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Des vitraux d’Henry Lhotellier à église de Wimereux mais aussi à celle de Quercamps

On trouve dans cette église de Quercamps les débuts, réalistes (ou figuratifs), de ce grand peintre verrier qui versera dans l’abstraction après la Seconde Guerre mondiale : baies de sacristie (1933), rosace et tympan dans la tour (1935-1938), baies de la nef (année 1940), le tout d’après des cartons dessinés par les moines de Wisques et Lhotellier lui-même.

(Cliquer sur les vignettes pour visualiser chaque photo dans sa définition complète)

L’église Notre-Dame de Quercamps : présentation

L’Indépendant a récemment présenté le projet, émanant de l’Association pour le patrimoine, de poser de nouveaux vitraux dans les baies des chapelles épaulant le clocher de l’église Notre-Dame de Quercamps. L’occasion est ainsi donnée de découvrir ou redécouvrir l’architecture et le décor de cet édifice, bien plus intéressant qu’on ne peut l’imaginer.

L’église Notre-Dame s’élève sur plan cruciforme : choeur à pans coupés, petit transept, nef unique et clocher-porche en avant de la façade. D’origine médiévale, elle a été entièrement reconstruite dans les années 1880, en style néogothique, par l’architecte audomarois Henri Libersalle. Celui-ci, émule de Viollet-Leduc, comme l’avaient été Philippe Gieseler à Arras ou Clovis Normand à Montreuil-sur-Mer, avait précédemment modernisé les églises d’Ardres et de Bonningues. II avait aussi bâti celles de Bois-en-Ardres et de Zouafques, et la chapelle de l’hospice Saint-Jean à Saint-Omer.

Le mobilier d’origine – d’allure « cathédrale » – provient probablement des ateliers Colesson de Wormhout (59). Les vitraux du chœur et du transept sortent des ateliers Latteux-Bazin de Mesnil comme on en voit souvent à cette époque dans les églises rurales du Pas-de-Calais.

C’est en 1933, avec l’arrivée d’un nouveau prêtre, le père joseph de Vathaire (1894-1971) – détaché de l’abbaye Saint-Paul de Wisques pour desservir, dans le siècle, les paroisses rurales de Quercamps, Boisdinghem et Bouvelinghem – que le sanctuaire fut modernisé. Le bénédictin fait construire deux chapelles en béton coloré (dont une recevra les fonts baptismaux) de chaque côté de la tour il commande au sculpteur catholique Fernand Py (1887-1949) un chemin de croix moderniste, érigé lors d’une fastueuse cérémonie religieuse en 1934 (comme on n’en organise plus aujourd’hui!). Il demande à son ami François Mes (1892-1982), d’origine hollandaise et frère convers à Wisques, de peindre la chaire à prêcher.

Mais, surtout, il confie la réalisation de nouveaux vitraux à Henry Lhotellier (1908-1993), qui venait de reprendre (‘atelier de Paul Fourmaintraux à Boulogne.

Les interventions croisées à Quercamps au début des années 1930, de fortes personnalités comme Py, Lhotelier ou Mes, sous l’égide du père de Vathaire, préfigure la Société d’art sacré La Nef qui, entre 1935 et 1939, réunira dans le Pas-de-Calais laïcs et religieux, bénédictins de Wisques.

A présent, on ne peut que se féliciter devoir l’Association pour le patrimoine, de Quercamps, poursuivre l’oeuvre du père de Vathaire, de Lhotellier et de La Nef, en restaurant les vitraux de l’église et en commandant au maître Jules Simon, de nouvelles verrières destinées aux chapelles annexes.

(texte de Michel CABAL, Président de l’association culturelle et historique d’Ardres (ACHA), publié dans le bulletin ACHA-info)

Association d’Art Sacré : La Nef (1935-1939)

La Nef : Outre les raisons matérielles, et aussi le climat de ces années d’avant-guerre, c’est peut-être un certain idéalisme social qui a poussé le jeune Henry Lhotellier à tenter l’intégration (*) de l’oeuvre à un contexte, en préférant, dès 1935, le vitrail au tableau. C’est ainsi qu’il est encouragé en 1935 par Félix Del Marle « qui, à la tête d’un groupe d’artistes laïcs (Henry Lhôtellier, peintre; Pierre Drobecq, architecte; Dr Henri Gros, orfèvre…), crée à Boulogne une association, « La Nef », avec les ateliers d’art sacré des moines de l’abbaye bénédictines de Wisques (Paul Bellot, « poète de la brique » ; François Mes, peintre…), conduits par l’Abbé Dom Savaton. » (1)

(Révérendissime Père Dom Augustin Savaton, Abbé de Wisques – Document de Michel Cabal)

(* : L’intégration des arts sous-tend une grande part de la création religieuse au XX° siècle. Théorisée depuis le début du siècle, elle est vue comme un travail harmonieux des différents intervenants, dans l’esprit des artisans des chantiers des cathédrales. L’utopie d’une synthèse des arts connaît son apogée entre-deux-guerres. Des groupements d’artistes religieux se créent alors, mus par la volonté d’une collaboration des uns et des autres au service de la liturgie. Dans le Nord par exemple, la Société Saint­ Marc, composée d’artistes chrétiens de la région, est fondée en 1927. Si la synthèse des arts est un objectif pour ces artistes, c’est avant tout un moyen de lutter contre la prépondérance de l’art commercial dans les églises. Quelques architectes et artistes tentent à la Reconstruction d’aboutir à une synthèse des arts.)

Cette association est présidée par Monseigneur Dutoit (cf photo), et « est placée sous le regard bienveillant de l’abbé Lestocquoy, historien régionaliste et membre influent de la Commission des Monuments Historiques du Pas-de-Calais. Elle sera très active dans le Nord de la France des années 30. »(1). « La Nef », dont Henry Lhotellier est secrétaire, se propose de renouveler l’art sacré en y faisant entrer l’art contemporain pour ainsi combler le iatus existant entre l’art sacré et l’art contemporain auquel les esprits semblaient réfractaires depuis plus d’un demi-siècle. Cette intégration se fait en l’adaptant à la liturgie. Cet art contemporain sera ainsi promu sous ses différentes formes. C’est par l’intermédiaire de cette association que Henry Lhotellier réalise à partir de 1935 ses premiers  vitraux importants, pour l’église de Quercamps.

NB : on notera l’adresse du siège social, qui est celle des ateliers d’Henry Lhotellier (Document transmis par Michel Cabal)

Les buts de cette association sont les suivants (comme nous l’explique les extraits de documents ci-dessous relatant les statuts de l’Association, transmis par Michel Cabal) :

« La Nef » attirera plusieurs artistes : Maurice Denis, les architectes et décorateurs Pierre Drobecq, Raoul Bryggo… Cette association est un atelier issu des ateliers d’art sacré qui ont vu le jour surtout dans la région parisienne après la création de la « Revue d’Art Sacré » par Joseph Pichard, Louis Salavin et G. Mollard en 1935, rejoints par la suite par Maurice Denis, Georges Desvallières et Paul Claudel. En 1936, la « revue » connaît des problèmes financiers et fut transférée aux éditions du Cerf en 1937, pour être dirigée par deux Pères dominicains : le Père Couturier, et le Père Régamey. C’est sous l’impulsion du Père Couturier que ce mouvement prendra encore plus d’ampleur dans les années suivantes.

(Couverture de la revue mensuelle « L’Art Sacré » n°7 de janvier 1936 – transmis par Michel Cabal)

En 1938, la NEF organisa un Salon d’Art Marial à Boulogne-sur mer en parallèle au congrès marial national. Une affiche a ainsi été créée pour cette occasion par Félix Del Marle (cf document : source : Catalogue Retrospective dessins estampes livres illustrés 1996).

 

(Ci-dessus : gravure de Fr. Mes)

Listes des oeuvres de l’exposition du Congrès Marial National de Boulogne-sur-mer de 1938 (document transmis par Michel Cabal) : 

En 1937 et 1938, pour l’église Sainte-Ide à Saint-Martin-Boulogne, construite par l’architecte Drobecq, Henry Lhotellier conçoit deux hautes baies étroites de chaque côté du grand vitrail du chevet, figurant saint Pierre à gauche et saint Paul à droite. Cette construction nouvelle avait été considérée comme le manifeste de l’association. La vaste nef est éclairée par de belles verrières. Henry Lhotellier réalise aussi un médaillon au dessus de la porte d’entrée représentant la Vierge et l’Enfant.

Cependant, les vitraux religieux qu’il réalise de 1935 à 1939 sont pour la plupart des œuvres exécutées dans des délais brefs, selon des critères stricts, des programmes précis, établis par les instances ecclésiales soucieuses de maintenir une tradition iconographique. A l’exception de Sainte-Ide, il a dû se plier le plus souvent aux exigences des commanditaires, ne risquant pas de déranger un public peu ouvert aux innovations.

Il en va souvent de même pour les travaux entrepris dans le domaine civils où ses vitraux ont un intérêt décoratif ; on retiendra surtout qu’il donne des vitraux pour le pavillon de l’Artois de l’Exposition Internationale de Paris en 1937 et pour celui du Pas-de-Calais de l‘Exposition du Progrès Social de Roubaix en 1939, construits par l’architecte Drobecq. Avec le second pavillon, il trouve l’occasion de créer ses premiers vitraux abstraits importants, insérés dans une frise faisant le tour du bâtiment, et n’ayant pas qu’un simple rôle décoratif, mais un intérêt pour elle-même.

Dans ce pavillon du Pas-de-Calais, conçu pour représenter une colonie de vacances à la mer, l’auteur s’est inspiré de l’architecture des stations balnéaires, dont les villas expriment souvent d’heureuses tentatives de rajeunissement de nos styles régionaux. Il s’agit d’un compromis entre la maison flamande et la maison picarde : bâtiment bien coiffé dont les volumes sobres et logiques, sans détails inutiles ni désuets, offrent aux visiteurs un aspect franc, familier que la couleur égaie sans outrance.  Les matériaux sont essentiellement régionaux : tuiles vernissées vertes, murs enduits de ciment à surfaces rugueuses avec quelques pierres du boulonnais, pour en souligner quelques points de construction d’une tonalité rose terre cuite pour les murs et verte pour les bois. L’exposition comprend trois parties : au rez-de-chaussée la halle aux poissons avec un fond décoré par l’artiste boulonnais Brygoo et un hall d’exposition où la qualité remplace la quantité et où se trouvent groupées les industries du département : agriculture et dérivés, dentelles, mines, lingerie, faïencerie, marbrerie, tourisme. Plafond et murs sont décorés par l’artiste Del Marle de Wimereux, les vitraux sont de Lhotellier de Boulogne (cf un exemplaire de vitrail de l’artiste pour ce pavillon).. Enfin au-dessus de la halle aux poissons on trouvera des œuvres de nos peintres du Pas-de-Calais et quelques toiles du Musée d’Arras.

On comptera donc parmi les rangs de La Nef les personnes suivantes (dans l’ordre alphabétique) : R.P. Dom Bellot o.s.b., l’abbé J. Belliard, R.P. Dom Benoît-Castelli, A. de Corbie, Aimé-Félix del Marle (domicilié à la villa « l’Avancée » à WIMEREUX, et à Pont-sur-Sambre), Pierre Drobecq, Harry Gournay (domicilié à La Ruche à WIMEREUX), Dr Gros (ophtalmologiste, 29 rue Saint-Jean à Boulogne), R.P. Dom Guillebaud o.s.b., R.P. Houssain o.s.b., l’Abbé G. Laroche, Mlle de Ledinghen, l’Abbé J. de Lestoquoy, Henry Lhotellier (75 bis rue de la porte Gayole à Boulogne), Mabille de Poncheville, Fr. Marius o.f.m.c., Fr François Mes o.s.b., Louis Petitot, Joseph Philippe, R.P. Dom Joseph Vathaire o.s.b., …

D’autres sociétés d’art sacré ont coexisté : 

La Société Saint-Jean (père Lacordaire, Paris,1839)
L’Arche (Paris,1918)
Les Ateliers d’Art Sacré (Paris,1919)
Les Artisans de l’autel (Paris,1919)
La Société de Saint-Marc (Lille,1927)
Le Groupement Notre-Dame des Arts (Amiens,1927)

 

En 1939, alors que la deuxième guerre mondiale éclate, Henry Lhotellier, mobilisé, est contraint d’arrêter toute activité. Démobilisé en septembre 1940, il s’installe à Paris. Il est employé peu de temps auprès du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme en tant que dessinateur de projet. Il est délégué de ce ministère à l’Agence Française de Normalisation (AFNOR), travaillant avec les architectes Auguste Perret, Jean Fayeton, Pierre Drobecq, Jean-Charles Moreux, sur différents projets de reconstruction et d’aménagement. De par son travail, il entrevoit les diverses possibilités de réelles collaborations entre artistes plasticiens et architectes dans l’élaboration de projets concertés. Mais il constate vite que l’esprit qui prévaut au ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisation n’est pas encore tout à fait mûr pour accepter l’avant-garde ; il y rencontre plutôt « l’esprit des Beaux-Arts ».

« L’association « La Nef » va disparaître dans la tourmente de la Seconde guerre mondiale et parce que deux de ses animateurs, Pierre Drobecq et Dom Bellot étaient morts en 1944. » (1)

(Chapelle de Notre-Dame de la Garde de Lelinghen, avec la brique de Fr Joseph Philippe, et les céramiques des ateliers de Wisques)

Cependant l’esprit de La Nef restera présent et inspirera nombre d’artistes lors de la reconstruction après-guerre, dont le Révérend-Père Henry Delpierre dans la reconstruction des église détruites par les tirs d’obus autour de l’abbaye de Wisques (Leulinghen, Quelmes, Zudausques), et ensuite lors de son affectation en tant que curé de Wimereux, où il modifiera l’espace liturgique intérieur de l’église de l’Immaculée Conception, selon les canons épurés de l’art sacré des moines de Wisques dont il était issu, en faisant intervenir le maître-vitrier Henry Lhotellier, mais aussi Maurice Rocher pour certains vitraux, et les sculpteur Claude Gruer ainsi que son élève, Nicole Hémard, qui installa son atelier à Wimereux. En 1954, le R.P. Delpierre fit ériger au chevet de l’église de Wimereux l’Oratoire Notre-Dame de l’Univers sur les plans de l’architecte audomarois Joseph Philippe (1902-2000), collaborateur de Dom Bellot (architecte de nombreuses églises et monastères dans la région comme au Sénégal à Keur-Moussa)

« Après guerre, Félix Del Marle devint un chantre de l’abstraction géométrique, Henri Lhôtellier un fervent adepte.

(Félix Del Marle – autoportrait – MoMA New York)

(Félix del Marle : mobilier neoplastique pour Mme Del Marle – Museum für Kunst und Gewerbe, Hambourg)

Quant aux ateliers monastiques d’art de Wisques, ils continuèrent à s’intéresser à l’architecture (via Joseph Philippe) et à la décoration d’édifices religieux (avec le Père Henry Delpierre, le père Goossens (1910 – 1976) architecte, le frère François Mes (1892 – 1983) peintre, le père Roussel (1932 – 1978) poète, le père Houssain (-) dessinateur de vêtements liturgiques et le père Cholewka (né en 1922) maître verrier, et aussi le Père de Vathaire…). Mais ils connurent plus de célébrité avec la fondation de l’atelier de céramique en 1945 avec le père Bouton (1914 – 1980) dessinateur céramiste. » (1)

 

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Sources :

(1) : Michel CABAL, historien et Président de l’Association Culturelle et Historique d’Ardres, d’après ses travaux de recherche sur la Nef en 2010

Des vitraux d’Henry Lhotellier à  Wimereux mais aussi à de Ste Pétronille d’Acquin

L’intégralité des vitraux de l’église d’Acquin sont d’Henry Lhotellier : seuls les vitraux de l’entrée et du bas-côté nord (les plus anciens, généralement avant-guerre : en fait de 1938 à 1947) sont figuratifs, ou réalistes, les autres (bas côté sud et choeur) (plus récents, après guerre : 1959), sont abstraits. Avant d’admirer les vitraux de l’artiste, faisons un peu connaissance avec l’église de ACQUIN.

ACQUIN Eglise sainte Pétronille

L’église Sainte-Pétronille d’Acquin est un édifice en pierre blanche bâti dans sa globalité vers 1500, possédant une tour achevée par un chemin de ronde et une flèche trapue en charpente et ardoise, une nef flanquée de deux bas-côtés de trois travées, et un chœur d’une travée avec abside formant un chevet à trois pans à l’extérieur, dont les voûtes retombent sur des culs-de-lampe représentant le tétramorphe (les symboles des quatre évangélistes).

La nef porte sur sa charpente la date de 1676. Les armes d’Antoine de Berghes, abbé de l’abbaye Saint-Bertin de 1493 à 1531, sont sculptées sur les clefs de voûte du porche et de la première travée du chœur. Les armes de l’abbaye de Saint Bertin sont aussi sculptées aux clefs de voûte de la deuxième travée du chœur et dans le bas-côté Nord, supportées par deux anges.

Le bas-côté nord, dit chapelle de la Vierge, porte aux clefs de voûte de ses deux travées, de magnifiques sculptures, l’une de l’Annonciation, l’autre de Sainte Pétronille. Un cul-de-lampe bûché porte le millésime de 1757. Le bas-côté Sud comprend des culs-de-lampe ornés de grotesques.

La tour flanquée de contreforts diagonaux abrite deux salles superposées auxquelles on accède par un escalier à vis, dont l’une dotée d’une cheminée. On relève dans les deux salles des graffitis datés de 1631 à 1701. Seul le rez-de-chaussée de la tour est voûté. Des quatre cloches que la tour logeait il n’en reste plus qu’une, mesurant 1,02 mètres de diamètre et mentionnant Gérard d’Haméricourt, premier évêque de Saint-Omer, abbé de Saint-Bertin, et datée de 1564. (La devise inscrite sur les armoiries de cette abbaye est : DEUM SOLUM SEQUOR : « C’est Dieu seul que je suis » : on la retrouve sur l’un des vitraux créé pour cette église par Henry Lhotellier) (cf infra). Diverses pierres funéraires, autrefois placées dans le chœur, datées principalement du XVIIIe, ont été encastrées dans les murailles de l’édifice. Des graffitis courent sur l’ensemble de l’église, dont un du XVIe, et un cadran solaire figure en haut du mur Sud de la nef.

Pierre Héliotre décrit ainsi l’église d’Acquin :

« Bon exemplaire d’église rurale, malheureusement restaurée avec indiscrétion au XIXe siècle ; décor sobre et de bonne qualité. Entièrement voûtée, elle comprend une nef de 3 travées entre 2 collatéraux, un chœur peu profond et un clocher-porche à l’ouest. Nous reconnaissons les armes de l’abbay de Saint Bertin, détentrice du patronage de la cure, aux voûtes de la nef et du bas-côté nord, celles de l’abbé Antoine de Berghes aux voûtes du porche et de la nef. Le vaisseau central, le bas-côté sud, la première travée du bas-côté nord, et les voûtes du chœur appartiennent à la 2e moitié du XVe siècle ; le clocher, les 2 dernières travées du collatéral nord et le reste des voûtes, contemporains d’Antoine de Berghes, s’élevèrent donc entre 1493 et 1531. »

L’église Sainte Pétronille et le fort d’Acquin

Le randonneur qui traverse le village d’Acquin ne peut manquer de remarquer son beau patrimoine de pierre. Ses coteaux calcaires ont permis l’exploitation de la craie, présente encore dans quelques bâtisses, parmi lesquelles l’imposante église et la petite forteresse qui lui fait face.

L’histoire de ces deux monuments datés du XVe siècle est liée à la présence des moines de l’abbaye Saint-Bertin de Saint-Omer.

Le fort fut élevé entre 1412 et 1416, à la demande des habitants du lieu, en quête d’un refuge contre les chevauchées anglaises durant la Guerre de Cent Ans.

L’église, relevée de ses ruines en 1361, fut ruinée lors des luttes opposant Louis XI et Charles le Téméraire, et dut être rebâtie à la fin du XVe siècle. Animaux et personnages animent dès lors les clés de voûte et culs-de-lampe du nouveau lieu de culte élevé dans le style gothique. La puissance des maçonneries et la sobriété du décor de l’église et du fort, témoignent de l’architecture monacale de la fin du Moyen Âge. Ce remarquable ensemble bertinien est le seul conservé dans la région.

Les vitraux d’Henry Lhotellier

(Crédit Photos : Michel Debuyser & Franck Weens)

Vue globale de l’intérieur de l’église

Cliquer sur les vignettes ci-dessous pour voir en détail les vitraux dans leur proportions normales.

Les vitraux figuratifs de l’entrée

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Les vitraux figuratifs du bas-côté nord

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Les vitraux abstraits du bas-côté sud

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Les vitraux abstraits du choeur

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Détails de certains vitraux

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Signatures et dédicaces

 

Rétrospective : l’exposition « Révolution esthétique dans l’église de Wimereux 50 ans après »

Du 23 au 30 mai 2018, l’AEICW a proposé un long parcours-découverte de l’Art sacré et de l’art profane de la seconde moitié du XXe siècle.

(Cliquer sur le dossier suivant pour voir son contenu)

Les réactions dans le livre d'or

De N.L.
Très intéressant : que de souvenirs ! NL

De J.B.
Très belle rétrospective iconographique et très émouvante ! JB

De A & JF D
Merci aux organisateurs de cette belle exposition et reconnaissance au Père Delpierre pour tout ce qu’il nous a donné. A & JF D

De CR
Des racines et des œuvres : histoire ; art profane ; art sacré. Très belle exposition ! Merci ! Que de souvenirs ! CR

Anonyme
Que de bons souvenirs (anonyme)

De BM
Magnifique exposition ! J’admire le travail en amont … et cela nous rappelle tant de bons souvenirs ! Merci ! BM

De l'Abbé Fontaine, délégué épiscopal à l'Art Sacré.
« Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ! » : Merci pour ce bel hommage au RP Delpierre, aux artistes et à la communauté paroissiale de Wimereux. Abbé Fontaine, délégué épiscopal à l’Art Sacré.

De D & Th B
Belle exposition magnifique ! Ce sont des vies riches en talents, en histoire ! La vie du Père Delpierre est un exemple de prêtre guidé par la providence et tout particulièrement proche de la Vierge. Le miracle de sa guérison est très émouvant. Bravo aux photographes car les photos sont de très belle qualité et la documentation fort intéressante ! D & Th B

Anonyme
Merci de tout cœur aux organisateurs amoureux de notre église et du patrimoine !

Anonyme
Merci au Père Delpierre, à Nicole Hémard, pour leur génie au service de leurs convictions, et bravo pour cette exposition si enrichissante …

De B & A J
Bravo pour cette expo : cela permet de connaître mieux notre nouvelle paroisse. Félicitations. B & A  J

De MD
Dommage que Nicole Hémard nous a quitté si tôt ! Félicitation pour la qualité du travail de présentation de l’Art Sacré régional. MD

De BD
Bravo pour ce beau travail d’exposition, où ces grands artistes sont mis à l’honneur ! Nous sommes heureux de faire ainsi leur connaissance… BD

Anonyme
Magnifique exposition, riche, détaillée, lumineuse, sacrée.

De l'Abbé Boutoille, curé
Très belle remontée dans le temps et merci à tous ceux qui ont œuvré à cette exposition. Abbé Boutoille, curé

De DL
Enthousiasmé… évocation remarquable et abondamment fournie ! Quelle belle figure que ce révérend Père Delpierre ! Il aura marqué toute une paroisse durablement ! Merci aux acteurs de cette exposition. DL

De PB
Très belle exposition. Que de souvenirs ! FélicitatIons. PB

De FC
Un grand bravo pour un tel travail. Je ne verrai et ne pratiquerai plus mon « chemin de croix » à Wimereux de la même façon. FC

Anonyme
Très heureux d’avoir fait cette visite. Retrouver les visages de cette époque est très émouvant. Très belle exposition avec des commentaires très instructifs.

Anonyme
Que d’émotions ! Merci pour tous ces souvenirs !

Anonyme
Le Père Delpierre : un bâtisseur (quand on s’appelle Del-« Pierre » !), mais pas que … Bravo pour cette expo. DP (ancien enfant de choeur très occasionnel !)

De SM
Exposition très intéressante qui ouvre de multiples pistes de réflexion. Merci beaucoup à vous ! SM

De CD
Très belle exposition instructive, même et surtout pour ceux qui connaissait pas Wimereux à cette époque. CD

 

Du 23 au 30 mai les Salons de la Baie Saint-Jean Wimereux ont fêté aussi le cinquantenaire de 1968.

A Wimereux, pas de barricades comme dans la capitale, Mais plutôt une révolution silencieuse qui a duré 10 ans et s’est achevée en 1968.

Explication :

En 1958, le Révérend-Père Henry Delpierre, alors curé de la paroisse, a refusé de se résigner devant les dégâts causés à l’église par la guerre. De curé, il est devenu curé-artiste et mène de 1958 à 1968 une imposante révolution esthétique en introduisant l’art contemporain dans l’art sacré et en s’entourant d’artistes talentueux : Henry Lhotellier, Maurice Rocher, Claude Gruer, Nicole Hémard. Ces maîtres verriers et sculpteurs ont su redonner à l’église toute sa splendeur en y ajoutant une touche de modernité dans la mouvance de l’art contemporain.

(Cliquer sur l’image ci-dessus pour aller vers les biographies des artistes)

Les Amis de l’Eglise ont souhaité retracer ce parcours, presque une épopée (avec l’incroyable acception des fidèles de l’époque de voir l’art contemporain entrer dans l’église), et ont souhaité mettre à l’honneur les artistes au travers de documents et photos rassemblés dans une exposition (à défaut de ne pouvoir rassembler physiquement, en un même lieu et sur une courte période, quelques unes de leurs réalisations) . On a pu y découvrir aussi d’autres œuvres, sacrées ou profanes, créées pour de nombreux édifices dans et hors de la région. Une invitation à venir ensuite à l’église admirer les pièces en situation.

Cette exposition a pu être conçue grâce aux recherches effectuées par notre historien documentaliste Arnaud Destombes, par les documents retrouvées par quelques « chercheurs » de l’association aux archives diocésaines et départementales, aux documents que Nicole Hémard avait commencé à nous transmettre avant son décès brutal en début 2018, et aux documents transmis par un ami proche du RP Delpierre, le maire de l’époque, le Dr Jacques Bresson. Nous tenons à remercier toutes ces personnes pour leur précieuse contribution sans laquelle cette exposition n’aurait pas pu voir le jour.

En remerciement pour les efforts faits pour péréniser la mémoire de son ami et curé de l’église de Wimereux, le maire de l’époque a tenu à offrir, au président de l’AEICW, à l’occasion de cette exposition, un bas-relief en bois représentant « La Visitation » que le Père Delpierre lui avait confié. L’AEICW, sensible et fière d’avoir pu ainsi mettre, sous les projecteurs d’aujourd’hui, et d’une manière qui fut fort appréciée, cette époque que certains ont connue et cette action pastorale mais aussi culturelle menée dans la vie des wimereusiens au quotidien par Père Delpierre, tant apprécié d’un grand nombre, tient vivement à remercier le Docteur Bresson pour son geste important et très symbolique, qui nous conforte dans la confiance qu’il nous fait pour notre action au profit de la mémoire, la mise en valeur culturelle et la protection de ce patrimoine emblématique qu’est l’église de Wimereux.

Quelques vues de l’exposition :

Pour voir de manière optimale le carroussel de photos (prises lors du vernisage) : cliquer sur les photos.

L’association a accueilli également pour une conférence, François Descamps, professeur à l’école d’Art de Calais et grand spécialiste du peintre et maître verrier Henry Lhotellier dont le Musée des Beaux Arts de Calais présente de nombreuses œuvres. (Pour mémoire, Henry Lhotellier avait son atelier de maître verrier à BOULOGNE Rue de la Porte Gayole. Ce fut un artiste connu par les amateurs d’art contemporain du XXe siècle sur le plan international)

Une exposition qu’il fallait absolument découvrir, avant ou après la plage et … même s’il faisait beau !

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En 68, il y a 50 ans, s’achevait donc une révolution dans l’église de Wimereux. Le Révérend Père Delpierre, moine bâtiseur devenu curé, venait d’accomplir les modifications esthétiques de l’espace liturgique élaborées durant les 10 ans précédents avec un goût sûr et avec toute sa sensibilité artistique hérité du mouvement de défense de l’art sacré contemporain du XXe siècle. Cette sensibilité, il se l’était forgée au fil de ses rencontres qui ont constitué sa biographie, notamment avec l’influence des moines bénédictins, et ceux de Wisques en particulier, dont il était issu.

Cette rétropsective, visait à décrire la biographie et l’oeuvre de chacun des artistes à qui il a fait appel, leur liens artistiques, et, pour mieux comprendre sa pensée artistique, une biographie détaillée du R.P. Delpierre était nécessaire pour justifier et comprendre ses choix. C’est par elle que démarrait l’exposition.

L’exposition fut présentée sous la forme d’un arbre, dont le tronc est le R.P. Delpierre avec toute sa biographie, avec 5 branches (une pour la vie et l’oeuvre de chaque artiste étant intervenu dans cette révolution) et, au bout de ces branches, des feuilles, correspondant aux oeuvres réalisées par ceux-ci pour l’église de Wimereux, et ailleurs.

Le parcours de cette exposition démarrait donc avec la vie du Père Delpierre, pour mieux comprendre ses choix et son destin, depuis son enfance à Boulogne, sa volonté d’être curé de paroisse, contrariée par un repli vers la vie monacale bénédictine avec la communauté de Wisques (dépendant de l’Abbaye de Solesmes). Pendant la guerre, son évasion du camp de prisonniers de Trêves permettra de le réorienter vers une exclaustration. Celle-ci fera éclore en lui sa vocation de curé de paroisse, pasteur de ses brebis, et artiste-bâtisseur d’églises à restaurer après les dégâts de la secondaire guerre mondiale. L’association « La Nef » venait d’être créé avant guerre par Francis Del Marle : c’était un atelier d’art sacré boulonnais, émanation locale de la très parisienne « Revue d’Art Sacré », Henry Lhotellier en était le premier secrétaire. La Nef sollicita et intégra naturellement les ateliers d’art sacré d’inspiration contemporaine des moines de l’abbaye de Wisques et de Solesmes, ce qui entranaina la forte implication du Père DELPIERRE, bénédictin, dans son essor. Cette implication lui fut d’un grand secours pour reconstruire et décorer les églises de la région abîmées par la guerre. De cette racine bénédictine, jaillit comme un tronc la destinée du RP Delpierre, jusqu’à l’amener à Wimereux. Ici, après une grave maladie, suivie d’une guérison inexpliquée, dont il remerciera l’intercession de Notre-Dame de Boulogne, tant sollicitée en prière par lui-même, ses amis moines et ses paroissiens, fédérera derrière lui tous les Wimereusiens. Trouvant en lui une justification divine, ils lui laisseront carte blanche pour entreprendre toute une révolution esthétique au sein de son église, faisant fi des esprits conservateurs. De ce tronc jailliront plusieurs branches : des artistes choisis par lui ayant souvent un point commun, l’esthétique et l’éthique des moines bénédictins de Solesmes et de Wisques, qui s’exprimeront à Wimereux par des œuvres qu’ils nous laissent aujourd’hui admirer, comme l’aboutissement de cet arbre, telles les feuilles au bout de ces branches.

Pour retrouver les biographies des protagonistes de cette révolution arrivée à son aboutissement en 1968, cliquer sur les icônes suivantes :

Oeuvres de Nicoles Hémard à l’église de Wimereux

 

Oeuvres de Claude Gruer à l’Eglise de Wimereux

Les vitraux de l’église de Wimereux

 

Les Vitraux de l’église de l’Immaculée Conception de Wimereux

Cliquez sur le vitrail pour ouvrir la page consacrée au vitraux.

Chapelle Notre Dame de Lourdes

La chapelle Notre Dame de Lourdes, à gauche quand on passe la porte d’entrée, était, lors de la construction de l’église, la chapelle des fonts baptismaux. La preuve nous est apportée par la présence d’un vitrail, visible uniquement de l’extérieur, et situé juste derrière la grotte.

Les vues anciennes l’édifice nous montrent qu’à l’origine, la grotte et la statue de Notre-Dame de Lourdes (couronnée) se trouvaient dans le transept droit, placées dans la chapelle de la Vierge, dans l’angle du mur au niveau du vitrail actuel de Saint-Benoît.

C’est en 1939, à l’occasion d’importants travaux à l’intérieur de l’église, que l’on décide de déplacer la grotte dans la chapelle des fonts baptismaux. La chapelle est décorée par M. Bernardi de Boulogne-sur-Mer, également auteur de la statue actuelle (non-couronnée).

Lors des travaux de restauration et de réaménagement de l’église, menés en 1957/1958 à l’initiative du Révérend Père Henry Delpierre, curé, la chapelle est à nouveau rénovée. La nouvelle cuve baptismale est un monolithe en pierre de Marquise, fermé par un couvercle de bronze, dont le dessin est attribué à Nicole Hémard, jeune sculpteur Wimereusien.

Sur le pourtour du couvercle est gravée une phrase en latin, extraite de l’épître de Saint Paul aux Romains, qui dit : « … afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle« .

Un article de presse de l’époque précisait que dans cette chapelle éclairée par un vitrail représentant Sainte-Bernadette (œuvre du vitrailliste Henry Lhotellier), se trouvait également « une fenestrelle de bronze où sont placés les instruments qui servent au prêtre ». Il n’est pas certain que cette fenestrelle s’y trouvait réellement. Si cette information s’avère exacte, la fenestrelle n’est pas restée longtemps.

A la fin des années soixante, en raison du développement des baptêmes en groupes, et de la fraîcheur de la pièce due aux courants d’air avec la porte d’entrée de l’église, il est décidé de placer la cuve baptismale dans la chapelle Saint Joseph où elle se trouve encore de nos jours.

A cet instant, la chapelle des fonts baptismaux devient chapelle de Notre-Dame de Lourdes.

A son arrivée, l’abbé Jan Pelc, d’origine polonaise, et très attaché à la Vierge, fait rafraîchir la chapelle. Les murs sont nettoyés et la statue est repeinte par Madame Delattre de Boulogne-sur-Mer, en 2001.

Quelques années plus tard, une porte vitrée sera mise pour fermer la chapelle, la protégeant ainsi des bruits extérieurs et permettant aux personnes qui le souhaitent de venir s’y recueillir dans le calme.

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