant la salle paroissiale (celle-ci n’existe plus actuellement : elle était placée à la gauche du presbytère dans le prolongement de la partie arrière de l’agence de La Poste actuelle, et à côté de l’ancien ouvroir). Après la destruction de la salle paroissiale, la chapelle Notre-Dame de l’Univers fut avancée plus près du chevet de l’église

L’Ange de Vérité

Œuvre de Claude Gruer, sculpteur qui avait son atelier à Solesmes dans la Sarthe. Réalisé en pierre réfractaire polychrome, ce haut-relief représente l’Ange qui tue le mal, représenté par le serpent, avec le Glaive de la Parole de Dieu. Autrefois placé sur la chaire, il se trouve aujourd’hui sur l’ambon.

Pour avoir plus d’information sur Claude Gruer, cliquer sur la vignette suivante :

 

Le Chemin de Croix de Claude Gruer

Pour avoir plus d’information sur Claude Gruer, cliquer sur la vignette suivante :

Haut-relief en pierre réfractaire ou terre cuite polychrome (beige, rouge, vert) (1957) de Claude Gruer, sculpteur à l’Abbaye de Solesmes à Sablé-sur-Sarthe (72).  Dim. : H: 45 cm – Largeur = 38 cm – Prof. = 8 cm (en moyenne) (signature en creux sur la 14e station). L’auteur a créé le même chemin de Croix pour l’église de Saint-Martin de Cubnezais (33).

Ce chemin de croix est placé dans l’église lors de la restauration du lieu de culte en 1957/1958, à l’initiative du Révérend Père Delpierre.

Le Chemin de croix, traditionnel dans les églises, fait l’objet d’une procession chaque Vendredi Saint. Les fidèles s’arrêtent devant chacune des quatorze stations, qui rappellent les différents moments de la Passion du Christ, en écoutant la lecture de textes saints et en priant.

Son Chemin de Croix pour l’église de Wimereux offre un parcours liturgique original qui séduit les regards et suscite l’émotion. Cette œuvre, et celles du même type qu’il a réalisées ailleurs, fait écho à la réflexion de Paul Claudel sur cet événement de la vie du Christ, et a suscité en 1976 la publication d’une version du « Chemin de la Croix » de l’écrivain, illustrée des œuvres sur le Chemin de Croix du sculpteur (Edition : Normand et Cie).

Si vous le souhaitez, vous pouvez suivre le chemin de Croix de Claude Gruer de l’église de Wimereux, avec la méditation de Paul Claudel en cliquant sur le lien suivant :

Claude Gruer réalisera également pour l’église le haut-relief « Les compagnons d’Emmaüs » placé sur le Maître-Autel,  « L’Ange de Vérité » qui se trouvait à l’origine sur la chaire et aujourd’hui sur l’ambon, ainsi que la statue de la Vierge à l’enfant pour la chapelle Notre-Dame de l’Univers qui se trouve à l’extérieur, au chevet de l’église.

  • Saison culturelle 2022

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